La fermeture des bars à minuit est loin de faire le bonheur des copropriétaires du Pub du Nord, Guylaine Lessard et Richard Carrier
La fermeture des bars à minuit est loin de faire le bonheur des copropriétaires du Pub du Nord, Guylaine Lessard et Richard Carrier

Un dernier verre au moment où la clientèle arrive

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
« Ma clientèle, c’est les gens qui travaillent dans la restauration. Quand les brasseries ferment, ils s’en viennent ici. La gang arrive entre 23 h 30 et minuit, mais là on me demande de faire last call à minuit alors ça fait pas mon bonheur. C’est entre minuit et 3 h que ça se passe ici », explique la copropriétaire du Pub du Nord, Guylaine Lessard en réaction à la fermeture des bars à minuit imposée jeudi par le gouvernement du Québec.

Malgré les circonstances, le Pub du Nord demeurera ouvert. « Les employés s’inquiètent, car ils perdent pas mal d’heures. Habituellement, je les paie jusqu’à 4 h du matin. Ils vont perdre 3 h par quart de travail et certain en font quatre par semaine alors ça fait une baisse de 12 h. Je vais essayer de leur donner des heures autrement, car je veux les garder et ce n’est pas évidement de trouver de la main-d’œuvre », ajoute Mme Lessard.

« Ça fait 30 ans que je suis dans ce domaine de l’hôtellerie et je suis copropriétaire du Pub du Nord depuis dix ans et c’est la pire période que j’ai connue. Je ne pensais jamais vivre ça dans ma vie. C’est difficile pour nous. Et c’est difficile pour les clients aussi. Il faut gérer tout ça, ce n’est vraiment pas évident », raconte-t-elle en gardant sa bonne humeur malgré tout.

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Le propriétaire du Loubards s’entend avec la copropriétaire du Pub du Nord pour dire que ce n’est pas une bonne période pour être propriétaire de bar. 

« Le confinement puis le déconfinement ajoutent un stress à plusieurs niveaux. Il faut tout adapter pour faire en sorte que la clientèle soit correcte et que nous autres aussi, on soit corrects. Je comprends le gouvernement d’agir de cette façon, mais je trouve vraiment dommage qu’on en soit arrivé là pour qu’il y ait un semblant de discipline et de rigueur de la part de tout le monde », commente Mario Coulombe. 

Pour une première fois depuis le déconfinement, le Loubards recevait sur sa terrasse, jeudi soir, un trio musical. « On a déjà à peu près la quantité permise de personnes juste avec les réservations », note M. Coulombe, ajoutant que la gestion d’un bar est vraiment un casse-tête en ce moment. 

« Les gens viennent souvent se lâcher lousse en dansant après un bon souper ou un spectacle. Maintenant, notre plancher de danse est couvert de tables et de chaises où les gens s’assoient et tapent du pied. On doit tout repenser. C’est vraiment triste d’en arriver là pour qu’il y ait une ligne qui se trace. On n’est pas parfait mais tous les jours on s’efforce de respecter les mesures. La fermeture à minuit, ça fait juste enfoncer le clou un peu plus profond dans le cercueil », souligne le tenancier précisant que la majorité de ses ventes sont enregistrées entre 23 h et 2 h.