Il y a présentement près d’une trentaine d’éclosions en milieux de travail en Estrie. « À la cafétéria, à la pause ou à l’heure du lunch, c’est facile d’oublier le masque ou le deux mètres avec son collègue », mentionne le Dr Alain Poirier en appelant à la vigilance.
Il y a présentement près d’une trentaine d’éclosions en milieux de travail en Estrie. « À la cafétéria, à la pause ou à l’heure du lunch, c’est facile d’oublier le masque ou le deux mètres avec son collègue », mentionne le Dr Alain Poirier en appelant à la vigilance.

Un brusque plongeon en zone rouge

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
BILAN DE LA SEMAINE / L’Estrie est maintenant plongée en zone rouge. Et même « franchement » dans la zone rouge, affirme le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

« Lundi lorsque nous avons fait l’annonce que la région passerait en zone rouge, il y avait une part de projection. Toutefois, avec les chiffres que nous avons eus dans les derniers jours, nous pouvons dire que nous sommes maintenant franchement dans la zone rouge », confirme le Dr Alain Poirier.

Ces chiffres, parlons-en justement. Dans la dernière semaine, 484 Estriens ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19. Le précédent record du nombre de tests positifs avait été établi la semaine dernière avec… 287 cas.

Dans une seule semaine, la moyenne mobile (sur sept jours) a donc bondi de 41 à 69 nouveaux cas positifs déclarés chaque jour sur le grand territoire de l’Estrie. Pour revenir en zone orange, la région de l’Estrie devrait maintenir une moyenne de moins de 50 nouveaux cas par jour.

Six nouveaux décès attribuables à la COVID-19 ont aussi été déplorés en Estrie au courant de la dernière semaine, portant le total des décès à 52 depuis le début de la pandémie. Vingt-six décès sont survenus durant la première vague; les 26 autres décès depuis le début de la seconde vague à la fin août.

La MRC des Sources est la plus gravement affectée actuellement par la transmission communautaire de la COVID-19.

Plusieurs éclosions dans les milieux de travail

L’Estrie compte près d’une trentaine d’éclosions en milieu de travail. Il faut plus de vigilance entre collègues, rappelle-t-on du côté de la Santé publique.

« L’étranger nous fait peur, on se dit qu’il peut avoir la COVID. Mais on se dit que le beau-frère, lui, ne peut pas avoir la COVID, ou l’infirmier qui travaille avec nous, ou notre voisin. On se méfie moins des gens qu’on connait bien », indique le Dr Poirier. 

« En milieu hospitalier, par exemple, on voit le personnel se protéger face aux patients. Mais à la cafétéria, à la pause ou à l’heure du lunch, c’est facile d’oublier le masque ou le deux mètres avec son collègue », ajoute-t-il.

Or les gens qui attrapent la COVID-19 en Estrie sont majoritairement jeunes. Ils ont peu de symptômes. Certains sont asymptomatiques. La transmission de la COVID-19 est très bien implantée dans la communauté. « Le collègue, la belle-sœur ou la voisine peuvent être porteurs de la COVID-19 sans le savoir et sans en avoir l’air », insiste le Dr Poirier.

Cas et éclosions dans les écoles

Durant la dernière semaine, les éclosions en milieux scolaires se sont multipliées en Estrie. En tout, il y a 12 écoles primaires et secondaires aux prises avec des éclosions sur les territoires des centres de services scolaires de la Région-de-Sherbrooke, des Hauts-Cantons et des Sommets, en plus des écoles privées de Sherbrooke.

Toutefois, il y a au total 32 écoles qui ont à composer avec la présence d’au moins une personne testée positive à la COVID-19 au sein de son établissement.

Le Dr Poirier appelle les jeunes à plus de prudence, sans vouloir les culpabiliser outre mesure non plus. « Les jeunes dans les écoles secondaires ne sont pas très malades à cause de la COVID-19. Mais ces jeunes-là ont des parents, qui peuvent travailler dans le réseau de la santé… Chaque fois qu’un employé est infecté, le risque est plus grand de transmettre le virus dans des milieux plus vulnérables, comme les CHSLD, les résidences pour aînés ou les centres hospitaliers », rappelle-t-il.