Plusieurs intervenants se sont réunis pour annoncer la mise en place d’une plateforme de données sécurisées pour le partage de données administratives et cliniques des patients lundi, soit Micheline Savoie, directrice des ressources informationnelles et des technologies au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Xavier Boilard, président-directeur général d’Omnimed, le député de Saint-François Guy Hardy, le Dr Simon Bérubé, président de la Société des médecins de l’Université de Sherbrooke et cardiologue, ainsi que Mélanie Dubois, directrice de la comptabilité au GESMUS.

Un dossier médical qui suivra le patient

Une plateforme de données sécurisées pour le partage de données administratives et cliniques des patients est en train de prendre vie dans les deux hôpitaux du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

Il s’agit d’un grand pas en avant pour faciliter une prise en charge plus rapide des patients et pour faciliter les traitements qu’ils reçoivent de leur médecin de famille et des médecins spécialistes qu’ils consultent. En deux mots, cela signifie que le dossier médical complet du patient le suivra entre sa clinique médicale et ses visites dans les deux hôpitaux du CHUS.
« Quand les patients arrivent à l’hôpital, ils prennent pour acquis qu’on a accès à leur liste de médicaments et à leur dossier médical de leur clinique, auprès de leur médecin de famille. Mais non, ce n’est pas le cas », explique le Dr Simon Bérubé, cardiologue au CHUS et président de Société des médecins de l’Université de Sherbrooke (SMUS).
Quand un patient se pointe à l’hôpital en ce moment, le médecin rédige un sommaire sur une feuille qui comprend trois copies séparées par du papier carbone. Qu’advient-il de ce document une fois le patient sorti de l’hôpital? Le document est numérisé et archivé dans le dossier électronique du patient à l’hôpital. 

La fameuse « feuille jaune », la troisième copie de ce document, sera quant à elle envoyée par la poste à la clinique du patient pour que le document (beaucoup moins visible que la première page) soit de nouveau numérisé et joint au dossier numérique du patient. Et entre ces deux étapes, plusieurs semaines peuvent se passer.
On parle annuellement de 500 000 feuilles qui font ainsi ce long chemin pour être acheminées dans le dossier du patient.



Le déploiement aura lieu au cours de la prochaine année.
Micheline Savoie

Ce nouveau système permettra donc au personnel des groupes de médecine de famille (GMF) de sauver du temps en arrêtant de numériser des documents qui l’avaient déjà été à l’hôpital, et permettra aussi au CIUSSS de l’Estrie-CHUS d’économiser sur les coûts d’envois postaux.
Et le patient, lui, qu’y gagnera-t-il? « Parfois, un patient voit deux médecins qui soignent la même condition. Le traitement est plus difficile parce que l’information dont disposent les médecins est morcelée. Ça peut créer de la confusion. Il arrive que le pharmacien nous appelle en nous disant qu’il a deux prescriptions pour le même médicament, mais pas aux mêmes doses. Le patient a tout à gagner que les médecins se parlent plus facilement et qu’ils aient accès à l’information complète disponible dans leur dossier médical », cite en exemple le Dr Simon Bérubé.
« Le déploiement aura lieu au cours de la prochaine année du CHUS et éventuellement, ça s’étendra dans d’autres installations du CIUSSS de l’Estrie-CHUS selon les besoins et un calendrier qui reste à déterminer », explique pour sa part Micheline Savoie, directrice des ressources informationnelles et technologiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
Ce projet est rendu possible grâce à une aide financière de 187 040 $ du gouvernement du Québec à l’entreprise de gestion de la Société des médecins de l’Université de Sherbrooke (SMUS). Ce montant appuiera la réalisation, en partenariat avec Omnimed et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, d’un projet évalué à 467 600 $.