À cause des travaux qui seront en cours sur la rue Wellington Sud l’été prochain, la scène du Sherblues sera aménagée devant l’hôtel de ville, sur la rue Wellington Nord.
À cause des travaux qui seront en cours sur la rue Wellington Sud l’été prochain, la scène du Sherblues sera aménagée devant l’hôtel de ville, sur la rue Wellington Nord.

Travaux au centre-ville : quel impact sur le tourisme?

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Est-ce que les visiteurs pourraient délaisser les activités organisées à Sherbrooke à cause des travaux au centre-ville, cet été? Selon la présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, l’offre touristique diversifiée devrait compenser les désagréments.

Rappelons qu’à elle seule, la place Nikitotek, qui a été démantelée et mise en vente, attirait environ 7500 visiteurs, met en perspective Mme Godbout. Cependant, l’apport d’autres événements touristiques pourrait compenser ce manque à gagner, selon elle.

Difficile de ne pas comparer le tourisme de Sherbrooke à celui de Trois-Rivières, qui est une ville de même taille. Si les Trifluviens peuvent compter sur les spectacles du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco, la région n’offre toutefois pas autant de diversité que la région de Sherbrooke, aux yeux de Mme Godbout.

« Les opportunités en tourisme sont très diversifiées à Sherbrooke, c’est ce qui fait notre force, analyse-t-elle. On a pris une orientation claire cette année en ce qui concerne la place Nikitotek. [...] On est dans une année de consolidation et de réorganisation en matière de tourisme. Il y a des événements importants qui arrivent à Sherbrooke qui ne sont pas du tourisme d’agrément, mais qui vont amener leur lot de visiteurs », ajoute-t-elle, en citant notamment le congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) qui amènerait quelque 5000 personnes de partout dans le monde.

En termes de tourisme sportif, Sherbrooke n’est pas en reste, selon la présidente de Destination Sherbrooke. « J’ai croisé la semaine dernière les organisateurs de deux événements où il y avait des championnats [de patinage de vitesse et de ski de fond]. Les deux organisateurs m’ont dit qu’il manquait d’hôtels. Quand on commence à avoir des compétitions de haut niveau où plusieurs athlètes se déplacent, c’est intéressant pour Sherbrooke. On a des infrastructures intéressantes pour recevoir ces compétitions », mentionne-t-elle, rappelant que Sherbrooke est une ville d’importance en matière de tourisme au Québec.

D’ailleurs, d’autres types de tourisme devraient être étudiés par la Ville de Sherbrooke. « Le vélo est une industrie importante. Il y a beaucoup à explorer en cette matière et en termes de tourisme gourmand. Probablement que l’un des éléments forts sera de faire de Sherbrooke une destination brassicole avec le Siboire qui investit énormément et qui est créatif. Il met en valeur Sherbrooke d’une façon exceptionnelle. Il travaille en partenariat avec le Vent du Nord et le King Hall », énumère entre autres Mme Godbout, en soulignant l’importance que les gens travaillent ensemble.

Culture

La directrice générale et artistique du Théâtre Granada, Suzanne-Marie Landry, qui organise également le festival Sherblues au centre-ville, concède que les travaux vont rendre « la logistique un peu plus difficile ». « On ne sait pas encore où seront les travaux. Pour devoir mettre les scènes, on doit savoir quelles rues seront fermées. Nos scènes seront principalement installées sur la rue Wellington Nord [alors qu’elle était auparavant installée sur la rue Wellington Sud]. Deux autres scènes seront situées dans des arrières-cours », mentionne-t-elle.

« Dans trois ans, ça va être magnifique, ajoute Mme Landry, précisant que 24 % des festivaliers viennent de l’extérieur. Il faut passer au travers ces travaux sans trop que ça paraisse. On devrait être capable d’amoindrir l’impact des travaux avec nos événements. Ces événements ont des impacts économiques majeurs. Ça montre aux gens qu’il se passe quelque chose au centre-ville. Il est loin d’être mort. » 

Le directeur général de la Fête du lac des Nations, Jean-Pierre Beaudoin, n’est pas inquiet outre mesure. « Il n’y a pas de travaux majeurs aux alentours du lac des Nations. C’est arrivé certaines années et ça ne nous a pas vraiment nui. Je pense que les répercussions seront plus visibles pour certains événements estivaux au centre-ville, mais pour nous, je ne vois aucun problème », confie-t-il, mentionnant qu’environ 17 % des gens fréquentant la Fête du lac sont des visiteurs. 

Malika Bajjaje, qui organise le Festival du cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS), confie pour sa part une part d’inquiétude en ce qui concerne l’impact des travaux sur le stationnement. « La Ville nous a sécurisés, elle nous a dit qu’il n’y aura pas d’impact direct sur l’achalandage. Mais au Festival du cinéma du monde, on a déjà des problématiques de stationnement. Le stationnement de la Maison du cinéma ne sert pas qu’aux festivaliers, car la programmation normale continue lors du festival. On a déjà déposé des demandes pour faire une collaboration avec la STS, comme lors du Festival des traditions du monde », dit-elle, assurant qu’elle relancera la demande de partenariat. 

Elle n’est par contre pas inquiète pour l’affluence au Festival des traditions du monde de Sherbrooke (FTMS), qu’elle organise également, et qui se tient au parc Quintal du secteur Fleurimont. 

La proportion de touristes au FTMS était de 21,6 % en 2019. Pour le FCMS, elle était de 12,4 % en 2017.