Un employeur peut vérifier si une personne à son emploi ou qu’il désire embaucher a un casier judiciaire ou des antécédents judiciaires.
Un employeur peut vérifier si une personne à son emploi ou qu’il désire embaucher a un casier judiciaire ou des antécédents judiciaires.

Trouver un emploi avec un casier judiciaire

Les personnes judiciarisées se butent à de plus en plus d’entreprises qui font des vérifications d’antécédents judiciaires. Ces personnes ont donc ont bien souvent de la difficulté à réintégrer le marché du travail après avoir purgé leur peine. C’est ce qui ressort d’un long entretien avec Léo Croteau, directeur général du Centre de main-d’œuvre Opex qui accompagne les personnes judiciarisées sur le marché du travail.

M. Croteau confirme que les entreprises qui ne vérifient pas les antécédents criminels de leurs employés se font de plus en plus rares.

« Il y a des entreprises canadiennes qui sous-contractent avec des entreprises américaines et ces dernières demandent de plus en plus que les gens qui produisent et touchent aux produits n’aient pas de casiers judiciaires », explique-t-il.

Opex a pour objectif d’aider quelque 200 clients en Estrie par année avec un taux de succès entre 50 et 55 %.

« On atteint la cible, mais ce qu’on constate c’est que les gens qui s’inscrivent avec nous sont, depuis quelques années, plus loin du marché du travail et ont un casier plus imposant, admet M. Croteau. Les gens qui ont le moindrement de compétences vont être capables de se trouver un emploi. »

La pénurie de main-d’œuvre fait en effet en sorte que les personnes judiciarisées ont en ce moment plusieurs opportunités d’emploi.

« Les entreprises sont disons plus flexibles en ce moment, elles ont besoin de monde », souligne M. Croteau

Ce qui est prévu par la loi

Un employeur peut vérifier si une personne à son emploi ou qu’il désire embaucher a un casier judiciaire ou des antécédents judiciaires. Un employeur ne peut toutefois pas congédier, refuser d’embaucher ou pénaliser une personne parce qu’elle a été déclarée coupable d’une infraction pénale ou criminelle, si cette infraction n’a aucun lien avec l’emploi concerné ou si cette personne a obtenu un pardon.

Mais dans les faits, il arrive encore que des personnes se fassent refuser un emploi selon M. Croteau.

« Ça dépend du type d’emploi, indique-t-il. Si une entreprise a besoin d’un soudeur, elle ne peut pas dire à quelqu’un qu’elle ne le prend pas à cause de son casier. Mais dans les faits, elle peut trouver plusieurs raisons. »

Léo Croteau

Une fiabilité douteuse?

La fiabilité des employés avec un casier judiciaire est d’ailleurs souvent remise en question. Retard constant ou problème de consommation, les expériences des employeurs ne sont pas toujours positives.

M. Croteau assure toutefois que le maximum est fait pour intégrer les gens dans le nouveau milieu de travail.

« Quand un client passe ici, on prend le temps de l’évaluer et on le rencontre plus d’une fois, explique M. Croteau. À titre d’exemple, on va lui fixer des rendez-vous pour évaluer sa motivation. On va lui donner un rendez-vous à 9 h et s’il nous propose 11 h ou 13 h, on lui dit non. Si tu n’es pas capable d’aller à un rendez-vous à neuf heures, comment vas-tu faire pour aller travailler? »

Les personnes judiciarisées prises en charge par Opex sont notamment rencontrées à de nombreuses reprises et accompagnées avec leur nouvel employeur. Il existe des programmes d’emploi Québec qui permettent aux entreprises de se faire financer une partie du salaire d’une personne judiciarisée.

M. Croteau assure finalement que toutes les vérifications sont faites quand une personne demande les services d’Opex pour se trouver un emploi.

« On n’a pas le choix de tenir compte de la réalité d’un casier parce que si tu ne donnes pas un bon service il peut y avoir des conséquences comme peut-être la récidive, indique-t-il. Le principe de base c’est que si une personne est active sur le marché du travail, elle occupe son esprit. »

« Parfois le client va mentir sur son dossier ou ne se rappellera pas de tout ce qu’il a fait, ajoute M. Croteau. Parfois un client va avoir un dossier à Montréal et un à Calgary par exemple. »