Il serait possible d'annexer quelques acres de terrain au cimetière Précieux-Sang, situé sur le chemin Rodgers dans le secteur d'Ascot, afin d'y faire un cimetière consacré aux musulmans.

Un cimetière musulman près du Précieux-Sang

Un comité formé de membres de l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE) planche à établir une liste d'options pour dénicher un terrain qui pourrait convenir à la communauté afin d'y établir un cimetière consacré aux musulmans. Avec l'appui de la Ville de Sherbrooke, le cimetière pourrait peut-être voir le jour au cours de l'année.
« Tous les scénarios seront regardés », souligne le conseiller municipal Robert Pouliot.
« On espère une issue favorable dès cette année, mais on se laisse jusqu'en 2018 pour mener le projet à son terme », ajoute le conseiller du district d'Ascot.
Parmi les scénarios observés, il y a la possibilité de créer un cimetière à côté du cimetière actuel du Précieux-Sang, situé sur le chemin Rodgers dans le secteur d'Ascot. Ce cimetière catholique n'a pas reçu de nouvelle sépulture depuis 1964.
« Le terrain voisin du cimetière est un grand lot d'au moins 30 ou 40 acres, qui appartient à un citoyen. Est-ce que quelques acres pourraient être annexés au cimetière actuel pour servir de cimetière aux musulmans? Ça ressemblerait à la situation du cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Québec », ajoute M. Pouliot.
Rappelons que la Ville de Québec a annoncé vendredi qu'elle a vendu un terrain municipal à la communauté musulmane de Québec qui pourra aménager son cimetière tant désiré près de l'actuel cimetière catholique Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy.
Guichet unique
Du côté de l'ACIE, on se réjouit bien sûr que les musulmans de la Capitale nationale puissent enfin mettre un terme à une fort longue saga pour se dénicher un terrain convenable pour pouvoir enterrer leurs défunts selon leurs propres rituels.
Cependant, cette conclusion ne sert pas la cause qui tient à coeur à l'ACIE : établir une sorte de guichet unique pour faciliter l'accès à un tel projet à toutes les prochaines communautés qui voudront avoir leur cimetière, que ce soient des musulmans, des bouddhistes ou encore des hindous par exemple.
« Nous souhaitons instaurer un processus clair, approuvé, reconnu, une démarche documentée noir sur blanc qui ne serait pas teintée par la politique ou tout autre facteur extérieur », mentionne Mohamed Golli, président de l'ACIE.
Lorsque la communauté musulmane de Sherbrooke aura finalement son bout de terre où enterrer ses morts, les membres de l'ACIE entendent bien partager leur expérience avec d'autres communautés pour qu'elles n'aient pas à vivre le même long, douloureux et coûteux processus.
« Tout ce qu'on veut, c'est enterrer des gens dans la paix », souligne M. Golli.
Le président de l'ACIE mentionne que la Ville de Sherbrooke s'avère d'une grande importance dans ce dossier. Mercredi, le comité de l'ACIE rencontrera d'ailleurs des députés provinciaux et des représentants de la Ville de Sherbrooke pour faire le point sur la question.