Carl Marquis a fait sa marque sur la scène internationale dans le domaine du sport en fauteuil roulant.
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Un centre d’entraînement pour redonner espoir

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
SHERBROOKE — Les athlètes paralympiques canadiens et membres du conseil d’administration de l’organisme à but non lucratif FSWC Québec, Carl Marquis et Diane Roy, lancent un appel de solidarité à la communauté afin de les aider à mettre en place un centre d’entraînement adapté à Sherbrooke. Il permettra d’améliorer la qualité de vie des personnes blessées à la moelle épinière.

Plusieurs cas de fractures de la colonne vertébrale chez les jeunes dans les dernières semaines ont replongé M. Marquis dans certains moments qu’il a lui-même vécus. « J’ai eu un accident de ski alpin à l’âge de 15 ans. Je suis paraplégique. Évidemment, on pense à l’impact, je l’ai vécu et je l’ai fait vivre à ma famille. On comprend toute l’envergure qu’un événement de la sorte peut avoir dans la vie d’une personne », souligne-t-il. 

L’année dernière, une campagne de financement a été lancée par l’organisme afin de mettre sur pied le centre d’entraînement « On veut offrir à la communauté une solution qui n’existe pas dans le système de la santé. » Le programme est calqué sur le First Steps Wellness Centre situé à Régina. Il s’agit d’un pionnier de la récupération fonctionnelle intensive au Canada. 

L’objectif est de rendre disponible le centre à la communauté québécoise grâce à des tarifs accessibles à tous. FSWC Québec souhaite amasser 250 000 $. Selon leur site web, près de 35 000 $ ont été recueillis jusqu’à présent.

Selon M. Marquis, ces malheureux événements impliquant des jeunes survenus au mois de juillet rappellent l’importance d’avoir un centre d’entraînement adapté pour les blessés à la moelle épinière grâce au programme FSWC.

« Un centre comme le nôtre est le prolongement des soins de santé. Il y a également un facteur économique. Il y a 35 ans, on avait beaucoup d’heures offertes par le système de santé pour nous amener à une autonomie partielle. Le centre est la solution à un système de santé qui est beaucoup plus comprimé. »

Le programme est basé sur la neuroplasticité. « Ça permet de récupérer des fonctions motrices sur le plan musculaire. Cette technique est développée aux États-Unis et au Japon depuis 20 ans. » M. Marquis souligne qu’avec plusieurs mois de travail, la neuroplasticité peut permettre un retour de la fibre nerveuse. « Le succès est en relation avec les efforts déployés durant les entraînements. Chaque blessé médullaire est différent, mais j’ai même vu des gens remarcher. » 

Les dons recueillis permettront d’acheter des équipements spécialisés, de former deux kinésiologues, de louer un local et d’y effectuer les améliorations nécessaires. Plusieurs personnes sont sur une liste en attendant l’ouverture du centre. 

Le programme peut également profiter aux gens vivant avec d’autres conditions neurologiques comme la sclérose en plaques et le spina-bifida. 

« Je vous garantis qu’au moment où le centre va ouvrir, je serai probablement un des premiers utilisateurs pour voir justement si je peux récupérer certaines fonctions. Si je peux récupérer seulement 5 % de fonctions supplémentaires, ce sera cela de plus. Si on m’offre 1 M$ ou la récupération de toutes mes fonctions motrices et bien c’est certain que je ne choisirais pas le million », conclut Carl Marquis.