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Stéphane Tremblay est le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
Stéphane Tremblay est le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Un CIUSSS éprouvé mais toujours debout

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Bien sûr il y a des listes d’attente qui se sont allongées pour les chirurgies, l’imagerie, les rendez-vous avec les médecins spécialistes. Il y a encore tous ces Estriens qui n’ont pas de médecin de famille. Il y a aussi des quarts de travail à découvert dans de nombreuses équipes de travail, de jour comme de nuit, et du personnel fatigué qui fait trop de temps supplémentaire et qui doit souvent s’adapter à de nouvelles tâches. Bien sûr, il y a eu des pépins, des ajustements, quelques accidents au passage, et certains virages ont été plus difficiles à prendre pour l’immense machine qu’est le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Mais au-delà de tout cela, il y a surtout des milliers et des milliers de soins et de services qui ont été rendus à une population qui en avait besoin par « un personnel engagé qui se présente au travail, même quand c’est difficile ».

Et c’est ça dont le président-directeur général (PDG) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, le Dr Stéphane Tremblay, est le plus fier, quand il pense à cette année de pandémie qui s’achève.

« Une année 2020 très exigeante, surprenante, imprévisible », résume Stéphane Tremblay en entrevue à La Tribune.

« Le Dr Poirier [Alain, le directeur de la Santé publique de l’Estrie] nous avait avisés en décembre l’an passé qu’il y avait un nouveau virus qui circulait en Chine, mais jamais on n’aurait cru vivre ça », rappelle d’emblée le PDG du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le Dr Tremblay se réjouit que la première vague ait fait peu de ravages en Estrie. Il salue l’agilité de l’équipe de la Santé publique qui, très tôt, a excellé dans ses enquêtes épidémiologiques.

Déjà quand la première vague s’est calmée, tout le monde était fatigué au CIUSSS. Employés, gestionnaires, étudiants, médecins. « Cet été, nous avons continué de nous préparer pour la deuxième vague en essayant de retrouver une certaine normalité pour permettre aux gens de se reposer un peu. Personne ne peut vivre en gestion de crise durant dix mois sans arrêt », soutient-il.

Pas de pause pour les projets

Le PDG a aussi cherché à ce que plusieurs dossiers en cours ne soient pas mis sur pause pendant la durée de la pandémie. Plusieurs projets devaient continuer de cheminer dans l’ombre envers et contre tout : le Centre mère-enfant, le chantier sur la gestion des blocs opératoires dans les hôpitaux de Sherbrooke, le redressement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), les maisons des aînés, le développement des services de soutien à domicile, différents projets d’infrastructures à l’Hôpital de Granby et à l’Hôpital Fleurimont…

Puis est arrivé l’automne et la deuxième vague de la COVID-19 a déferlé violemment sur l’Estrie. La première crise a frappé à l’extrémité du territoire de l’Estrie, dans la petite municipalité de Lambton dans la MRC du Granit.

Ce petit CHSLD de 29 places a fait face à une éclosion, la première à survenir dans les 28 CHSLD du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Le résultat fut très éprouvant : près de 30 % des résidents sont morts des complications de la COVID-19. Un nombre important d’employés ont été infectés. Certains ont été montrés du doigt dans leur petite communauté. Des employés de la Santé publique ont dû se rendre sur place en renforts.

CHSLD Villa-Bonheur

Là et ailleurs, les décès se sont multipliés, les éclosions aussi, les hospitalisations ont augmenté lentement mais constamment. Puis le coronavirus s’est invité au CHSLD Villa-Bonheur de Granby…

Le CHSLD Villa-Bonheur de Granby a vu 88 de sa centaine de résidents être infectés par le si sournois et si contagieux coronavirus. Une grande partie des employés ont aussi été infectés. Les décès se sont additionnés au quotidien.

Comme au CHSLD de Lambton, Villa-Bonheur a vu le tiers de ses résidents partir l’un après l’autre en très peu de temps.

Des problèmes de ventilation sont montrés du doigt dans ces deux installations considérées comme désuètes.

« Ç’a été très difficile pour nos équipes de vivre ça, et ce n’est pas fini », déplore Stéphane Tremblay, PDG du CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis bientôt deux ans.

« Je suis attristé de voir les décès augmenter en Estrie », ajoute-t-il, même si l’Estrie s’en tire quand même mieux que d’autres régions du Québec à ce chapitre


« On termine 2020 entiers. Oui, on a des éraflures, oui on a des bleus. On a eu mal. Ça n’a pas été facile. Mais on est encore présents. Quand les citoyens ont besoin de services, on est là. »
Stéphane Tremblay, PDG du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Il y a une semaine, le ministère de la Santé et des Services sociaux a placé les deux hôpitaux universitaires sherbrookois sur la liste des « établissements en situation critique ».

« Ce n’est peut-être pas l’expression que j’aurais choisie. « Situation préoccupante » serait peut-être plus juste. Oui, on doit délester des services. Oui, on réaffecte des employés et c’est difficile pour eux. Oui, on doit encore se réajuster. Oui, les hospitalisations liées à la COVID-19 augmentent. Mais on est toujours là et on a toujours de la place pour recevoir les gens quand leur santé le requiert », rassure le PDG.

2020 aura donc été l’année de tous les défis, dont plusieurs étaient imprévisibles.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS est-il en situation critique? « [Comme organisation] on termine 2020 entiers. Oui, on a des éraflures, oui on a des bleus. On a eu mal. Ça n’a pas été facile. Mais on est encore présents. Quand les citoyens ont besoin de services, on est là », conclut Stéphane Tremblay.

L’année 2020 se termine sur une note d’espoir avec la vaccination qui s’est amorcée au cours des derniers jours et qui s’accélérera dans les prochains mois.

 On voit la lumière au bout du tunnel », souligne Stéphane Tremblay sans cacher que cette campagne de vaccination représente un défi de plus pour son organisation avec jusqu’à un million de doses à administrer.