Des cours seront annulés à l'UdeS, de mardi à jeudi inclusivement, en raison de la grève des professeurs du SPPUS.

UdeS: plus de 400 professeurs en grève

Les professeurs du Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke (SPPUS) sont en grève à compter de ce mardi, et ce, jusqu'à jeudi inclusivement. Aucun piquet de grève ne sera cependant érigé, a précisé le SPPUS lundi.
Toutes les activités d'enseignement habituellement offertes par les quelque 428 professeurs sont suspendues pour ces trois journées. L'instance syndicale a indiqué à ses membres qu'ils pourront cependant poursuivre leurs activités de recherche.
La présidente du SPPUS, Dominique Lorrain, explique que cette disposition fait partie d'un règlement du conseil syndical.
« Il y a déjà eu une grève en 1992 et le même règlement a été appliqué. Pour nous, c'est une façon de préserver la réputation de l'Université en matière de recherche », note Mme Lorrain. Les professeurs ne feront pas de manifestation « dans l'immédiat ».
Le son de cloche du recteur adjoint Martin Buteau au sujet du maintien des activités de recherche est cependant complètement différent.
« On est en grève ou on ne l'est pas... Ce qu'on leur dit, c'est que le Code du travail est clair. (...) « À partir du moment où ils sont en grève, ce sont toutes les activités qui sont arrêtées. »
Exceptions
La faculté de médecine et des sciences de la santé est épargnée par la grève, puisque les professeurs font partie d'une autre instance syndicale, et la faculté de génie est très peu touchée puisque la grande majorité des professeurs ne sont pas représentés par le SPPUS.
Dans d'autres facultés, comme celles d'éducation, de lettres et de sciences humaines et d'administration, on retrouve un grand nombre de chargés de cours.
L'Université de Sherbrooke devait communiquer avec ses étudiants afin d'aviser quels cours n'ont pas lieu et lesquels ne sont pas touchés par la grève.
Le SPPUS a adopté un mandat de grève de 12 jours, le 26 janvier dernier. Les résultats ont été confirmés par référendum la semaine dernière.
Le SPPUS réclame un plancher d'emploi qui serait inscrit dans la convention collective afin de garantir un niveau minimal de ressources.
L'instance syndicale soutient que le ratio EETP (étudiant en équivalence au temps plein) par professeur (membre du SPPUS) a augmenté de 8 % depuis 10 ans, « ce qui représente un déficit de 41 professeurs par rapport à 2004-2005. » « On est en gel d'embauche depuis trois ans. Ça entraîne une surcharge de travail. Il y a plus d'étudiants dans les classes, moins de soutien pour accompagner les professeurs. Il est temps d'augmenter les ressources professorales », note Mme Lorrain.
« Les professeurs veulent qu'on garantisse un plancher d'emploi; le nombre de postes de professeurs. Là, on en a une quarantaine vacants. Ils veulent absolument qu'on s'engage à dire que ces postes seront pourvus; moi je leur dis que je n'ai pas les budgets pour les combler », fait valoir M. Buteau, en soutenant qu'il s'agit d'une demande d'environ 4,5 M$.
« On peut bien me proposer des modifications à la convention collective, je n'ai pas de marge de manoeuvre financière », fait-il valoir en faisant allusion aux compressions cumulées des dernières années.
À ce sujet, Mme Lorrain rappelle qu'en dépit de la situation difficile dans les universités, l'UQAM et l'Université Laval sont parvenues à s'entendre avec certains groupes d'employés.
Il a été impossible de savoir, lundi, combien de cours ou d'étudiants sont concernés par ce débrayage.
Une séance de négociation doit tout de même avoir lieu ce mardi.
La convention collective des quelque 428 membres est échue depuis mars 2015.