Du 24 au 27 décembre, les restaurateurs devraient pouvoir accueillir un nombre restreint de personnes dans leurs salles à manger. Voilà le « contrat moral » que proposent la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke (CCIS).
Du 24 au 27 décembre, les restaurateurs devraient pouvoir accueillir un nombre restreint de personnes dans leurs salles à manger. Voilà le « contrat moral » que proposent la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke (CCIS).

Un «contrat moral» pour les restaurateurs

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke (CCIS) proposent la réouverture des restaurants pour la période du 24 au 27 décembre; un contrat moral dans la foulée de celui du gouvernement Legault qui viendrait soutenir les commerçants mis à mal.

Après avoir consulté son réseau des chambres de commerce au cours des derniers jours, la FCCQ et la CCIS présentent des « pistes de solution » au gouvernement, afin d’aider les restaurateurs à pouvoir retrouver le plus rapidement possible leurs opérations.

« Les entreprises en restauration ont investi des sommes conséquentes pour se conformer aux mesures sanitaires. Cette annonce signe un nouveau coup dur pour l’industrie, et nous craignons des dégâts trop importants », commente Réjean Caouette, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Sherbrooke.

« De nombreuses entreprises de notre région de l’Estrie risquent de ne jamais se relever face à ces longs mois de fermetures successives. »

La semaine dernière, le premier ministre, François Legault, a annoncé que les restaurants, les salles de spectacles et les salles d’entraînement situés en zone rouge resteront fermés jusqu’au 11 janvier prochain. Le gouvernement a par la même occasion autorisé les rassemblements familiaux pour quelques jours durant la période des Fêtes, du 24 au 27 décembre, rappelons-le. Pourtant, les restaurants auraient pu représenter des lieux sécuritaires pour des réunions en famille, étant donné les nombreux investissements sur le plan sanitaire.

Les chambres de commerce demandent que lorsque la courbe des cas/décès sera sur une pente descendante, qu’on s’assure que la réouverture des opérations en salles à manger des restaurants ait lieu le plus tôt possible, afin de permettre un délai raisonnable aux restaurateurs pour se préparer. Au moment de la réouverture des opérations en salles à manger, les restaurants pourraient limiter la fréquentation à un nombre restreint de leur capacité actuelle, suffisamment intéressant sur le plan financier pour reprendre leurs opérations et en fonction de leur réalité régionale. 

Réjean Caouette

On souhaite entre autres, dans l’avenir, qu’on évite de retourner dans une fermeture complète des salles à manger, qu’on reporte les remises de TPS et TVQ sur les ventes faites par les restaurants, bars et autres entreprises visées par des fermetures forcées, jusqu’au 30 juin 2021, qu’on pénalise plus sévèrement les restaurants et tenanciers de bar qui n’appliquent pas les règles de santé publique et qu’on inclut dans les campagnes d’achat local un volet spécifique pour encourager les restaurants, bars, gyms et autres établissements fermés en zone rouge, et redonner confiance à la clientèle.

« C’est un coup extrêmement dur pour plusieurs entreprises, non seulement sur leurs finances, mais aussi sur leur moral. Nous comprenons que les chiffres actuels des cas de COVID-19 ne permettent pas un retour à la normale complet, mais les entreprises en restauration ont investi des sommes importantes pour l’aménagement de leurs espaces selon les meilleures normes sanitaires », estime Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ, qui lance un cri du cœur pour la communauté des affaires.

« Les rassemblements en nombre limité dans ces établissements auraient pu se faire sans compromettre la santé publique. »

Les entreprises ont suivi toutes les consignes depuis le tout début de la pandémie. Elles ont fermé une première fois, ont investi pour adapter leur commerce, ont refermé temporairement et maintenant, on repousse encore une fois leur réouverture, fait remarquer la FCCQ.

« On ne peut rester insensible à la réalité que ces entreprises rencontrent. Tout en demeurant vigilant sur les pratiques de santé publique, selon nous, le gouvernement devrait préparer le terrain à la réouverture des restaurants, et envoyer des signaux en ce sens aux entrepreneurs en restauration ainsi qu’à la population », a ajouté M. Milliard

« Il y a environ 21 000 établissements en restauration au Québec qui sont dans l’incertitude. Il y a des réalités régionales différentes et des solutions mur à mur sont difficilement envisageables. On comprend le défi pour le gouvernement du Québec de répondre à ces préoccupations. Seulement, il serait nécessaire qu’il envoie des signaux positifs à cette industrie, pour une reprise à court terme. Il faut travailler dès maintenant à un scénario de reprise des opérations en restauration au 11 janvier 2021, avec un nombre restreint en salle à manger, car un report au-delà de cette date aurait des conséquences encore plus dévastatrices sur l’industrie. »