Le maire Steve Lussier a annoncé que la Ville de Sherbrooke pourrait présenter un déficit de 2,8 M$ le 1er septembre si les activités reprenaient normalement ce jour-là.
Le maire Steve Lussier a annoncé que la Ville de Sherbrooke pourrait présenter un déficit de 2,8 M$ le 1er septembre si les activités reprenaient normalement ce jour-là.

Un déficit anticipé de 2,8 M$ à Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Si la crise de la COVID-19 se poursuit, la Ville de Sherbrooke estime qu’elle enregistrera un déficit de 2,8 M$ au 1er septembre si les activités reprennent ce jour-là. Le maire Steve Lussier a fait la présentation de projections financières, lundi au conseil municipal, donnant en exemple des services qui pourraient être touchés par des coupes d’ici la fin de l’année. Évelyne Beaudin et Vincent Boutin ont déploré que la culture et les sports puissent faire les frais de la crise.

Selon les données présentées lundi, les pertes de revenus s’élèvent à 6,1 M$. Par exemple, le manque à gagner en matière de droits de mutation atteindrait 2,5 M$ alors que celui pour les contraventions se chiffre à 1,8 M$. Les pertes de revenus associées à la taxe foncière s’élèvent à 1,1 M$. Celles concernant la diminution de l’offre d’activités sportives ou culturelles totalisent 300 000 $.  

Le manque à gagner de la Société de transport de Sherbrooke, estimé à 3,1 M$, vient doper les pertes sherbrookoises. Ces dernières sont compensées par des dépenses qui n’ont plus à être engagées. Celles-ci totalisent 6,4 M$. Il s’agit entre autres du report de l’embauche de personnel (1,9 M$), de mesures d’optimisation (1,9 M$), du report de certains projets (1,1 M$), de l’annulation de certains événements (300 000 $) et de l’annulation de certaines activités sportives et aquatiques (0,9 M$).

Là où M. Lussier s’est attiré des critiques, c’est quand il a nommé des postes budgétaires qui pourraient subir des coupes pour équilibrer le budget municipal. Il a précisé qu’il s’agissait d’exemples et que les décisions n’étaient pas prises. Il est entre autres question de l’annulation de la Fête des bénévoles, de la réduction du fonds dédié des arrondissements, de l’annulation de l’abattage d’arbres dans la lutte à l’agrile du frêne et de coupes dans l’entretien de terrains sportifs. Il a aussi ciblé un entretien moins important des arénas, une réduction du nombre de patinoires et une annulation de l’offre aquatique. 

Évelyne Beaudin a déploré de possibles coupes dans les services sportifs et de loisir. « Les gens ne pourront pas cette année faire le voyage qui était prévu. Ils ne pourront pas se divertir comme prévu. Pour la santé mentale des gens, on ne doit pas couper dans les pistes cyclables, les patinoires, les terrains sportifs, les piscines, tant qu’on ne sera pas obligés de le faire. J’aurais préféré qu’on en discute avant que M. le Maire vous annonciez ça ce soir. »

Elle suggère qu’on explore tous les services municipaux pour trouver des projets ou des dépenses à reporter.

« Ce ne sont que des exemples. Nous sommes en position précaire pour fermer l’année 2020. Je suis d’accord que de couper dans les installations sportives ne reste pas le meilleur choix. Les gens nous disent souvent que nous ne sommes pas transparents. Là on l’est », s’est défendu M. Lussier. 

Nicole Bergeron a avancé que deux conseillers avaient suggéré d’amputer le budget de soutien et de recherches des élus, mais que Mme Beaudin s’était opposée, ce qui a donné lieu à un nouvel affrontement entre les deux élues. 

« Je ne me suis pas opposée. La loi dicte aux Villes le montant à donner en recherche. J’ai simplement ramené à l’oreille de mes collègues que la loi nous empêchait de poser un tel geste », a répliqué Évelyne Beaudin. 

Vincent Boutin n’aimait pas non plus les exemples fournis par M. Lussier. « Je suis mal à l’aise qu’on fasse des hypothèses sur les piscines alors que c’est souvent un enjeu de santé publique lors de canicule. Je n’aurais pas fait ce pas-là de présenter des exemples. »

Il a aussi servi un camouflet au maire, à qui il reproche de ne pas travailler en équipe. « Sur la forme, je suis un peu déçu de la façon dont le message est livré. On a reçu un courriel à 18 h 55 qui nous donnait le contenu de votre présentation. Je trouve ça dommage. Vous répétez souvent qu’en temps de crise on doit travailler ensemble, mais dans ce cas-ci, je n’ai pas l’impression que vous avez travaillé en équipe. »

« On se devait de démontrer où on pouvait aller couper. Est-ce qu’il y a d’autres éléments qu’on peut aller chercher? La réponse est oui », répond M. Lussier.

La Ville pourrait économiser 1,9 M$ si le gouvernement du Québec annulait certaines activités ou reportait l’ouverture de certaines infrastructures. 

Les élus devraient être convoqués en séance extraordinaire au cours des prochaines semaines pour prendre des décisions budgétaires qui sont liées à leur champ de compétence.