Le Centre de valorisation de l’aliment est en construction sur le boulevard Bourque, dans le secteur de Deauville.

Un centre de valorisation alimentaire en construction

EXCLUSIF / Un Centre de valorisation de l’aliment (CVA) unique au Québec ouvrira ses portes à la mi-juillet au 6943 boulevard Bourque dans le secteur Deauville. VERTige Ferme Urbaine, actuellement située sur le boulevard Jacques-Cartier, déménagera dans le même bâtiment.

Initialement prévue pour 2017, l’ouverture de ce centre qui vise entre autres à réduire le gaspillage alimentaire a été reportée principalement pour des raisons de financement. Dénicher les quelque 5,8 M$ nécessaires n’a pas été une mince affaire, selon un des propriétaires, Ashley Wallis.

Un bâtiment de 24 400 pieds carrés est déjà en construction.

Concrètement, le CVA agira comme incubateur et vise à offrir des infrastructures de niveau industriel pour promouvoir la transformation et la commercialisation des produits alimentaires. Il s’adresse aux entreprises agroalimentaires estriennes.

Il comptera trois cuisines industrielles pour la transformation à grande échelle, dont une cuisine de transformation carnée, pour la viande destinée à la vente dans les commerces, et une cuisine de conditionnement pour les fruits et les légumes. C’est sans compter une salle d’empaquetage, des entrepôts alimentaires secs, réfrigérés et congelés et des quais de chargement.

Plusieurs joueurs du secteur agroalimentaire, producteurs, distributeurs, transformateurs, pourront s’y retrouver et réseauter.

« Le but est d’avoir des équipements de qualité pour passer en mode commercialisation. Nous travaillerons beaucoup le volet du gaspillage alimentaire pour maximiser les produits en utilisant les rejets qui ne sont pas commercialisables », explique Ashley Wallis, qui donne l’exemple des petits fruits en été.

« S’il y a des surplus, on peut faire une première transformation en les congelant, mettre les fruits dans notre entrepôt et quand les producteurs ont le temps, par exemple en janvier, ils peuvent procéder à la transformation et nous distribuerons le produit dans notre réseau.

« Besoin criant »

« Il y a un besoin criant pour des installations conformes pour la transformation alimentaire. Dans la région, il manque clairement d’offres de service dans ce domaine et au Québec, ce concept sera inévitable dans les années à venir, si on souhaite faire partie d’une société où le partage des ressources doit être abordé de manière collective. »

Le bâtiment comptera entre autres sur des locataires permanents qui louent un local au pied carré. Il ne reste que très peu d’espace à cette fin pour le moment. L’entreprise VERTige Ferme Urbaine triplera d’ailleurs sa superficie et sa capacité de production en y déménageant.

Il sera aussi possible de ne louer que les cuisines. Plus d’une centaine d’entreprises se sont déjà montrées intéressées par ce service. « Nous entrons dans la planification des plages horaires. Il nous faut aussi faire de la sensibilisation auprès des entreprises parce que nous avons du matériel qu’elles n’ont jamais utilisé. Oui il y a un coût d’utilisation, mais il y a peut-être un gain à faire en optimisant le travail. »

Une salle de conférence et une boutique figurent également dans les plans. Plus tard, des cours de cuisine pourraient être dispensés.

« Nous devions à l’origine nous installer dans le parc industriel, mais notre boutique ne nous aurait permis de vendre que les produits conçus sur place. Là, nous aurons aussi un choix de produits locaux. »

Le choix du boulevard Bourque aura donc été stratégique, aussi parce qu’il est situé près des autoroutes.

« Le concept est simple : en un arrêt, tu as accès à tous les services dont tu as besoin. En se côtoyant, par exemple, des transformateurs ont déjà commencé à travailler ensemble pour maximiser leur coût de transport… »

L’idée initiale de faire du CVA une coopérative a été abandonnée en cours de route. « Nous n’avons pas réussi à trouver du financement sous la forme d’une coopérative. Il s’agira donc d’une entreprise privée. »

Le CVA comptera cinq employés, en plus de la trentaine de personnes qui y travailleront en raison de la relocalisation de leur entreprise.