Âgé de 24 ans, Harley Lemieux travaille au IGA Yvon Haché de Chicoutimi. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, il est chargé de faire respecter les consignes de distanciation et de protection aux clients, tout en s’assurant que les paniers soient tous, sans exception, désinfectés.
Âgé de 24 ans, Harley Lemieux travaille au IGA Yvon Haché de Chicoutimi. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, il est chargé de faire respecter les consignes de distanciation et de protection aux clients, tout en s’assurant que les paniers soient tous, sans exception, désinfectés.

[AU FRONT] Harley Lemieux, le gardien du supermarché

Ces travailleuses et travailleurs n’étaient pas destinés à être au front pendant la crise. Mais la COVID-19 a tout changé et ces personnes ont changé de tâche le temps de donner un coup de pouce collectif. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux qui ont répondu à l’appel.

— « Avez-vous des symptômes grippaux, madame ? »

— « Non »

— « Êtes-vous sûre ? »

— « Oui »

— « Sûre, sûre, sûre ? », lance Harley Lemieux, en faisant un petit clin d’oeil à la cliente du IGA Yvon Haché de Chicoutimi, qui s’apprête à faire ses courses.

Harley Lemieux a 24 ans. Originaire de Sept-Îles, mais installé au Saguenay depuis plusieurs années, le jeune homme travaille au IGA du boulevard Talbot, tout en complétant sa formation générale aux adultes. La pandémie a évidemment chamboulé ses activités professionnelles et scolaires, mais il a vite su s’adapter aux nouvelles réalités. Chaque jour de la semaine, il répète aux nombreux clients du supermarché de se laver les mains. Il leur demande s’ils n’ont pas de symptômes et, surtout, il désinfecte avec énergie et rigueur tous les paniers dont se servent les clients. Ses armes de prédilection ? Son sourire, son humour et ses bouteilles de désinfectant !

Q Chaque jour, tu es à l’entrée du IGA. Décris-nous ton rôle.

R Le poste que j’occupe présentement est de m’assurer que les clients qui entrent dans l’établissement n’aient aucun symptôme relié à la COVID-19, pour assurer la sécurité de tous, et qu’ils se tiennent à une distance de deux mètres des autres clients et des employé(e)s. À l’entrée du magasin, j’ai mis à la disposition des clients un désinfectant alcoolisé et un robinet pour qu’ils puissent se laver les mains avec de l’eau et du savon. Nos paniers sont tous désinfectés, un par un sans exception, donc je m’assure que les clients aient les mains propres avant qu’ils puissent prendre un panier et commencer à faire leurs achats.

(NDLR): Harley Lemieux ne prend d’ailleurs pas son rôle à la légère. Le jeune homme a pris soin d’interrompre la courte discussion avec la journaliste du Quotidien à toutes les fois qu’un client pénétrait dans le supermarché, afin qu’il soit au courant des consignes de distanciation et de protection en vigueur. Et il a répondu aux questions du journal durant sa journée de congé.

Q Comment réagissent les clients lorsque tu les abordes; les gens te remercient-ils pour ton travail ?

R J’aborde les clients comme s’ils étaient mes amis pour avoir une meilleure entente. Dans une entreprise, le premier contact est toujours important, donc je m’assure que les clients soient à l’aise et bien accueillis. Si l’environnement est propre et que le personnel est accueillant, ils voudront revenir. C’est rare que les clients me remercient, mais quand ça arrive, je suis très content et je leur retourne le compliment!

Q Est-ce que c’était important pour toi de rester au travail, même si tu te mets à risque en fréquentant autant de personnes ?

R Oui, c’était important pour moi de rester au travail, afin d’assurer la propreté des paniers en tout temps. Je me lave les mains très souvent, je mets des gants sanitaires et j’utilise des produits nettoyants qui me sont fournis pour ma protection. C’est important de nettoyer tous les paniers afin d’éliminer les virus pouvant infecter plusieurs personnes et éviter ainsi la transmission entre les employés et les clients. Si les gens se présentent sans symptôme, qu’ils respectent les règles de distanciation, pour ma part, je suis protégé et je n’ai pas de crainte.

Q Comment vis-tu la situation ? Te sens-tu utile ?

R La situation est évidemment très différente de la vie normale. Comme tout le monde, je suis habitué d’être libre. Personnellement, je respecte le confinement et les règles du gouvernement, donc j’essaie de me tenir à l’écart des autres le plus possible. Après un mois de contacts avec plusieurs milliers de personnes, je n’ai aucun symptôme. Il y a des risques, comme tout le monde, mais pour l’instant, tout se passe très bien de mon côté. Face à ce virus, je suis important sur mon lieu de travail, car je tiens l’environnement aussi propre que je le peux.

Q Les journées doivent être assez chargées, as-tu le temps de te reposer un peu ?

R Mes journées débutent à 7h le matin et se terminent à 17h. J’ai deux pauses de quinze minutes et une heure de dîner par jour, mais je prends rarement mes pauses, car je suis habitué de bouger sans arrêt ! Mais neuf heures debout à bouger, ça peut devenir très dur, mais le plus dur, dans ce que je fais, c’est répéter sans cesse la même question à des milliers de gens en même temps tout en restant à l’affût ! Je dois toujours garder un oeil sur les clients pour m’assurer qu’ils respectent les règles. Mon seul repos est lorsque je dors le soir ! Je fais ce travail 45 heures par semaine, du lundi au vendredi.