Christelle Lefevre
Christelle Lefevre

Un appel de projets contesté à Saint-Élie

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — La citoyenne et ex-candidate aux élections municipales Christelle Lefevre dénonce l’appel de projets qui s’est tenu dans le district de Saint-Élie pour compenser les impacts d’une ligne électrique construite par Hydro-Québec. Au conseil de l’arrondissement lundi, Mme Lefevre a surtout déploré un manque de transparence.

Hydro-Québec rend disponible une somme de 430 000 $ pour dédommager les citoyens ayant subi les travaux de la Société d’État dans le secteur des chemins Godin et Dion. L’argent doit servir à un projet de la communauté, si bien qu’un appel de projets a été lancé en octobre pour recueillir les suggestions. Le projet doit se réaliser sur un terrain municipal.

Au conseil d’arrondissement lundi, Mme Lefevre a déploré que l’information concernant cet appel de projets ait été diffusée au compte-gouttes. « Nous ne savions pas qui était au comité de sélection ni la date d’échéance. Les étapes de sélection n’ont pas été bien expliquées. »

Christelle Lefevre, qui participe à la démarche de revitalisation du chemin de Saint-Élie en collaboration avec Commerce Sherbrooke, déplore aussi ne pas avoir été prévenue de l’appel de projets alors qu’une consultation était organisée pour l’initiative Chemin de Saint-Élie. « Nous aurions pu faire le maillage des deux consultations. Nous avons appris six jours après notre consultation qu’il y avait une somme d’Hydro-Québec pour réaliser un projet. »

Le projet soumis par Christelle Lefevre était celui d’une place publique et d’un marché public, soit l’idée ayant reçu la plus forte adhésion pour la revitalisation du chemin de Saint-Élie. Le concept figure parmi les cinq finalistes, mais le marché public aurait été retiré et remplacé par un jardin communautaire. « Le projet a été fusionné sans que nous le sachions. La Ville n’est pas certaine de pouvoir livrer le projet, mais elle n’a pas parlé au promoteur. »

Le conseiller du district, Julien Lachance, s’est dit surpris des accusations de manque de transparence. Il rapporte que la démarche était plus large que celle de Chemin de Saint-Élie. « Toute l’information a été diffusée dans le journal L’info de Saint-Élie. Nous nommions les personnes qui étaient au comité de sélection. Une trentaine de personnes ont envoyé un projet. Nous voulions un projet qui répond aux attentes de la communauté. Le marché public, c’était loin d’être acquis que c’était possible du point de vue de l’urbanisme. Nous sommes donc allés pour un aménagement de jardins et de terrains communautaires », explique M. Lachance.

Il ajoute que le porteur du dossier à Commerce Sherbrooke avait été prévenu du changement dans le projet. « Nous ne voulions pas faire miroiter un projet qu’on ne pourrait pas livrer à la population. Surtout qu’une des choses demandées par Hydro-Québec est que la réalisation se fasse rapidement. »

Un sondage auquel 500 citoyens ont répondu a été mené sur internet pour déterminer le projet qui faisait l’unanimité. Outre la place publique qui se trouverait le long du chemin de Saint-Élie, ont aussi été soulevés le rajeunissement du centre Richard-Gingras, l’ajout de jeux d’eau, la construction d’une patinoire au parc du Plateau et la construction d’un parc à planches à roulettes au futur parc Antoinette-Guinebretière, à côté de l’école de la Croisée.

« Le conseil municipal sera souverain. La consultation en ligne visait à connaître l’orientation des citoyens. D’ici les prochains mois, nous travaillerons avec les services pour attacher les choses. Je pense qu’une décision pourrait être prise en avril ou en mai. La réalisation se ferait en 2021. »