Jacob Therrien et Étienne Pilon planchent sur le projet de ballon stratosphérique en compagnie du professeur Martin Aubé du Cégep de Sherbrooke.

Un ballon aux portes de l'espace

Imaginez un énorme ballon lancé aux portes de l'espace, à quelque 30 km d'altitude... soit trois fois plus haut qu'un avion de ligne. C'est le défi qu'a lancé à ses étudiants le professeur Martin Aubé du Cégep de Sherbrooke. Avec ce ballon stratosphérique qui contiendra notamment des capteurs et deux caméras, les étudiants seront en mesure de recueillir une kyrielle d'informations scientifiques.
« C'est un gros défi technologique! Ce projet est énorme, ambitieux, mais très stimulant », lance Martin Aubé, qui précise qu'il s'est lancé dans le projet avec l'appui des techniciens Mathieu Fréchette et Guillaume Bolduc. « On est presque dans l'espace », note le chercheur reconnu pour son expertise sur la pollution lumineuse.
Une fois monté à quelque 30 km dans les airs, le ballon d'hélium éclatera, et les systèmes nécessaires à la recherche scientifique redescendront avec un parachute afin que les étudiants puissent recueillir les données et les analyser.
Différents sites de lancement ont été identifiés (dont à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Terrebonne). On souhaite que les systèmes contenus dans le ballon retombent à proximité de Sherbrooke.
« Il fallait s'assurer que le ballon éclate pour que le système puisse redescendre », indique M. Aubé. Les équipes veulent aussi éviter différents lieux d'atterrissage, comme le fleuve ou de l'autre côté de la frontière, aux États-Unis.
« Lorsqu'on lancera le ballon, il va retomber plusieurs centaines de kilomètres plus loin », indique l'enseignant. Ainsi, raconte-t-il, ses groupes et lui ont fait des simulations. Dans l'une d'elles, le fameux objet s'envolait de Shawinigan... et retombait en Beauce. Plusieurs facteurs influenceront le vol, dont les vents. Le lancement devrait avoir lieu entre le 28 mars et le 20 avril.
« On a équipé le ballon de balises GPS satellites... Il va communiquer avec un satellite, préciser où il est rendu et nous, sur un site internet, on peut aller chercher cette information-là. Toutes les cinq minutes, on va savoir à peu près où il est. Ça va nous donner une idée. Une fois au sol, on a la dernière balise GPS. Si tout va bien, elle va continuer à communiquer. »
Capter des météorites?
Dans le cadre de ce cours d'astrophysique (cours d'intégration en sciences de la nature), Martin Aubé travaille avec deux groupes d'étudiants. Au total, six équipes de cinq étudiants planchent sur le projet. Le scientifique s'est inspiré du projet d'un ingénieur européen et de celui d'un ami.
Les équipements permettront de recueillir des informations comme l'humidité, la pression, la quantité d'ultraviolets, la couche d'ozone...
« On va essayer de capter des météorites encore chaudes. On a une boîte faite en styromousse; au retour, on défait la boîte, on la fait fondre dans un solvant et on souhaite que certaines particules de météorite encore tièdes ou chaudes auront rentré, auront fait fondre la styromousse et seront restées là. Ça, on n'est pas sûr que ça va marcher! »
Au passage de La Tribune au Cégep, des équipes oeuvraient sur différents aspects du projet. Les étudiants ont dû contourner quelques contraintes. Les équipes voulaient d'abord recevoir les données en direct, mais elles ont dû se tourner vers une autre option, raconte Antoine Bernier, un des participants. « Il va falloir récupérer les données une fois que le système sera retombé au sol. » Les principaux défis? « Ce sont toutes des choses nouvelles », répond l'étudiant.