La résidence Treizième Nord a annoncé jeudi dernier aux familles de la trentaine d’aînés y résidant qu’elle fermerait ses portes définitivement le mercredi 13 juin.

Treizième Nord: la ministre Charbonneau promet de s’attaquer au problème

La fermeture précipitée de la résidence Treizième Nord à Sherbrooke a eu des échos, mardi, à l’Assemblée nationale. La ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation, Francine Charbonneau, se dit chagrinée que le préavis de six mois ne soit pas respecté et exprime un désir d’améliorer la situation dans un prochain mandat. Elle insiste, du même souffle, sur le fait que les aînés ne sont pas jetés à la rue, mais bien accompagnés dans leur déménagement par le système de santé québécois.

« Quand la résidence décide de fermer rapidement pour toutes sortes de raisons, quelques fois, vaut mieux assurer la sécurité des gens plutôt que d’essayer de trouver une pénalité », a souligné la ministre Charbonneau à son arrivée à l’Assemblée nationale, alors que des journalistes la questionnait sur l’impunité des résidences privées qui ne respectent pas le préavis de six mois, telles que la résidence Treizième Nord qui a annoncé jeudi dernier aux familles de la trentaine d’aînés y résidant qu’elle fermerait ses portes définitivement le mercredi 13 juin.

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« Attention, ce n’est pas un stratagème ni un complot. La résidence de Sherbrooke avait depuis plusieurs mois un manque de cinq résidents donc elle n’arrivait pas à faire ses frais. Vaut-il mieux l’obliger à rester ouverte et donner de mauvais services ou l’accompagner et faire en sorte que nos aînés aient de bons services? » demande la ministre, précisant qu’aussitôt avisés les CISSS et les CIUSSS accompagnent dans un délai très court les familles, les résidents et les propriétaires des résidences « parce que c’est pas facile de décider de fermer parce qu’on n’arrive pas à faire ses frais ».

Rappelons qu’à la fin mai, une quarantaine d’aînés âgés de 87 à 98 ans ont été forcés de déménager de leur résidence à Vallée-Jonction, en Beauce, après que les propriétaires eurent annoncé la fermeture de leur établissement et donné un préavis de seulement 48 heures aux résidents qui devaient se trouver une nouvelle adresse.

Des difficultés financières et un manque de main-d’œuvre avaient été évoqués pour expliquer la fermeture des Résidences de la Vallée.

La Coalition Avenir Québec avait alors déposé une motion, afin que le gouvernement mette en place les dispositions nécessaires pour qu’« une éviction sauvage de la sorte » ne se reproduise plus, une motion qui avait été rejetée par les libéraux de Philippe Couillard.

Francine Charbonneau

Toujours en mai, l’annonce de la fermeture de la résidence pour aînés de l’Or blanc d’Asbestos avait créé une onde de choc chez les 45 résidents et leur famille. Par contre, dans ce cas, les propriétaires de la résidence respectent le préavis de six mois avant de mettre la clé dans la porte.

« On ne peut pas tolérer que nos aînés soient traités de la sorte. On ne peut pas non plus accepter qu’ils soient forcés à déménager, sans préavis d’au moins six mois. Pourquoi la ministre laisse-t-elle tomber nos aînés et n’en fait-elle pas une priorité? Un gouvernement de la CAQ s’engage à traiter ces personnes avec tout le respect qu’elles méritent », a réagi par communiqué de presse, François Bonnardel, député de la CAQ de Granby.

Dans une situation semblable, la CAQ estime que les CISSS et les CIUSSS devraient, temporairement et pour une durée raisonnable, prendre en charge la gestion de la résidence, afin que les locataires puissent être relocalisés dans des circonstances dignes et humaines.

« Il y a quelques résidences privées qui ferment, mais beaucoup de résidences qui ouvrent aussi. On a 3000 places de plus cette année en résidences privées », a soutenu la ministre Charbonneau, qui admet que la situation actuelle peut créer un précédent, mais qui tient pour acquise la bonne volonté des propriétaires de résidences privées de personnes âgées.

La ministre responsable des Aînés ajoute que les personnes touchées sont des personnes vulnérables qui ont des recours judiciaires, mais qui n’ont pas l’énergie de les mettre en branle. « Les familles aiment mieux accompagner leurs parents ou grands-parents dans leur déménagement plutôt qu’en cour », note-t-elle.

Questionnée en chambre, la ministre répète : « C’est vrai qu’il faut avoir une attention particulière sur ces résidences privées. C’est vrai qu’il faut absolument trouver une façon de faire qui est autre, peut-être éventuellement dans une législature prochaine, mais ce qu’on vous dit, M. le Président, c’est qu’en ce moment les CISSS et les CIUSSS sont au service des familles et des aînés et accompagnent ceux-ci. » Avec Le Soleil