Le Dr François Lamontagn
Le Dr François Lamontagn

Trois médicaments contre la COVID-19 testés à Sherbrooke

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Des chercheurs sherbrookois testeront trois médicaments auprès de patients volontaires déclarés positifs à la COVID-19 qui sont hospitalisés au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Au cours des prochains jours, des protocoles de recherche se mettront en branle pour étudier les effets de l’antiviral Remdésivir, du Kaletra, un antiretroviral associant Lopinavir/Ritonavir, et de l’antipaludique Hydroxychloroquine.

« Les effets de ces médicaments seront testés sur des patients volontaires. Le Kaletra sera testé sur les patients soignés aux soins intensifs alors que les deux autres seront utilisés avec des patients hospitalisés sur les étages réguliers », explique le microbiologiste-infectiologue et professeur à l’Université de Sherbrooke Alex Carignan.

Ces études seront supervisées par le médecin interniste et intensiviste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et chercheur au Centre de recherche du CHUS, Dr François Lamontagne. Ce dernier a effectué deux missions en Guinée au printemps 2014 et au Libéria en septembre 2014 lors de l’éclosion de la fièvre Ebola. 

Réseau québécois COVID

Le Dr François Lamontagne vient d’ailleurs d’être nommé codirecteur du tout nouveau Réseau québécois COVID créé par le Fonds de recherche du Québec.

 « Pour l’instant, les données liées aux effets des médicaments sur la COVID-19 sont limitées. Nous participons aux efforts de recherche liée à l’Organisation mondiale de la santé », signale Alex Carignan.

Les chercheurs sherbrookois ont reçu les approbations éthiques et attendent les dernières autorisations avant que les premiers patients soient recrutés pour ces études.

« Des protocoles rigoureux sont en place pour que ces études soient faites dans le respect des patients. Il faut mesurer l’efficacité de ces médicaments en comparaison avec les effets secondaires qu’ils peuvent entraîner », mentionne le Dr Carignan.

En plus de l’Université de Sherbrooke, une dizaine de centres de recherche participent à ces études au Canada, dont l’Université McGill à Montréal.

Alex Carignan rappelle que, pour le moment, les médicaments peuvent limiter les symptômes.

« Ce que l’on veut avec ces médicaments, c’est diminuer le taux de mortalité et les séjours à l’hôpital », indique Alex Carignan.

Distanciation sociale

Il rappelle qu’aucun vaccin n’a encore été homologué pour prévenir la propagation de la COVID-19.

« Actuellement, la distanciation sociale demeure la meilleure mesure de protection pour éviter la contagion. Pour les cas confirmés, il faut les isoler », indique le microbiologiste-infectiologue et professeur à l’Université de Sherbrooke.

Le gouvernement du Canada a annoncé une aide de 275 millions $ pour soutenir la recherche médicale relative à la COVID-19.