Annie Trudeau et Julie Cooper se remémorent de bons souvenirs de l'époque de leur secondaire.

Un dernier au revoir au Collège du Sacré-Coeur

SHERBROOKE — Elles étaient environ 1000 à sillonner les corridors du Collège du Sacré-Cœur, samedi, à l’occasion des dernières retrouvailles de l’école secondaire privée avant sa fermeture. Malgré les rires, les sourires et la petite nostalgie, le pincement au cœur est collectif chez les anciennes du Collège, qui sont tristes de voir leur école dissoute. Même si les portes de l’établissement vont se fermer à jamais le 1er juillet prochain, les souvenirs, eux, resteront longtemps gravés dans la mémoire des diplômées.

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Danielle, qui a préféré taire son nom de famille, a conclu ses études dans l’ancien Collège du Sacré-Cœur qui était situé sur la rue du Parc. Après y avoir étudié, elle y a enseigné. « J’ai enseigné la dernière année à l’ancien bâtiment, dans l’ancien hôpital anglais. J’avais la chance d’enseigner le français à quatre classes de secondaire 1. Je suis non seulement triste [de la fermeture de l’école], mais c’est de perdre une partie d’identité. Ce que je trouve dommage, c’est que je suis absolument certaine que ce collège avait et a encore sa place. Mais il aurait fallu qu’il ait le temps de renaître, peut-être dans une forme et un créneau différents. Peut-être de l’enseignement alternatif », analyse-t-elle, ajoutant qu’elle entretient l’espoir que l’établissement renaisse de ses cendres un jour. 

Gaétane Picard, qui a enseigné au Collège de 1968 à 1995 en tant que sœur de la Charité, a vécu plusieurs déménagements au cours de sa carrière. « Le CSC a été sur la rue Ontario, sur la rue du Parc et ici. J’ai toujours été heureuse avec les élèves. Ce sont de belles années. On faisait une belle famille. Je pense qu’il y avait une âme qui régnait. À l’ouverture en 1972, on avait de bons directeurs », se rappelle-t-elle, le sourire aux lèvres.

« Je ne suis pas revenue souvent, enchaîne celle qui a principalement enseigné les mathématiques aux élèves de secondaire 1. Je suis très heureuse de voir d’anciens élèves et je pense qu’ils sont contents de me revoir. »

Mme Picard ne cache pas son pincement au cœur de voir l’école où elle a passé la majorité de sa vie fermer. « Une preuve que les gens sont intéressés à leur ancien collège, c’est de voir le nombre de personnes aujourd’hui. Je ne suis pas surprise de voir autant de personnes, car les gens y sont attachés », considère-t-elle.

Malgré la pointe de nostalgie, les anciennes du Collège du Sacré-Coeur ont vécu de beaux moments.

Partir en même temps que l’école

Anielka Oliva-Riiz, une élève de la 74e et dernière cohorte, vit les choses autrement. Celle qui était bénévole aux dernières retrouvailles affirme qu’elle « perd une grande partie d’elle-même » avec la fermeture du CSC. « Ça nous atteint d’une autre manière. La différence, c’est que toutes les fois qu’une fille quitte le collège, elle a l’opportunité de revenir, de revivre l’ambiance, de revoir ses anciens professeurs. Nous, on n’aura pas cette chance », s’attriste la jeune femme, avouant sympathiser avec ses plus jeunes collègues, qui elles, doivent compléter leurs études secondaires dans un autre établissement. 

L’ambiance n’est pas lourde en ces dernières journées d’école. « Avec cette annonce, on a su vivre pleinement les moments. On se soutient les une et les autres, même avec les professeurs. L’annonce a apporté une autre ambiance à l’école, elle est plus légère. On sent la nostalgie qui s’en vient », décrit l’élève de cinquième secondaire.

Même si l’école n’existera plus dans 10 ans, Anielka Oliva-Riiz prévoit bien revoir ses camarades à l’occasion de retrouvailles. 

Une belle réunion

Les organisatrices des dernières retrouvailles, Martine Doyon, diplômée en 2001, Sarah Turcotte, finissante en 1990 et Anne-Marie Malouin, une enseignante de mathématique qui œuvre depuis 24 ans au collège, peuvent dire mission accomplie. « Ce sont des retrouvailles traditionnelles. Il y a des locaux pour se regrouper, mais on a fait un peu plus, comme ce sont les dernières. On a fait un endroit qui montre l’historique, donc les albums, les bulletins et les uniformes. Dans le gymnase, il y a un hommage aux sports. On met aussi l’accent sur tout ce qui est parascolaire, culturel et voyage », explique Mme Turcotte.

« C’est émotif, mais on veut ça positif, poursuit Mme Malouin. On retrouve nos anciennes élèves et nos anciens collègues de travail, ce qui est toujours intéressant. Il y a un brin de nostalgie, sachant que ce sont les dernières. »

Après près de 20 ans, la fermeture est difficile à croire pour Mme Doyon. « Une chose est sûre, même si l’école ferme, ça n’enlève rien à tout ce qui a été fait ici », résume Martine Doyon, les larmes aux yeux.