À défaut de pouvoir tirer en compétitions dans les prochains mois, Alexandra Paquette répond à l’appel du gouvernement pour devenir préposée aux bénéficiaires.
À défaut de pouvoir tirer en compétitions dans les prochains mois, Alexandra Paquette répond à l’appel du gouvernement pour devenir préposée aux bénéficiaires.

Alexandra Paquette: d’archère à préposée aux bénéficiaires

À défaut de pouvoir tirer en compétitions dans les prochains mois, une archère de l’Outaouais répond à l’appel du gouvernement pour devenir préposée aux bénéficiaires.

Alexandra Paquette fait partie des 79 000 personnes qui ont soumis jusqu’ici leur nom au programme de formation accélérée lancée par Québec. Reste à voir si la vice-championne du monde cadette de 2017 en tir à l’arc sera retenue.

«Ma grand-mère était infirmière. Ma grand-mère l’était aussi. Et moi j’étudie en ce moment pour le devenir», souligne la jeune femme âgée de 19 ans, qui a grandi à Quyon.

Paquette vient de terminer la première de trois années sur les bancs d’école du cégep Heritage en soins infirmiers, conservant une moyenne académique de 84 % aux sessions d’automne et d’hiver. Elle rêve de travailler un jour dans sa région natale du Pontiac et non la quitter comme plusieurs autres jeunes adultes.

L’étudiante-athlète a les yeux rivés sur l’hôpital de Shawville où elle aimerait faire éventuellement carrière.

«Je vois comment il manque du personnel, dit-elle.

«J’aime la biologie et j’aime les interactions entre le patient et l’infirmière. J’aime aussi ma communauté. C’est un mélange de tout ça qui fait que j’aimerais travailler là-bas.»

La pandémie aurait pu changer son choix de carrière. Au contraire. Elle est venue le valider.

«Avec la COVID-19, il y a plus que jamais un besoin pour des infirmières. Je suis un peu déçue que je n’aie pas commencé mes études en soins infirmiers un an plus tôt. Je serais peut-être déjà capable de redonner à la communauté, mentionne Paquette.

Alexandra Paquette

«En attendant, j’espère bien que je serai choisie comme préposée aux bénéficiaires.»

Durant son confinement chez ses parents, l’archère a pu continuer à peaufiner sa technique à l’arc à poulies. Une cible a même été installée récemment chez elle.

«Je suis chanceuse. Il y a une petite colline sur le coin du terrain qui offre un peu de protection», souligne-t-elle.

«Je dirais que j’ai même pu pratiquer plus qu’auparavant depuis le début de tout ça.»

Mais il reste que rien ne peut remplacer le plaisir et le défi des compétitions.

Double médaillée d’or aux Jeux du Canada en 2019, Alexandra Paquette aurait été une des favorites cet été aux championnats canadiens. Elle continuera à se préparer en vue des championnats du monde juniors de 2021, qui auraient lieu en Australie.

«Mais c’est difficile de recréer à l’entraînement la pression retrouvée en compétition. Ce n’est pas la même ambiance.»

Paquette ignore quand elle pourra tirer contre des adversaires. Car les mesures de distanciation risquent de poser un problème à certains endroits.

«Ça dépend des terrains. Des fois nous sommes collés un contre l’autre. Tu retrouves 2,5 personnes à tirer dans chaque mètre.»

En attendant, l’espoir du tir à l’arc canadien peut profiter d’une nouvelle aide financière. Elle fait partie des 21 boursières de la 11e édition du programme de bourses La Capitale au sein de la Fondation de l’athlète d’excellence du Québec.

On lui a remis un chèque de 4000$, la semaine dernière.

Deux autres athlètes de la région, le patineur artistique Joseph Phan, d’Aylmer, et la skieuse de fond Katherine Stewart-Jones, ont obtenu une aide similaire.