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À elles seules, les mises en chantier des maisons unifamiliales ont affiché une hausse de 217 %, passant de 41 à 130 unités entre les deux premiers mois de 2020 et ceux de 2021.
À elles seules, les mises en chantier des maisons unifamiliales ont affiché une hausse de 217 %, passant de 41 à 130 unités entre les deux premiers mois de 2020 et ceux de 2021.

Un boom de mises en chantier

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
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Ce n’est pas une illusion… Les nouvelles habitations poussent comme des champignons à Sherbrooke depuis un an.

Le nombre de mises en chantier résidentielles a en effet bondi de 28 % au cours des 12 derniers mois, comparativement à la même période un an auparavant.
Il suffit de se promener le long du boulevard René-Lévesque (secteur St-Élie), sur le plateau McCrae (non loin du plateau St-Joseph) ou encore dans l’arrondissement de Fleurimont (non loin du chemin Duplessis) pour y constater une panoplie d’unités d’habitations en construction.
D’ailleurs, les chiffres compilés par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) témoignent de cette effervescence.
Le moteur locatif
Au total, ce sont 2664 unités d’habitations qui sont venues s’ajouter au parc immobilier de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke au cours des 12 derniers mois.
« Quand on décortique les chiffres, on voit que c’est le marché locatif qui a stimulé les mises en chantier, observe Mbea Bell, analyste principal économique à la SCHL. Actuellement, plus de la moitié de ce qui se construit à Sherbrooke, c’est du locatif.»
Une tendance qui s’explique facilement lorsqu’on constate que le taux d’inoccupation des logements s’établit à 1,3 % à Sherbrooke.
« C’est le taux le plus bas qu’on a observé au cours des dix dernières années, souligne l’analyste de la SCHL. C’est même largement en dessous de la moyenne québécoise, qui est de 2,5 %.
« Avec un taux aussi bas, on se retrouve forcément avec une demande locative plus forte et c’est à cette demande-là que les promoteurs tentent de répondre actuellement. »
Pour ce qui est de la demande à l’égard des maisons unifamiliales, celle-ci est demeurée relativement stable avec une hausse de 3 % des mises en chantier, selon les données de la SCHL.
Un rebond de 309 % !
Les chiffres démontrent aussi que la pandémie a eu un effet de rebond sur les mises en chantier, particulièrement à Sherbrooke où le phénomène a été plus spectaculaire que dans les autres villes du Québec.
Ainsi, en comparant les données de février 2020 (avant la pandémie) à ceux de février 2021, le nombre de mises en chantier à Sherbrooke a explosé de… 309 %!  
En guise de comparaison, la grande région de Montréal a enregistré une hausse de 112 %, Québec de 36 %, alors qu’à l’échelle provinciale, l’augmentation des mises en chantier s’est accrue de 59 %.
Un rebond que les constructeurs d’habitations n’ont pas manqué d’apprécier.
« L’année 2020 a été la meilleure année pour Sherbrooke depuis qu’on tient des statistiques sur les mises en chantier, c’est-à-dire depuis 2007 », souligne Paul Cardinal, directeur du service économique à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).
Ces résultats ont même sur-
passé — et de loin — les prévisions de l’APCHQ et de la SCHL (Société canadienne d’hypothèque et de logement).
À elles seules, les mises en chantier des maisons unifamiliales ont affiché une hausse de 217 % durant les deux premiers mois de l’année, passant de 41 en 2020 à 130 unités.
Les immeubles locatifs représentent la moitié des mises en chantier avec 1560 nouvelles unités érigées. Et la tendance ne semble pas vouloir s’estomper, fait remarquer M. Cardinal.
« Jusqu’à maintenant, on peut dire 2021 a démarré sur les chapeaux de roue avec 290 mises en janvier et février. Là-dessus, on compte 130 maisons unifamiliales. »
Explications
La faiblesse des taux hypothécaires, l’exode des Montréalais (y compris les résidents de la Rive-Sud) et le télétravail sont parmi les raisons les plus souvent évoquées lorsque vient le temps d’expliquer l’explosion des mises en chantier.
« Il y a aussi le fait que Sherbrooke est une ville universitaire très populaire », souligne l’économiste de l’APCHQ en faisant référence au titre de ‘‘meilleure ville étudiante’’, décerné par Hellosafe.ca en début d’année.
À cela s’ajoute l’aspect économique de s’installer en région, ajoute M. Cardinal.
« Pour beaucoup de Montréalais qui veulent s’éloigner de la ville, même si le prix des maisons a beaucoup augmenté en région, ça demeure une option abordable et intéressante. »