La région de l’Estrie a enregistré vendredi la plus forte hausse de nouveaux cas confirmés de COVID-19 au Québec avec 38 nouveaux cas enregistrés, dont 36 cas uniquement à Sherbrooke.
La région de l’Estrie a enregistré vendredi la plus forte hausse de nouveaux cas confirmés de COVID-19 au Québec avec 38 nouveaux cas enregistrés, dont 36 cas uniquement à Sherbrooke.

Un bond de 38 cas : la région à un moment critique

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
 « C’est un moment probablement critique à la veille d’une longue fin de semaine de trois jours », a lancé vendredi après-midi en point de presse le Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique de l’Estrie.

La région de l’Estrie a enregistré vendredi la plus forte hausse de nouveaux cas confirmés de COVID-19 au Québec avec 38 nouveaux cas enregistrés, dont 36 cas uniquement à Sherbrooke.

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La liste des éclosions en Estrie

Les personnes récemment infectées sont principalement âgées de 20 à 29 ans et ont donc peu de complications liées à la maladie, indique le Dr Poirier.

À preuve, le niveau d’hospitalisations reste très faible en Estrie avec trois personnes en date de vendredi, dont une se trouve aux soins intensifs. Mais il faut prendre garde, la situation pourrait changer rapidement.

« On ne le dira jamais assez : il faut garder ses distances, porter le masque si on ne peut pas respecter la distance, et se laver les mains », a martelé le Dr Poirier.

Le Dr Vincent Masse, microbiologiste-infectiologue et officier en chef de prévention et contrôle des infections, invite donc les gens à la plus grande prudence alors que cette longue fin de semaine est propice à la visite de membres de la famille ou d’amis.

« Plus il y aura de gens malades, plus il y aura de gens hospitalisés et plus il faudra faire des actions pour faire face à la musique dans le monde hospitalier, comme on l’a fait au printemps. Ça peut vouloir dire annuler des chirurgies, fermer des plateaux techniques, et ce ne sont pas des choses que l’on veut », a souligné le Dr Masse.

« Ce qu’on constate à ce stade-ci dans nos enquêtes, c’est qu’il y a une partie des gens qui ne se sentent pas concernés par la maladie à cause de leur âge ou de leur état de santé. Mais il ne faut pas oublier qu’il peut quand même y avoir des conséquences à un test positif chez une personne qui, elle, s’en fout un peu : fermeture de son milieu de travail, d’une classe dans une école ou dans une garderie... » illustre Alain Poirier.

Évolution du nombre de cas confirmés de COVID-19 par jour en Estrie.

22 personnes de plus dans Ascot

Le bilan des personnes infectées dans le quartier sherbrookois d’Ascot, sous surveillance depuis plus d’une semaine à cause d’un agrégat de cas, a bondi de 22 personnes. Jusqu’ici, ce sont donc 88 personnes infectées par le coronavirus qui ont une adresse de résidence dans ce secteur.

Du côté du secteur des Jardins-Fleuris, dans l’Est de Sherbrooke, le nombre de personnes infectées est resté stable à 12.

Vendredi, le Cégep de Sherbrooke s’est ajouté aux lieux sous surveillance de la Santé publique après que trois membres de la communauté collégiale aient été déclarés positifs à la COVID-19. Il ne s’agit pas toutefois d’une éclosion, car les personnes ne sont pas reliées entre elles.

« Nous avons été informés jeudi en fin de journée que trois cas positifs de COVID-19 ont été identifiés parmi les membres de la communauté collégiale, trois cas qui ne sont pas liés entre eux », a indiqué la direction du Cégep de Sherbrooke dans une communication envoyée à ses étudiants et à son personnel.

Autres éclosions stables

Outre les agrégats d’Ascot et des Jardins-Fleuris, l’éclosion en cours à l’école primaire des Quatre-Vents de Sherbrooke est passée de cinq à six cas. Les autres éclosions sont toutes restées stables, soit celle au CPE Les amis du globe de Sherbrooke (cinq cas), chez BRP de Valcourt (13 cas), au Centre Saint-Michel de Sherbrooke (moins de cinq cas) et au CHSLD d’Youville de Sherbrooke (deux cas).

L’éclosion au CHSLD de Lambton est restée stable avec 17 cas au total, soit sept employés et dix résidents sur les 29 hébergés dans ce petit CHSLD de la MRC du Granit, de même que les cas à l’école des Sommets de Saint-Sébastien, une municipalité à proximité de Lambton. Toutefois, une clinique de dépistage mobile était déployée dans ce secteur vendredi pour tester les parents, les enfants et le personnel.

Pas question de confinement

En point de presse jeudi midi à Sorel-Tracy, le premier ministre François Legault a signalé qu’il n’envisageait pas de confier de nouveau les gens à la maison, y compris en Estrie et dans la région de la Capitale-Nationale, les deux régions du Québec où les augmentations sont les plus importantes depuis quelque temps.

 « Non, on n’envisage pas de meures de confinements. Nos dernières mesures étaient l’ouverture des bars, et permettre le rassemblement de 250 personnes pour des activités artistiques et culturelles. On envisage d’être plus sévères au niveau des rassemblements. On veut que ce soit limité, avec le port du masque, et que la distanciation soit respectée. Mais il n’est pas question de confiner les gens à la maison », a insisté le premier ministre Legault.