Cinq pharmaciennes et pharmaciens de l’Estrie figurent à la liste des membres de l’Ordre accusés d’avoir donné accès à des informations de leurs clients.
Cinq pharmaciennes et pharmaciens de l’Estrie figurent à la liste des membres de l’Ordre accusés d’avoir donné accès à des informations de leurs clients.

Trois pharmaciennes sherbrookoises accusées par leur ordre professionnel

SHERBROOKE — Trois pharmaciennes de Sherbrooke et deux pharmaciens de Lac-Mégantic sont accusés par le syndic de leur ordre professionnel d’avoir laissé à une entreprise pharmaceutique privée l’accès à des dossiers confidentiels de leur clientèle.

À Sherbrooke, Marie-Claude Lapointe, Mireille Mongeau et Kristel Gagné figurent à la liste des 73 pharmaciens affiliés à la bannière Jean Coutu qui sont visés par la plainte disciplinaire à l’Ordre des pharmaciens.

Les trois pharmaciennes exploitent une succursale située au 2340 de la rue King Est dans le secteur Fleurimont.

À Magog. les pharmaciens Norman Chicoyne et Marc-Antoine Bertrand sont visés par la procédure.

On reproche aussi à Claude Charron et Antoine Leclerc, de la pharmacie Jean-Coutu de la rue Salaberry à Lac-Mégantic, de ne pas avoir respecté le secret professionnel et d’avoir fait usage de renseignements confidentiels pour leur propre bénéfice.

Les gestes auraient été posés l’an dernier dans l’espoir de toucher une ristourne en argent par 73 pharmaciens et pharmaciennes du Québec, selon le document du Conseil de discipline.

D’après la trame factuelle générale qui se dégage de l’enquête, des représentants de la société Angita Pharma inc. auraient effectué des visites auprès de ces pharmaciens propriétaires, leur offrant la possibilité d’acquérir leurs produits pour le volet privé du régime d’assurance médicaments, faisant valoir des avantages pécuniaires.

Afin d’illustrer ces avantages, des projections financières leur auraient été présentées sur la base de rapports produits à même les dossiers-patients des membres de l’Ordre.

Suivant l’accord du propriétaire à cet effet, une procédure dite de « priorisation » des produits Angita aurait été effectuée, procédure consistant à introduire une note de rappel dans le dossier des patients assurés en vertu du volet privé du régime, lit-on dans le document de mise en accusation de l’Ordre.

« Cette procédure aurait été effectuée par un employé d’Angita qui aurait ainsi eu accès aux dossiers des patients assurés en vertu du volet privé du régime », soutient-on.

« Une fois effectuée cette procédure, une note apparait à l’écran du dossier pharmacologique du patient au moment d’un renouvellement de l’ordonnance, rappelant au pharmacien instrumentant la possibilité de substituer pour un produit générique acquis auprès d’Angita. »

Jointe à ce sujet, la pharmacienne Kristel Gagné n’a pas voulu commenter, sauf pour dire qu’« aucune donnée des clients n’est sortie » de la succursale.

Le groupe de présumés fautifs compte des pharmaciens de Drummondville, de Thetford Mines et des Bois-Francs.

Parmi les 73 intimés, 72 sont représentés par le même avocat et une seule est représentée par un avocat différent. 

Selon La Presse, l’avocat Paul Fernet a demandé que les dossiers soient traités séparément, puisque si certains de ses clients ont bien donné à Angita Pharma un accès « sévèrement encadré » aux dossiers des patients, d’autres auraient plutôt entré les données nécessaires par eux-mêmes dans les dossiers.

La firme Angita Pharma a préféré ne pas commenter « par respect pour le processus disciplinaire en cours ».

La pharmacienne sherbrookoise Marie-Claude Lapointe.