Le milieu communautaire de l’Estrie s’est réuni dans l’édifice du Conseil central de la CSN, mardi, pour prendre connaissance du budget Girard.
Le milieu communautaire de l’Estrie s’est réuni dans l’édifice du Conseil central de la CSN, mardi, pour prendre connaissance du budget Girard.

Un budget vert, mais pas assez

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Malgré les « sommes records » que le budget Girard prévoit investir en environnement, ces sommes ne correspondent pas entièrement aux attentes du milieu écologique en Estrie. Particulièrement en ce qui concerne le transport collectif.

Après avoir pris connaissance des grandes lignes du budget, Jacinthe Caron, directrice du Conseil régional de l’Environnement de l’Estrie, a reconnu que des efforts ont été faits en matière de lutte aux changements climatiques, mais que les six milliards de dollars sur six ans sont encore insuffisants.

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« Ce qui est bien, c’est qu’on a doublé le budget pour la lutte aux changements climatiques. On a aussi bonifié plusieurs programmes existants. Cependant, on n’a pas vu de nouveautés qui nous laissent croire que l’urgence climatique est la priorité gouvernementale dans ce budget », a souligné Mme Caron.

Par ailleurs, si le budget Girard prévoit investir massivement dans le transport en commun structurant à Montréal, Québec, Gatineau, Laval et Longueuil, rien n’a été annoncé en ce qui concerne des villes de la taille de Sherbrooke.

« Sherbrooke est quand même une ville d’importance avec un bon système de transport en commun. Malgré cela, le gouvernement ne l’a pas ciblée parmi les grands chantiers annoncés. Cela dit, on n’a pas parlé non plus de la problématique du transport collectif en milieu rural. Pourtant, on sait que, dès qu’on sort des grands centres, les gens sont totalement dépendants de la voiture. Il est important qu’on corrige cette situation. »

Les grands oubliés

Les groupes communautaires, qui espéraient bénéficier du surplus budgétaire de 1,9 milliard $, se sont eux aussi dits déçus de ne pas avoir été reconnus à l’heure juste valeur. « Nous sommes les grands oubliés de ce budget », a lancé Dominique Vigneux-Parent, porte-parole de la TROVEP Estrie qui regroupe une quinzaine d’organismes communautaires.

Denis Beaudin, de la CSN, a déploré les faibles ressources consenties en matière de formation de la main-d’œuvre alors que les syndicats et le patronat réclament depuis des années des mesures visant à contrer la pénurie de travailleurs.

Une position qui a trouvé un écho auprès de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie et de son porte-parole, Henry Mbatika.

« On dit que la solution à la pénurie de main-d’œuvre passe par l’immigration. Mais il n’y a rien dans ce budget qui permet aux organismes comme le nôtre d’aider les immigrants et leurs familles à s’intégrer dans la société par le biais du travail. «

Geneviève Bouchard, d’Action Plus de Sherbrooke, qui a pour mission de défendre les droits des personnes à faible revenu, s’est dit « foudroyée et estomaquée » de voir qu’aucune hausse des prestations d’aide sociale n’est prévue dans le deuxième budget du ministre Girard.

« Quand on sait que le panier de consommation augmente d’année en année, il est insensé de savoir que des personnes en situation de vulnérabilité vont continuer de recevoir 690 $ par mois pour vivre ou plutôt pour survivre. C’est carrément inacceptable! »