Il y a peu de chances de voir une pizza sortir du four à bois du Demers d’ici la fin de l’été.
Il y a peu de chances de voir une pizza sortir du four à bois du Demers d’ici la fin de l’été.

Un avenir incertain pour le restaurant Demers

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Rouvrira-t-il ou pas? Le copropriétaire du restaurant Demers, Stéphane Bourque, ne sait pas ce qu’il fera de cette institution qui a pignon sur la rue Conseil depuis 1965. Trois options sont sur la table.

Le propriétaire pourrait convertir le restaurant en entier en appartements, diminuer sa superficie et garder son image de marque ou encore diminuer sa superficie et le convertir en Johnny Resto. La décision sera prise aux alentours du mois de septembre.

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Les restaurateurs ne veulent pas jouer à la police

Il y a donc peu de chances de voir une pizza sortir du four du Demers d’ici la fin de l’été. Aucun des scénarios n’est envisagé plus qu’un autre. 

Une chose est sûre, les 9000 pieds carrés de l’établissement ne seront plus utilisés comme restaurant, advenant une réouverture. La partie « Maisonnée » de la bâtisse devrait être convertie en appartements, ce qui laisserait seulement le bâtiment d’origine en restaurant. Environ six logements pourraient être créés dans cette partie appelée « Maisonnée » qui est actuellement une salle à manger. 

« Je vais prendre le temps de voir avec les architectes et avec la Ville de Sherbrooke où je vais me diriger », a expliqué M. Bourque en entrevue avec La Tribune, précisant qu’il n’avait ni l’intention de changer sa marque de commerce ni de construire des appartements lorsqu’il a acheté le commerce en mars 2019. 

Le restaurant Demers compte une cinquantaine d’employés.

« Je ne veux pas faire miroiter que c’est sûr à 100 % qu’à la fin de l’été, selon les démarches, je procéderai à une réouverture. Je ne suis pas sûr », exprime l’entrepreneur, rappelant que les salles de réception étaient bien populaires et que la pandémie remet en perspective cet aspect de la restauration.

« Ce n’est pas quelque chose de facile, avoue M. Bourque. Il y a des clients fidèles et des employés de longue date. Je ne veux pas prendre une décision impulsive. »

« S’il n’y avait pas eu de COVID, on ne s’en parlerait même pas aujourd’hui. On aurait continué nos opérations, on aurait raffiné un peu et on aurait sûrement pris la décision de retirer la Maisonnée. Je devais payer des gens pour partir et aller porter des commandes là-bas. La cuisine était à l’autre extrémité », assure-t-il, ne voulant pas « rouvrir pour rouvrir ». 

M. Bourque veut aussi attendre de voir quelles seront les normes en matière de restauration dans les prochaines semaines. « On ne sait pas s’il y aura une deuxième vague. J’ai une clientèle très âgée. Je pense qu’une partie de ma clientèle va avoir très peur et se restreindra un peu plus. Je retourne tous les pour et les contres », dit celui qui regarde également les règlements de zonage en vigueur.

Stéphane Bourque veut éviter de rouvrir et de refermer ce restaurant pour procéder à des rénovations. « Il y a un coût pour mettre [le restaurant] à jour, d’autres coûts pour aménager pour la COVID et d’autres coûts pour opérer. Tu mets des gens en place sans savoir s’il y aura énormément de place », précise-t-il.

Cependant, Stéphane Bourque veut faire de la restauration dans l’est de Sherbrooke. « Si je décide de faire un immeuble à revenus avec le Demers, je voudrais recréer le Johnny quelque part dans l’Est », résume-t-il.