Un budget bon pour l'Estrie, croit Bibeau

Les Estriens et les Sherbrookois ont beaucoup à espérer du budget fédéral déposé mercredi par le ministre des Finances Bill Morneau.
Les grandes mesures annoncées ont pour but de favoriser la classe moyenne, le développement de l'innovation et les infrastructures, énumère Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead.
« Il y a de l'aide pour les municipalités pour les infrastructures pour le traitement de l'eau potable et des eaux usées. Il y a aussi de l'aide pour les infrastructures culturelles. Ça, c'est bon pour le projet de la salle de spectacle intermédiaire de Sherbrooke. Il y a aussi un volet pour le logement social », dit-elle.
« Je vais m'assurer que toutes les municipalités de la région soient informées des programmes à venir. »
On a pensé aux nouvelles technologies, ajoute-t-elle, ce qui permet de soutenir les projets de villes intelligentes. L'agriculture n'est pas en reste à ce chapitre, avec du soutien au développement technologique.
On sera facilitant pour l'embauche de travailleurs temporaires dans l'industrie agricole.
Mme Bibeau a bon espoir que l'aéroport de Sherbrooke pourra un jour bénéficier des annonces faites par le ministre Morneau mercredi. « Pour l'instant, explique-t-elle, l'enjeu est que la Ville de Sherbrooke s'entende avec une entreprise pour une desserte. Les investissements en infrastructure qui ont été faits sont suffisants pour accueillir des vols commerciaux réguliers. »
« Le budget prévoit 20 milliards $ pour le transport en commun. Je crois qu'il y aura quelque chose là-dedans pour éventuellement répondre aux besoins futurs de l'aéroport. »
Un budget de patience
« C'est le budget qui nous demande de faire preuve d'une grande patience et qui nous donne peu de détails sur les mesures qui seront mises en place. »
Le député Pierre-Luc Dusseault aurait aimé que les libéraux de Justin Trudeau proposent des actions plus rapides et concrètes dans le budget du ministre Bill Morneau.
« Il y a eu de belles paroles et de grosses sommes annoncées, mais c'est un budget qui dit qu'ils n'ont pas la capacité de livrer la marchandise », tranche le député néo-démocrate de Sherbrooke.
« C'est encore un budget à la Justin Trudeau. Il dit attendez plus tard pour voir les résultats. On pourrait voir les effets juste avant la prochaine élection, des fois après. »
M. Dusseault avait dressé une liste des dossiers qu'il souhaitait voir se régler avec le dépôt du budget du ministre des Finances. Il a bien peu de matière à se mettre sous la dent. Il attend des mesures pour les aéroports régionaux, l'agriculture, les infrastructures, etc.
« À ce que j'ai pu constater, il n'y avait pas grand-chose dans ce budget pour Sherbrooke et la région de l'Estrie, analyse-t-il. Par exemple, au sujet des aéroports régionaux comme celui de Sherbrooke, on a rien sur les services de sécurité. »
« En agriculture, on n'a pas prévu de compensation aux producteurs laitiers en vue de l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange avec l'Europe. Ça vient d'être signé. »
Déficit plus élevé
Pour le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, le budget fédéral 2017 a été déposé « sans tambour ni trompette en raison du déficit beaucoup plus élevé que prévu qui a été réalisé au cours de la dernière année par les libéraux. La marge de manoeuvre nécessaire pour alléger le fardeau fiscal des Canadiens n'est pas au rendez-vous ».
Le ministre Morneau aurait pu faire plus
Les groupes sociaux de la région retiennent quelques bons coups du budget fédéral déposé mercredi par le gouvernement libéral, mais le ministre Bill Morneau aurait pu faire plus selon eux.
« C'est un budget prudent. Nous nous attendions à plus d'investissements dans le volet social », lance Jimmy Forgues, coordonnateur de l'organisme Solidarité populaire Estrie.
« C'est quand même mieux que du temps des conservateurs... »
Les représentants de groupes sociaux avaient eux aussi une liste d'attentes face à cet exercice budgétaire annuel. Pour ce qui est des logements sociaux, on aurait voulu que le gouvernement de Justin Trudeau fasse plus encore.
« On dit bravo pour l'argent qui a été annoncé, mais nous aurions aimé qu'il alloue plus de fonds de développement, enchaîne M. Forgues. Il faudra attendre pour voir les détails. »
« Même chose pour la lutte à l'itinérance. Il y a des mesures, mais on ne connait pas les détails de ce qui a été annoncé. On devra attendre de voir ce qui va arriver. »
Solidarité populaire Estrie s'étonne du peu d'efforts consentis à combattre l'évasion fiscale. « Il y a eu de l'argent annoncé pour lutter contre les paradis fiscaux et l'évasion fiscale, mais on devra légiférer », ajoute le porte-parole.
« Ce n'est pas un signal positif qu'on envoie pour le combat à l'évasion fiscale. »
Ottawa n'a pas non plus profité de son budget fédéral pour modifier la façon dont les gains en capital sont imposés, fait remarquer Jimmy Forgues.
Toutefois, jeudi, le ministre des Finances n'a pas exclu l'idée d'y apporter d'éventuels changements. Lorsque questionné sur les modifications possibles à l'imposition des profits tirés de la vente personnelle d'actifs, le ministre Morneau s'est laissé une marge de manoeuvre. Dans un entretien avec La Presse canadienne, le ministre s'est limité à dire que le gouvernement avait décidé de ne pas faire de changement dans le budget de mercredi. En vertu des règles actuelles, la moitié des gains en capital des investisseurs sont compris dans le calcul de l'impôt sur leur revenu. Les spéculations évoquaient une hausse qui le verrait passer à 66 pour cent ou 75 pour cent.
En ce qui concerne la dette, qui se chiffre à 28 milliards $, M. Forgues précise que les fonds alloués dans un budget gouvernemental sont des « investissements », à ne pas confondre avec l'endettement des ménages. « Par exemple, si on investit dans la santé, on va avoir des personnes plus en forme et actives dans la société. Le gouvernement pourra en profiter », commente-t-il.
« Oui la dette est importante, mais ce sont des investissements. »