Le directeur par intérim du Musée d’histoire de Sherbrooke entend déposer des scénarios pour la revitalisation de la prison Winter à la Ville de Sherbrooke avant l’adoption du budget d’immobilisation 2020 de la municipalité.

Trois scénarios pour la prison Winter

PRIMEUR / Au moins trois scénarios pour permettre l’ouverture de la prison Winter au public devraient être déposés aux élus municipaux d’ici la mi-septembre. À la lumière de la visite récente d’une poignée d’élus et d’employés de Destination Sherbrooke que rapportait La Tribune mercredi matin, une nouvelle tentative de sauver le vieil établissement carcéral est sur les rails.

Le directeur par intérim du Musée d’histoire de Sherbrooke, David Lacoste, reprend le mandat de son prédécesseur, Michel Harnois, de sauver et de mettre en valeur le bâtiment construit en 1865. Il estime qu’il serait souhaitable d’offrir des activités d’interprétation à la prison Winter et qu’il est réaliste d’envisager un projet pour l’été 2021.

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« J’étais présent lors de la dernière visite et j’étais là pour vendre l’idée d’un circuit d’interprétation. Avons-nous besoin de rénover l’entièreté du bâtiment ou si nous pouvons proposer un projet intermédiaire? », interroge M. Lacoste. « Les élus nous ont dit de déposer quelque chose. Ils veulent que les choses soient attachées, mais nous avons senti un enthousiasme. »

Le comité de sauvegarde de l’ancienne prison s’est donc réuni et compte déposer un projet en prévision de l’adoption du prochain budget d’immobilisation de la Ville de Sherbrooke. « Il y aura minimalement l’option d’offrir un accès aux visiteurs, celle des activités d’interprétation et l’option totale, avec des salles de réunion, des jeux d’évasion, de l’hébergement et la restauration du mur d’enceinte et de la maison du geôlier. Ouvrir juste pour ouvrir, selon moi, ce n’est pas très intéressant. Nous souhaitons au moins de l’interprétation. »

Dans les dernières années, le chiffre de 7 M$ avait été avancé pour réaliser un projet entier, dont 1,1 M$ pour réparer le mur d’enceinte unique au Canada. « Nous connaissons la réalité du ministère de la Culture et celle de la Ville de Sherbrooke. Bien sûr, si on nous donne 7 M$, nous serons bien contents, mais nous pensons qu’il y a probablement d’autres priorités. »

Le montant dévoilé par La Tribune mercredi pour lancer des activités modestes à la prison Winter, soit entre 350 000 $ et 500 000 $, serait donc plus réaliste pour réaliser des travaux qui permettraient d’accueillir le public en toute sécurité. 

« Ça ne comprend pas la partie muséale, soit les panneaux d’interprétation ou les visites guidées. La recherche est commencée, mais elle n’est pas structurée pour organiser des visites pour le moment. Une chose est certaine, nous ne voulons pas faire exactement la même chose qu’à Trois-Rivières et nous ne voulons pas brûler notre produit en présentant quelque chose qui n’est pas suffisamment alléchant. »


« C’est le plus vieux bâtiment de brique ou de pierre à Sherbrooke.  »
David Lacoste

Une des idées avancées serait de laisser une aile de la prison pratiquement dans l’état actuel pour permettre aux visiteurs de vivre la réalité des prisonniers d’antan.

Produit d’appel?

Les étoiles se sont souvent alignées pour la prison sans jamais permettre l’aboutissement d’un projet. « Nous avons eu toutes sortes de lueurs d’espoir à travers les années. Je ne veux pas faire de la politique avec la place Nikitotek, mais avec le retour du plan Parcours, avec les plans d’animer la gorge de la rivière Magog, la prison Winter s’insère bien dans la boucle avec les trois musées. »

La prison Winter serait-elle LE produit d’appel que Sherbrooke espère tant? « Je suis convaincu que des gens partiraient de l’extérieur pour venir la visiter. Notre étude de marché de 2016 faisait état de 45 000 visiteurs annuellement, mais ça ne tenait pas compte des groupes scolaires, qui peuvent être imprévisibles. »

Les soirées de contes d’épouvante au parc de l’Ancienne-Prison démontrent un réel intérêt pour le produit, assure M. Lacoste. « C’est le plus vieux bâtiment de brique ou de pierre à Sherbrooke. Il y a un engouement chaque fois qu’il se passe quelque chose à la prison. C’est un produit que nous n’avons pas besoin de construire. Il est déjà là. Il faut seulement le rénover. »

David Lacoste estime qu’il est raisonnable de déposer différents scénarios en septembre, à temps pour l’étude du budget d’immobilisation. Celui-ci devrait être adopté autour du 18 novembre.

Rappelons que la prison Winter a fermé ses portes en 1990.