Un cadeau inespéré pour la fête des Pères

Les médecins lui avaient dit qu'il était stérile. La nouvelle l'avait dévasté. Pour ses 50 ans, le 16 juin 2016, il a reçu le plus beau cadeau que la vie pouvait lui offrir. Un enfant. Gabriel naissait le même jour que son père.
Français d'origine et photographe de métier, Edouard de Blay a photographié plus de 450 personnalités du monde du cinéma, de la chanson et de la mode. Dior et L'Oréal ont utilisé ses clichés pour leurs publicités. Des magazines comme Paris Match et Chasseur d'images ont publié ses photographies. Il a immortalisé les plateaux de télé de Michel Drucker et Thierry Ardisson. Il a visité des dizaines de pays et pourtant, il lui manquait quelque chose.
« Je rêvais depuis toujours d'avoir un enfant. Pour vous dire, lorsque je cuisinais, j'expliquais ce que je faisais à un enfant imaginaire. Ne me prenez pas pour un fou, mais je rêvais d'être père. Mais je me suis alors résigné. Ce n'était pas ma destinée », raconte celui qui ne croyait jamais célébrer la fête des Pères.
Puis, Edouard, déjà installé au Québec, rencontre Maryse Mathieu par l'entremise d'un ami commun en janvier 2015. Il quitte la capitale où il est photographe pour l'Assemblée nationale pour s'installer à Sherbrooke. Maryse est déjà mère de deux grandes filles. Et elle prévient Edouard, elle est très fertile. Le couple laisse aller la nature. En se laissant un an d'essai, car Maryse ne voulait pas être enceinte à plus de 44 ans.
Avant de rencontrer Maryse, Edouard avait été marié pendant plusieurs années et avait tout essayé pour avoir un bébé. « Calcul de dates. Prises de température. Manger de la viande rouge. Plein de trucs. On a même été à Lourdes. On y a recueilli de l'eau et on l'a mis dans la baignoire », se souvient-il en rigolant. Mais rien à faire. La cigogne boudait. Le diagnostic du médecin arrive. Edouard ne pourra pas avoir d'enfant.
Une surprise l'attendait au détour de l'inattendu. « Maryse est tombée enceinte le premier mois! Je n'y croyais pas », s'exclame le futur père.
Mais tout ne serait pas aussi facile qu'il ne le semble. « On avait annoncé la nouvelle à tout le monde. Mais j'ai perdu le bébé après une dizaine de semaines », se souvient Maryse.
« J'étais effondré. Je pleurais, pleurais. Je lui avais déjà donné un petit prénom et tout », enchaîne Edouard.
Mais après un certain temps, il se resaisit et se dit qu'il n'est pas si infertile que ça finalement. « Et puis si je ne devais jamais être père, je me suis dit qu'au moins, j'aurai connu la joie du moment où on constate que le test de maternité est positif et j'aurai eu la chance d'avoir la photo de l'échographie », souligne Edouard.
Mais dès que le couple réessaie, la cigogne repasse. Edouard s'implique dans toutes les étapes de la grossesse. Rendez-vous chez le médecin, chez la sage-femme. Il écoute le coeur du foetus le plus souvent possible, apprend les techniques de digipuncture et il veut même être celui qui accueillera dans ses bras le bébé le premier.
Il le fera neuf mois plus tard le jour même de son 50e anniversaire.
« Quand il est né, je m'attendais à ce qu'il pleure, comme dans les films, et bien non, il s'est mis à rire. Les pédiatres m'ont dit c'est pas possible, mais j'ai des témoins! » raconte Edouard.
Depuis papa passe ses journées avec Gabriel, fait quelques contrats ici et là, alors que maman est retournée dernièrement au travail. Ils ont leur petite routine. Promenade, goûter, sieste, jeux.
« J'ai posé mes valises. C'est ce que la paternité a changé. Parce que j'ai beaucoup voyagé depuis ma naissance et maintenant, je ne bouge plus. Je suis bien. Il n'y a rien de plus beau que ses yeux et son sourire. »