L’ouverture des propositions pour le développement du Quartier Well Sud a suscité beaucoup d’intérêt à l’hôtel de ville vendredi. La greffière Line Chabot a fait la lecture du nom de groupes ayant déposé un projet.

Trois projets pour Well Sud

La Ville de Sherbrooke a reçu trois propositions pour le développement d’un projet dans la zone prioritaire du Quartier Well Sud, soit un projet qui doit remplacer Well inc. L’ouverture des enveloppes par la greffière Line Chabot, vendredi matin, a permis de connaître les trois promoteurs, tous sherbrookois, qui chercheront à donner un nouveau souffle à la rue Wellington Sud.

Un comité de sélection se penchera donc sur les propositions de Projet Espace W, société en nom collectif, qui comprend les Immeubles Must Urbain, Pomerleau et Espacium, de Dusco (9078-2822 Québec inc.) et d’Espace Centro, composé du Groupe Custeau et des Services Exp. Le projet choisi devrait être dévoilé d’ici 12 semaines. 

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On sait bien peu de choses des propositions déposées. Les porteurs du dossier pour Dusco sont actuellement en voyage en Afrique. Le Groupe Custeau, par respect pour le processus, ne commentera pas le dossier. La Tribune a néanmoins appris que les Services Exp. déménagerait ses 200 employés de la rue Vimy au centre-ville si la candidature de ce consortium était retenue. 


« Il faut une mixité pour avoir un beau milieu de vie. »
Steve Lussier

Philippe Dusseault, des Immeubles Must Urbain, ne voulait pas dévoiler trop de détails de sa proposition. « C’est un projet qui cadre vraiment bien dans le centre-ville. Nous sommes confiants. Je pense que le consortium avait bien fait de se retirer de Well inc. dans le contexte où il se trouvait. D’aller en entente d’exclusivité, je ne suis pas sûr que c’était la bonne option. C’est sain que ça fasse partie d’une compétition. Nous ne sommes pas allés en superlatifs. Nous avons gardé un projet sobre, mais de grande qualité. Ça fera qu’il se démarquera. »

L’intérêt de trois soumissionnaires a provoqué l’enthousiasme et le soulagement chez les élus et les intervenants du centre-ville.

« C’est une excellente nouvelle. Je remercie ceux qui ont cru à notre revitalisation. J’ai toujours cru au projet. Le début des travaux est prévu pour 2020. Il faut une mixité pour avoir un beau milieu de vie », a commenté le maire Steve Lussier.

Chantal L’Espérance, présidente du comité de revitalisation du centre-ville et conseillère du district du Lac-des-Nations, a toujours cru que des promoteurs seraient intéressés. « Un consortium qui revient (Groupe Custeau) montre le potentiel de cette zone. Dans l’appel de propositions, nous avions pris en considération des éléments que la population souhaitait. »

Le président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, Alexandre Hurtubise, est heureux de voir l’intérêt des promoteurs pour le centre-ville. « On a bien hâte d’en savoir plus sur ces propositions. Nous attendons une mixité des usages et que la mobilité durable et les espaces verts soient considérés. Il est important que ces projets soient liés à des locataires. Il ne faut pas que ce soient des bâtiments vides. »

Annie Faucher, copropriétaire du Liverpool, n’avait pas caché ses inquiétudes après l’abandon du projet Well inc. « C’est comme si je venais d’expier le souffle que je retiens depuis un an qui me compressait l’estomac. Je suis contente qu’il y ait plus qu’un projet. Avec toute cette saga, le projet Well Sud était devenu sa propre antipub. On l’avait senti l’été dernier. C’était presque impossible que personne ne s’intéresse au potentiel qu’il y a au centre-ville. De voir qu’il y a un intérêt local, ça m’enchante. »

Mme Faucher espère un produit contemporain. « Il faut avancer. L’Hôtel Wellington, si on avait voulu le sauver, c’est il y a 20 ans qu’il aurait fallu s’en occuper. Maintenant, on a besoin d’un effet wow. »

« Plus ouvert, plus transparent »

Quelques élus s’étaient déplacés pour connaître les résultats, notamment Annie Godbout, Paul Gingues, Karine Godbout et Évelyne Beaudin.

« Je suis contente de voir qu’il y a trois propositions. C’est une bonne chose qu’on soit allés en appel de propositions. C’est plus ouvert, plus transparent. Le jeu est beaucoup plus ouvert », commente Karine Godbout.

Évelyne Beaudin, elle, craignait le scénario de la proposition unique. « Avec une seule proposition, on se serait sentis obligés d’aller vers le oui, et dire oui à reculons, ce n’est pas l’fun. Je me fais emporter par la vague d’excitation. La plupart des propositions sont déposées par un groupe de personnes, donc ça signifie que beaucoup de gens sont prêts à mettre leurs talents au profit de la rue Wellington Sud. Il y a de bonnes chances qu’on arrive avec un beau projet. J’espère qu’il y aura du logement social, quelque chose d’innovant qui deviendra la marque de commerce de Sherbrooke à travers le Québec. Je mets beaucoup d’espoir dans ce projet-là. »

Le conseiller Vincent Boutin a réagi sur Facebook. « Ce n’est pas la construction d’un projet immobilier qui est garant de la revitalisation de Well Sud, mais bien la capacité d’amener des gens qui vont y travailler, l’habiter et fréquenter les commerces. La dernière chose que l’on veut, ce sont des locaux vides pendant plusieurs mois. »

Marc Denault, président de la STS, rapporte pour sa part que des consultations commenceront bientôt auprès des commerçants sur les impacts des travaux entre autres sur la mobilité. La présence des autobus à la station du Dépôt pourrait y être abordée. Il salue du même coup l’idée du consortium Espace Centro d’amener 200 emplois au centre-ville.

Le Groupe Laroche, qui avait démontré de l’intérêt pour le Quartier Well Sud, a choisi de ne pas déposer de projet. Dans un communiqué, le vice-président de l’entreprise, Éric Laroche, rapporte qu’il était trop risqué de déposer « dans le cadre d’un appel de propositions dans laquelle (sic) les paramètres n’étaient pas clairement définis par rapport à un appel d’offres standard [...] ».