Patrice Godin, chef de la division d’ingénierie au Service des infrastructures urbaines de la Ville de Sherbrooke.
Patrice Godin, chef de la division d’ingénierie au Service des infrastructures urbaines de la Ville de Sherbrooke.

Trottoir de la rue Adélard-Collette : «les plans peuvent encore changer»

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Lors d’une rencontre citoyenne tenue sur le terrain de l’École LaRocque, la Ville de Sherbrooke s’est montrée rassurante auprès des résidents de la rue Adélard-Collette qui s’oppose fermement aux travaux de restructuration prévus, notamment en ce qui a trait à l’aménagement des trottoirs.

Près d’une vingtaine de personnes se sont montrées intéressées jeudi après-midi par la « séance d’informations et d’échanges » donnée par la Ville de Sherbrooke. Sur place, la directrice de l’Arrondissement des Nations, Isabelle Côté, assurait le dialogue entre les citoyens concernés et l’équipe d’infrastructures urbaines de la Ville.

Patrice Grondin, chef de la division d’ingénierie, a d’abord pris la parole afin d’expliquer précisément en quoi consisteront les travaux de reconstruction complète prévus sur la rue Adélard-Collette d’un montant de 2 M$. Ceux-ci sont à prévoir dès le début du mois de septembre. Il a ensuite abordé l’enjeu des trottoirs, qui suscite beaucoup d’incompréhension.

« La décision qui a été prise pour l’aménagement du trottoir a été d’en ramener qu’un seul du côté ouest pour éliminer celui du côté est. [...] Comme il s’agit d’une rue locale avec un débit véhiculaire faible (400 véhicules et moins par jour selon la Ville), nous avons une politique à suivre qui nous donne l’orientation à prendre, soit de n’avoir qu’un seul trottoir », affirme M. Grondin.

Sébastien Dubuc, ingénieur au Service des infrastructures urbaines, ajoute que « sur une rue locale à moins de 500 véhicules par jour, il n’y a habituellement aucun trottoir. La raison d’être de celui sur la rue Adélard-Collette est justifiée par la présence de l’école primaire et de l’église, qui sont des générateurs de déplacements situés sur le côté ouest ».

Cette décision ne fait pas l’unanimité dans le quartier. Pour Julie Bernard et Patrick Chabot, qui ont manifesté leur désaccord plus tôt cette semaine à La Tribune, cette décision ne fait « aucun sens ».

« Nos enfants devront contourner les voitures stationnées pour se rendre sur un trottoir situé de l’autre côté de la rue, là où il n’y a aucune demeure? Pourquoi ne pas valider votre décision avec le nombre de marcheurs plutôt qu’avec le nombre de véhicules qui passent dans une journée? », a demandé la mère de famille, qui habite le secteur depuis près de quinze ans.

Jacinthe Caron, résidente de la rue Adélard-Collette et directrice du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, a profité de l’occasion pour remettre en question la méthodologie de travail à la Ville de Sherbrooke en lien avec le développement durable.

« Je suis un peu abasourdie de voir qu’on se positionne comme une ville avant-gardiste qui encourage les moyens de déplacements durables, mais qu’on ne prend pas le temps d’analyser les besoins des usagers d’un quartier », a-t-elle fait remarquer.

De son côté, la conseillère municipale du district d’Ascot, Karine Godbout, s’est montrée rassurante quant aux prochaines décisions à prendre. « Habituellement, quand la Ville revoit la structure d’une rue, les citoyens ne sont pas nécessairement avisés. Évidemment, on se rend compte que lorsque des changements majeurs s’opèrent en lien avec la mobilité durable, il est important de se munir d’un processus pour consulter les citoyens ou, au moins, minimalement les tenir informés. »

Au terme de la discussion, la Ville de Sherbrooke a démontré de l’ouverture quant à la possibilité de revoir ses objectifs pour l’aménagement de la rue Adélard-Collette. « Je ne peux rien promettre pour l’instant, mais c’est possible que l’on change les plans », a mentionné Patrice Godin.