La directrice générale de l’Office municipal de l’habitation (OMH) de Sherbrooke, Marie-Claude Bégin, accompagnée du président de l’OMH, Rémi Demers, du président du Parallèle de l’habitation sociale, Pierre Avard, et finalement, au centre, le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Alain Roy
La directrice générale de l’Office municipal de l’habitation (OMH) de Sherbrooke, Marie-Claude Bégin, accompagnée du président de l’OMH, Rémi Demers, du président du Parallèle de l’habitation sociale, Pierre Avard, et finalement, au centre, le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Alain Roy

Trente-deux ménages sans logement

Trente-deux ménages locataires sont présentement sans logement, et possiblement quatre à six autres s’ajouteront à la liste d’ici le 1er juillet.

En plus de la COVID-19 et de l’habituelle problématique concernant le prix du logement versus le revenu des locataires, les femmes victimes de violence se retrouvent parmi les personnes en recherche de logement. 

Pour le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Alain Roy, la situation actuelle est « catastrophique » puisque le taux d’inoccupation se trouve à 2,3 pour cent, ce qui équivaut à trente-deux ménages locataires sans logement.

« Un autre phénomène constaté cette année, c’est que sur les sept femmes qui sont sur nos listes de ménages locataires, cinq sur sept sont des femmes qui ont subi des violences soient physiques ou autres provenant d’un ex-conjoint, de propriétaire ou de coloc », explique M. Roy.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui amène l’Association des locataires de Sherbrooke à vouloir collaborer avec différents groupes de femmes ainsi que des maisons d’hébergement en situation de violence souligne le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke.

« C’est inacceptable dans une société riche comme la nôtre. Alors, ce que je souhaite dans un avenir prochain, c’est d’annoncer que tout le monde ait un logement permanent à partir du 1er juillet. C’est mon souhait », mentionne le président de l’Office municipal de Sherbrooke, Rémi Demers, en réaction au portrait de la situation dressée par le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke.

La situation préoccupe et inquiète l’Office municipal d’habitation (OMH) de Sherbrooke puisque chaque année des ménages se retrouvent à la rue, mais c’est encore pire avec le contexte pandémique actuel notamment.

« L’OMH de Sherbrooke n’a pas de logements libres présentement pour l’offrir aux ménages qui sont à la rue autour du 1er juillet. En fait, les gens doivent s’inscrire sur une liste d’attente chez nous pour obtenir un logement à prix modique. Le temps d’attente peut varier entre six mois et trois ans tout dépendant des logements dont les ménages ont besoin », souligne la directrice générale à l’OMH, Marie-Claude Bégin.

Près de 800 noms

Près de huit cents noms figurent sur les listes d’attente enchérit le vice-président de l’OMH et le président du Parallèle de l’habitation sociale.

« Ça renforce le fait que nous avions besoin de logements sociaux. L’année dernière, malheureusement pour différentes circonstances, aucun logement social n’a été construit à Sherbrooke », déplore le président du Parallèle de l’habitation sociale et conseiller municipal à la Ville de Sherbrooke, Pierre Avard.

Alain Roy estime aussi que la construction de logements sociaux est l’une des mesures qui permettraient d’offrir un logement permanent et convenable aux ménages locataires.

Le plan idéal pour le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, c’est dix-mille logements par année pendant cinq ans, et à Sherbrooke trois cent sur la même période de temps. 

De son côté, Marie-Claude Bégin explique que l’OMH de Sherbrooke collabore avec la Société d’habitation du Québec. Malheureusement, ils n’ont pas de réponses positives à donner aux ménages locataires pour l’instant.

« Des améliorations sont souhaitées, mais présentement nous tentons de traiter les dossiers dans les meilleurs délais », ajoute Marie-Claude Bégin.

D’ailleurs, les propriétaires sur le marché privé, qui a présentement des logements vacants, et ce, peu importe le prix ou la superficie, sont invités à communiquer avec l’OMH ou l’Association des locataires de Sherbrooke.

« Nous allons regarder si le logement peut convenir à nos besoins. Habituellement, toutes les offres sont les bienvenues », conclut la directrice générale de l’OMH.

Advenant le cas où des ménages locataires n’ont pas de logement permanent, Rémi Demers confirme que la Ville de Sherbrooke s’engage à relocaliser de façon temporaire les familles et à entreposer aussi les biens.

« Mais nous ne souhaitons pas en arriver à cette situation », souligne toutefois le président de l’Office municipal de Sherbrooke, Rémi Demers.

Alors que la situation actuelle des ménages locataires est déjà alarmante, Alain Roy ne cache pas qu’elle pourrait être pire d’ici quelques semaines.

« Il est possible qu’il y ait une deuxième vague, désolée pour l’expression à la mode, de locataires évincés. Évidemment, certains locataires n’ont pas été en mesure de payer leur loyer en avril ou en mai pour diverses raisons », précise le porte-parole de l’Association.