Photo prise près de l'Université Bishop's.

Un citoyen de Lennoxville réclame plus de respect

SHERBROOKE - Un résident du quartier universitaire à Lennoxville déplore que ses plates-bandes aient été abîmées une nuit de party cette semaine et espère que la direction de Bishop's sensibilise à nouveau ses étudiants au respect de la propriété d'autrui.
Le retraité, qui préfère taire son identité par crainte de représailles, a pu retrouver les auteurs du méfait grâce à des caméras de surveillance et a pu obtenir des excuses écrites d'un des deux étudiants fautifs.
« Je n'ai pas voulu porter plainte parce que je ne veux pas ruiner leur vie, mais j'ai voulu leur donner une leçon », explique-t-il en entrevue avec La Tribune.
S'il souhaite dénoncer publiquement l'incident, c'est dans un esprit constructif. « Il faut que les étudiants sachent qu'on les voit. Il faut qu'on parle de respect. C'est assez! Il faut faire quelque chose à Lennoxville. »
« Je ne veux pas qu'il arrive du mal aux étudiants, je veux juste que ça (l'incident) serve à faire du bien. »
L'homme habite la même adresse depuis une quinzaine d'années, bien avant que des immeubles à logements largement occupés par des étudiants aujourd'hui soient construits dans son voisinage immédiat.
Il prend un soin jaloux de sa propriété et au moment de la rentrée universitaire, il va dormir tous les soirs en appréhendant un peu ce qu'il découvrira au petit matin sur son terrain.
« D'autres citoyens de la communauté vivent la même chose mais ils ne voudront jamais dénoncer parce qu'ils ont peur. Moi j'aimerais que Bishop's mette le pied à terre et informe sérieusement les nouveaux étudiants que ce n'est pas correct de dépasser les bornes. Nous respectons les étudiants de Bishop's et il faut que les étudiants respectent les citoyens de Lennoxville », insiste-t-il.
Le président de l'arrondissement de Lennoxville, David Price, a eu vent de l'incident. Il le déplore aussi même s'il estime que beaucoup a été fait pour contrôler les débordements étudiants dans le voisinage de l'Université Bishop's.
« C'est dommage, c'est sûr. C'est malheureux. Mais ça peut arriver dans le village étudiant. Dès qu'on sait que quelque chose arrive, on avise l'Université », dit celui qui a souvent reçu des appels de citoyens excédés dans le passé.
Cette année, M. Price assure toutefois n'avoir reçu aucun appel de plainte. « Jusqu'à date (jeudi). On se croise les doigts. »
David Price souligne que le comité Town and Gown, qui regroupe des étudiants, des policiers et des pompiers, des représentants de la Ville et de l'Université, est toujours actif. Il rappelle que l'escouade d'étudiants bénévoles mise en place depuis cinq ans patrouille encore du jeudi au dimanche, au petit matin, pour ramasser les restes de party qui pourraient encombrer les rues.
Il ajoute que les nouveaux étudiants sont sensibilisés par le principal de l'Université Bishop's et par le conseil étudiant des règles de vie dans la ville.
Du côté du Service de police de Sherbrooke, le porte-parole Martin Carrier rapporte également que la rentrée « se passe bien » à Bishop's cette année. Aucune problématique majeure n'a été signalée jusqu'à maintenant, dit-il. Quant aux incidents isolés, il faudra attendre le bilan du service d'ordre de la rentrée scolaire, pour la période du 28 août au 9 septembre, pour en prendre toute la mesure.
2e au pays pour les partys
Selon le palmarès 2017 compilé par le magazine Maclean's, l'Université Bishop's arrive deuxième au Canada pour le nombre d'heures par semaine consacrées à des partys. Le magazine anglophone explique avoir sondé 17 000 étudiants à travers le pays. La compilation des réponses obtenues donne une moyenne nationale de 3,27 heures/semaine. En tête de classement arrive l'Université Saint-Francis-Xavier en Nouvelle-Écosse avec 8,01 heures/semaine. Bishop's est à 7,66 heures/semaine et l'Université Queen's en Ontario complète le top 3 avec 4,94 heures/semaine. L'Université de Sherbrooke se classait troisième en 2016 mais n'apparaît pas parmi les 47 universités « évaluées » en 2017.