Les Sherbrookois Michèle Carrier et Jacques Latulippe, qui ont respectivement fait carrière comme infirmière et comme enseignant en restauration, ont développé la recette d’un biscuit-repas pour lutter contre la malnutrition en Afrique. M. Latulippe revient tout juste du Bénin où il est allé aider à la commercialisation du biscuit.
Les Sherbrookois Michèle Carrier et Jacques Latulippe, qui ont respectivement fait carrière comme infirmière et comme enseignant en restauration, ont développé la recette d’un biscuit-repas pour lutter contre la malnutrition en Afrique. M. Latulippe revient tout juste du Bénin où il est allé aider à la commercialisation du biscuit.

Un biscuit-repas pour contrer la malnutrition

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Un Sherbrookois a mis au point la recette d’un biscuit-repas pour lutter contre la malnutrition. Avec l’aide d’une propriétaire d’une biscuiterie du Bénin, en Afrique, Jacques Latulippe a réussi à concocter des biscuits ayant le plus grand apport nutritionnel au plus petit coût possible.

M. Latulippe a l’Afrique « tatouée sur le cœur ». Dans les dernières années, il a effectué 54 voyages humanitaires dans les régions francophones de ce continent. Chaque fois, il a été happé par les ravages de la malnutrition.

En 2018, le Sherbrookois qui a fait carrière dans le domaine de la restauration et de l’hôtellerie décide de créer une recette visant à combler les besoins nutritionnels des enfants. Avec sa conjointe Michèle Carrier, infirmière retraitée, et deux de ses petits-enfants, il transforme la cuisine de la maison familiale en laboratoire.

« Nous avons fait 12 tests ici avant de trouver la recette parfaite à nos yeux. Bien sûr, il y avait la question du goût qui importait, mais nous avons commencé par faire une analyse pour trouver le meilleur apport protéinique au meilleur coût. Finalement, nous avons réussi à faire une version de nos biscuits avec le meilleur apport nutritionnel et à les vendre l’équivalent de 45 cents canadiens pour 100 grammes », se réjouit-il.

M. Latulippe ne prétend pas que son biscuit répond à tous les besoins nutritionnels des enfants.

« Le biscuit miracle n’existe pas. Ce qui existe, c’est un biscuit qui fournit une grande partie de l’ensemble des nutriments requis par l’organisme quotidiennement », explique-t-il.


« Nous avons dû modifier le goût du biscuit puisque les enfants aimaient moins le goût de l’arachide. »
Jacques Latulippe

Selon les analyses effectuées, la recette du clan Latulippe comble une bonne partie des besoins en protéine (63 %), en calcium (10,5 %), en fer (57 %) et en zinc (26 %) d’un enfant de neuf ans, en plus de fournir les acides aminés essentiels. Le Léoli-Nutri Biscuit-repas est principalement confectionné à base de farine de soja, de farine de niébé et de pâte d’arachide, trois produits faciles à trouver au Bénin.

« Nous avons refait environ six tests au Bénin et nous avons dû modifier le goût du biscuit puisque les enfants aimaient moins le goût de l’arachide que mes petits-enfants. Mais avec l’aide d’Armelle Kouton, de la Biscuiterie Bisakara de Cotonouo, nous avons réussi à créer un produit très intéressant. »

La commercialisation du biscuit vient tout juste de débuter.

« Mon travail est fait. Je laisse maintenant la biscuiterie s’occuper du reste », explique M. Latulippe.

Faire voyager sa recette

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le terme de malnutrition évoque généralement les quelque 800 millions de personnes qui, tous les jours, souffrent de la faim, parmi lesquelles 156 millions d’enfants de moins de cinq ans atteints d’un retard de croissance parce qu’ils sont chroniquement dénutris, et 50 millions d’enfants dont la vie est menacée par la malnutrition aiguë.

Le Sherbrookois espère que les organismes humanitaires qui sont préoccupés par la malnutrition s’emparent de son travail.

« Les organismes peuvent prendre la recette et l’adapter selon les ingrédients disponibles dans les pays. La recette existe et elle permet de lutter concrètement contre la malnutrition. Si on réussit ça, ce serait un coup de maître! »

Les démarches entourant la fabrication du biscuit et le voyage humanitaire de M. Latulippe ont été réalisés avec l’aide du Service d’assistance canadienne aux organismes, un organisme sans but lucratif qui a comme mission de renforcer la croissance économique et sociale durable au Canada et à l’échelle mondiale par le biais du travail collaboratif de leurs conseillers volontaires.