Plusieurs étudiants de l'Université Bishop's se sont prêtés au jeu des égoportraits avec Justin Trudeau, mercredi, lors d'un bain de foule du premier ministre sur leur campus.

Trudeau interrogé sur ses relations avec le Québec

Le premier ministre Justin Trudeau reconnaît qu'il aurait pu répondre en partie en anglais à une citoyenne de Sherbrooke, qui lui a posé une question sur l'accès aux services en anglais mardi soir.
Lors de l'assemblée publique, plusieurs citoyens ont posé des questions en anglais à M. Trudeau, qui a toujours répondu en français. Il a affirmé pendant la soirée qu'il voulait parler français parce qu'il se trouvait au Québec.
Sa décision a été très critiquée sur les réseaux sociaux, le lendemain, notamment parce qu'une femme qui l'a questionné sur les services en anglais n'aurait pas compris sa réponse.
En point de presse à l'Université Bishop's, à Sherbrooke, M. Trudeau a souligné qu'il tenait à s'adresser aux citoyens en français au Québec, ajoutant qu'il avait répondu en anglais à une personne qui lui avait posé une question en français à Peterborough, en Ontario.
Il a toutefois admis plus tard qu'il «aurait peut-être pu» répondre en partie en anglais à la femme, et que ça aurait été la «bonne chose à faire sur réflexion».
Il a indiqué qu'il tenterait de faire mieux la prochaine fois.
Lors de ce point de presse, M. Trudeau a aussi été interrogé sur les relations avec le Québec alors que la Saskatchewan vient de conclure une entente avec le gouvernement fédéral sur les transferts en santé. Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, a accusé Ottawa de vouloir «l'intimider» en entrevue avec Radio-Canada.
«Je m'entends extrêmement bien avec le premier ministre Philippe Couillard et son équipe, il y a bien des dossiers où on travaille à merveille. Il y a d'autres dossiers, on s'y attend, où on n'est pas tout à fait alignés. C'est comme ça que ça fonctionne, une fédération en santé», a-t-il déclaré.
M. Trudeau s'est aussi prononcé sur les relations du Canada avec le prochain président des États-Unis, Donald Trump, qui prêtera serment ce vendredi. Le premier ministre a rappelé que le gouvernement fédéral, notamment par la voie de son ambassadeur, était en communication avec les représentants de la nouvelle administration.
Il a affirmé que beaucoup d'emplois aux États-Unis dépendaient du commerce avec le Canada et que le pays était le premier lieu d'exportation pour 35 États américains.
M. Trudeau n'a pas précisé s'il avait eu des demandes spécifiques de l'administration Trump.
«Nous nous sommes impliqués avec la nouvelle administration sur un éventail d'enjeux, nous travaillons fort d'une manière constructive qui bénéficiera à nos deux pays», a-t-il expliqué.
Plus tôt dans la journée, M. Trudeau a fait un bain de foule dans le Tim Hortons de l'université, où il a multiplié les égoportraits et les autographes. Plus d'une centaine d'étudiants étaient entassés dans le café.
Le premier ministre se rendra mardi midi à Granby, où d'autres bains de foule sont prévus.
Avant d'arriver au Québec, Justin Trudeau s'était rendu dans les Maritimes et en Ontario. Cette tournée vise à renouer avec les Canadiens à l'aube du début de la prochaine session parlementaire, qui commencera le 30 janvier.
Les Townshippers froissés par le refus de Trudeau de répondre en anglais
L'Association des Townshippers s'est dite profondément déçue par le refus du premier ministre Justin Trudeau de répondre en anglais à une question en anglais lors de l'assemblée citoyenne de mardi soir à Sherbrooke.
L'affaire a fait grand bruit sur les médias sociaux et dans la presse anglophone, mercredi, même si le premier ministre a fait son mea culpa en point de presse à l'Université Bishop's en matinée.
«À la lumière de la réponse en français du premier ministre à un interlocuteur anglophone à Sherbrooke et de son refus de répondre en français à un franco-ontarien dans un contexte semblable à Peterborough la semaine dernière, nous devons nous demander si cela envoie le signal de changements majeurs dans la politique des langues officielles au Canada», écrit le président des Townshippers, Gerald Cutting, dans un communiqué rédigé en anglais.
«La position adoptée par le premier ministre compromet le développement et la vitalité de notre communauté et elle remet en question notre contribution en tant que partenaires égaux dans la société québécoise», ajoute sa directrice générale, Rachel Hunting.
«La marginalisation de notre communauté par le plus haut niveau du gouvernement nuit à des années de progrès et de collaboration et recrée des tensions entre les communautés anglophone et francophone», termine-t-elle.
M. Trudeau a précisé mercredi matin qu'à la réflexion, il aurait dû répondre en partie en anglais et en partie en français aux questions qui lui étaient adressées lors des assemblées citoyennes. Il entend le faire la prochaine fois. La conférence de presse au cours de laquelle il a fait cette précision s'est d'ailleurs déroulée dans les deux langues officielles à Sherbrooke. Avec Jacynthe Nadeau