Le citoyen Pierre Bouchard s’en est pris à la présidente du conseil, Nicole Bergeron, lors de la séance du conseil municipal du 19 février.

Un citoyen mis en demeure pour une de ses interventions au conseil

Pierre Bouchard, un habitué des séances du conseil municipal, a reçu une mise en demeure de la Ville de Sherbrooke l’intimant de faire preuve de plus de respect pendant la période des questions des citoyens.

M. Bouchard s’est présenté à la séance du conseil municipal du 19 février. À titre de préambule, il s’en est rapidement pris à la présidente du conseil, Nicole Bergeron. « Je dois dire que je reconnais bien là, Madame la Présidente, votre petitesse en termes de présidence ou d’éthique. Vous me nommez en dernier. Ne soyez pas inquiète, je ne poserai pas de questions concernant vos décisions personnelles ou professionnelles au sujet de Pro-Gestion, concernant la maison de l’entrepreneuriat. »

M. Bouchard avait été le dernier citoyen à être appelé à s’adresser aux élus. Il affirme qu’il avait pourtant été le premier à s’inscrire avant la séance.

« Faites preuve de prudence. Si vous voulez m’accuser ou insinuer quoi que ce soit... », a commencé Nicole Bergeron avant d’être interrompue par Pierre Bouchard.

« C’est ce que je fais », a-t-il dit.

« Vous le ferez, mais pas en cette instance. Il y a d’autres instances où vous pourrez le faire », a complété l’élue.

Dans la lettre acheminée par la Ville et signée par le directeur général Yves Vermette, on peut lire : « Le 19 février dernier [...] j’ai été personnellement été témoin de vos agissements que je qualifierais de troublants. Lors de la période de questions [...] vous avez attaqué directement la présidente du conseil par des paroles blessantes et irrespectueuses et avez insinué qu’elle ne remplissait pas ses tâches adéquatement et qu’elle avait peu d’éthique. »

M. Vermette relève que les propos de Pierre Bouchard contreviennent aux règles de bienséance et aux dispositions réglementaires de la Ville de Sherbrooke concernant la période de questions. Il lui rappelle que le temps accordé aux citoyens sert à poser des questions et n’existe pas « afin de vous permettre de vous lancer dans des plaidoyers agressifs et interminables contre l’administration municipale, les élus ou quiconque ».

Yves Vermette mentionne que la Ville « n’acceptera aucun écart de conduite de votre part et n’hésitera pas à entreprendre toutes les procédures appropriées, le cas échéant ». En conséquence, en cas de récidive, M. Bouchard pourrait être expulsé de la salle du conseil. L’accès à l’hôtel de ville pourrait même lui être interdit pour une période allant jusqu’à un an.

M. Vermette explique que c’est à lui, à titre de plus haut fonctionnaire, que revient le droit d’interdire à un citoyen l’accès aux édifices municipaux. « Avant de faire ça, nous lui faisons un rappel des règles. Nous avons déjà expliqué que nous donnons préséance aux citoyens qui ne viennent pas souvent à la période de questions. C’est un choix démocratique fait par la présidence. M. Bouchard s’est plaint de façon agressive et irrespectueuse. Il en veut à la présidente, ça paraît. Beaucoup d’élus n’étaient pas à l’aise et souhaitaient qu’on intervienne. On peut exprimer son désaccord, mais il y a une façon de le faire. »

M. Bouchard a répondu par écrit à la lettre de la Ville. « Je réfute catégoriquement votre argumentaire. [...] Des droits d’instances supérieures garantissent pourtant la liberté d’expression et nous protège (sic) de menaces abusives comme la vôtre. »

« J’attends des excuses de votre part ou des véritables autorités légales de la Ville de Sherbrooke », écrit-il encore. « Jamais mon intervention c’est voulu (sic) volontairement irrespectueuse. Si Madame l’a perçu ainsi, j’en suis désolé. »

Appelé à commenter la situation, Pierre Bouchard reconnaît avoir remis en question l’indépendance de la présidente du conseil. « Je peux convenir que je suis peut-être allé trop fort. Si je retourne à l’hôtel de ville, je vais sans doute changer mon attitude, mon vocabulaire. Si j’ai bien compris, il ne faut pas être trop direct. »