COVID-19: des policiers retraités en renfort à la santé publique

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COVID-19: des policiers retraités en renfort à la santé publique

Élisabeth Fleury
Élisabeth Fleury
Le Soleil
Avec le déconfinement de plusieurs secteurs d’activités et la plus grande circulation de la population, les enquêtes épidémiologiques se complexifient. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on a décidé de faire appel à des policiers retraités pour aider les équipes de la santé publique à retracer les contacts des cas confirmés de COVID-19.

Le projet du CIUSSS, calqué sur ce qui se fait dans certaines régions «chaudes», a été présenté le mois dernier à la Fraternité des policiers retraités du Service de police de la Ville de Québec et de la Sûreté du Québec, explique en entrevue Nathalie Beaulieu, coordonnatrice du service de prévention et de protection des maladies infectieuses. 

«On a fait publier une annonce dans leur groupe, et la réponse a été très positive. Il y a plus d’une vingtaine de policiers retraités [certains sont d’anciens enquêteurs, d’autres non] qui ont rapidement levé la main pour nous aider à faire face à la pandémie», se réjouit Mme Beaulieu, précisant que quatre premiers policiers joindront les équipes de la santé publique dès mercredi. 

Pourquoi des policiers en renfort? «Une direction de santé publique doit toujours rester agile dans une pandémie, et rester agile, ça veut dire s’adapter à la réalité. Avant, pendant le confinement, faire une enquête, c’était quand même simple puisque les gens étaient chez eux. Mais maintenant qu’on a commencé le déconfinement, les personnes se rendent [à différents endroits], ce qui complexifie nos enquêtes» parce qu’il y a davantage de personnes à joindre, «l’ami d’un ami dont on n’a pas le numéro de téléphone, par exemple», explique Mme Beaulieu. 

«On a vraiment un nouveau défi, on le sent maintenant dans nos enquêtes. Un cas positif, ça peut amener de 30 à 40 contacts à appeler. Et on ne se le cachera pas, les policiers ont une expertise, ils sont habitués de trouver des gens», souligne-t-elle. 

Nathalie Beaulieu assure que ce n’est pas un problème de sous-effectifs à la santé publique qui justifie cette initiative, bien qu’elle convienne que les infirmières auront besoin de vacances cet été, surtout si une seconde vague frappe à l’automne. 

«On n’a jamais manqué de monde et on a toujours été capable de faire des enquêtes rigoureuses. Mais si on veut continuer à être rigoureux dans nos enquêtes, il faut revoir notre façon de faire avec les policiers», expose Mme Beaulieu.

CHSLD: l'armée pourrait être appelée à témoigner

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CHSLD: l'armée pourrait être appelée à témoigner

La Presse Canadienne
OTTAWA — Les membres des Forces armées canadiennes travaillant dans des foyers de soins de longue durée pourraient témoigner dans le cadre de poursuites contre les établissements.

En avril et mai, des centaines de militaires ont été déployés dans environ 25 foyers de soins durement touchés par la COVID-19, en Ontario et au Québec.

Des rapports militaires accablants indiquent que les troupes ont trouvé des abus et de la négligence dans des foyers, notamment des infestations d’insectes, une alimentation agressive des résidents (jusqu’à l’étouffement), des saignements et des résidents qui ont pleuré pendant des heures, demandant de l’aide.

Stephen Birman et Lucy Jackson, du cabinet d’avocats Thomson Rogers, mènent un projet de recours collectif de 20 millions $ intenté contre Altamonte Care Community, au nom des résidents du centre torontois et de leurs familles.

Ils disent que les observations des troupes pourraient être essentielles pour prouver les réclamations. Ils comptent essayer de recueillir les déclarations des membres du service, dans le cadre du recours.

«Les militaires sont en mesure de fournir des preuves très utiles, a dit M. Birman. Ils sont entrés en tant que tierce partie, en tant qu’observateurs objectifs. Ils ont vu et identifié une situation horrible et choquante qui n’aurait peut-être jamais été révélée à ce point, sans leur participation.»

Le rapport sur le centre Altamonte inclut des allégations selon lesquelles la plupart des résidents n’ont pas eu leurs médicaments et n’ont pas été nourris de façon appropriée.

On peut aussi y lire que beaucoup d’entre eux ont été laissés au lit pendant de longues périodes, sans avoir été déplacés ou lavés.

La pénurie de personnel et la formation suscitaient également des inquiétudes.

La semaine dernière, il y avait plus de 1 000 militaires dans 15 établissements de soins de longue durée au Québec, et près de 500 dans cinq foyers de l’Ontario.

Au Québec, l’armée pourrait rester en place jusqu’en septembre, dans les établissements de soins de longue durée. Des discussions sont en cours entre Ottawa et le gouvernement provincial.

En Ontario, les responsables ont confirmé dimanche que les opérations à Orchard Villa à Pickering, avaient pris fin. Les militaires semblaient prêts à se diriger vers un autre centre à Vaughan, au nord de Toronto.

«Nous pouvons confirmer que les FAC sont à Woodbridge Vista pour une évaluation, a dit Gillian Sloggett, porte-parole de la ministre des Soins de longue durée de l’Ontario, Merrilee Fullerton. Nous sommes reconnaissants du soutien continu des FAC et nous aurons plus de détails dans les prochains jours.»

Le ministère de la Défense nationale affirme que les militaires ont l’obligation de faire part de leurs observations au cours de toute mission.

Le ministère reconnaît aussi que l’armée peut être appelée à témoigner dans le cadre de procédures judiciaires.

Alexandra Paquette: d’archère à préposée aux bénéficiaires

Tir à l'arc

Alexandra Paquette: d’archère à préposée aux bénéficiaires

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
À défaut de pouvoir tirer en compétitions dans les prochains mois, une archère de l’Outaouais répond à l’appel du gouvernement pour devenir préposée aux bénéficiaires.

Alexandra Paquette fait partie des 79 000 personnes qui ont soumis jusqu’ici leur nom au programme de formation accélérée lancée par Québec. Reste à voir si la vice-championne du monde cadette de 2017 en tir à l’arc sera retenue.

Préposés en CHSLD: plus de 72 000 candidats et 12 jours pour s’organiser

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Préposés en CHSLD: plus de 72 000 candidats et 12 jours pour s’organiser

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Pour sa formation accélérée payée de préposé en CHSLD, le gouvernement québécois vient de recevoir plus de 72 000 candidatures en 32 heures. Impressionnant. Reste à passer tout ce beau monde au crible pour garder les 10 000 meilleurs et les asseoir en classe dans 12 jours.

À 19h, mercredi, la pile virtuelle s’élevait à 72 170 inscriptions individuelles. Sans compter que le système informatique gouvernemental a détecté 9 à 10% de doublons, ce qui fait grimper le total à 79 308 dossiers à trier. Et la période d’inscription se poursuit jusqu’à vendredi, 17h.

«Si on a vraiment davantage de locaux et suffisamment de professeurs et d’enseignants, peut-être qu’on pourra aller un peu au-dessus de 10 000. Mais à ce moment-ci, notre cible, c’est de bien sélectionner les gens en fonction des critères. Puis nos critères, c’est : minimum secondaire 3, minimum 18 ans, évidemment pas d’antécédents judiciaires, bonne santé physique», a énuméré mardi le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, avant de siéger à l’Assemblée nationale.

«Une fois qu’on a ces critères de base, on peut être convoqué en entrevue pour vérifier ensuite la motivation et les habiletés relationnelles. Je suis confiant qu’avec toutes ces personnes-là qui ont levé la main, qu’on va être capables de trouver 10 000 excellents candidats et excellentes candidates», affirme Jean-François Roberge.

Voici le nombre d'inscriptions par région sur les 79 308, donc avec les doublons, en date de mercredi à 19h :

- Abitibi-Témiscamingue : 683
- Bas-Saint-Laurent : 1153
- Capitale-Nationale : 4198
- Centre-du-Québec : 2322
- Chaudière-Appalaches : 1999
- Côte-Nord : 467
- Estrie : 3225
- Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine : 462
- Lanaudière : 5162
- Laurentides : 5336
- Laval : 4937
- Mauricie : 2169
- Montérégie : 11 243
- Montréal : 30 642
- Nord-du-Québec : 339
- Outaouais : 3256
- Saguenay–Lac-Saint-Jean : 1715

Juste pour la région de Québec, le CIUSS estime avoir besoin de 300 préposés de plus par année pour travailler dans les CHSLD publics du territoire de la Capitale-Nationale, et ce, au cours des cinq prochaines années.

La formation donnée à compter du 15 juin dans 52 des 220 centres de formation professionnelle du Québec, le quart, rapportera 21 $ l’heure (760 $ par semaine) à ses étudiants. Pour ensuite déboucher sur un emploi à temps plein de préposé en centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) au taux horaire de 26 $ (940 $ par semaine).

Une entraîneuse privée du Lac-Saint-Jean veut devenir préposée

Actualités

Une entraîneuse privée du Lac-Saint-Jean veut devenir préposée

Emilie Gagnon
Le Quotidien
Certaines personnes pourraient être tentées de changer de carrière en visionnant la nouvelle campagne lancée mardi midi par le gouvernement du Québec visant le recrutement de 10 000 préposés aux bénéficiaires en CHSLD. C’est entre autres le cas pour Nadia Tremblay, une entraîneuse privée du Lac-Saint-Jean qui exerçait son métier depuis 21 ans, mais qui a décidé de faire un virage à 180 degrés en s’inscrivant à cette nouvelle formation payée d’une durée de trois mois.

« Vous comprendrez que j’ai entendu l’appel de notre premier ministre, François Legault, peut-on lire sur sa page Facebook Coach Nadia Tremblay. Je me suis engagée parce que j’ai le pouvoir et le désir de faire une différence. »

Boxeuse et infirmière, Kim Clavel récompensée pour son combat contre la COVID-19

Boxe

Boxeuse et infirmière, Kim Clavel récompensée pour son combat contre la COVID-19

Neil Davidson
La Presse Canadienne
La Québécoise Kim Clavel, championne des poids légers de la NABF, qui a repris son poste en soins infirmiers lorsque la pandémie mondiale de coronavirus a interrompu sa carrière de boxeuse, est la lauréate du prix Pat Tillman pour son implication en faveur de la communauté.

Le prix, décerné à la mémoire de l’ancien joueur de la NFL et de l’armée américaine, sera présenté au salon ESPY Awards 2020, le 21 juin. Créé en 2014, ce prix honore une personne «ayant un lien fort avec le sport qui a servi les autres d’une façon qui fait écho à l’héritage de Tillman.»

«En choisissant de revenir sur la première ligne des soins de santé en plein coeur d’une pandémie mondiale sans précédent, Kim incarne l’esprit de service, de devoir et d’altruisme que Pat incarnait, a commenté Marie Tillman, la veuve de Tillman qui est présidente du conseil d’administration et cofondatrice de la Fondation Pat Tillman.

«Malgré les dangers de la COVID et la mise en veilleuse de sa carrière naissante de boxeuse, Kim a choisi de concentrer son énergie sur ceux qui en ont le plus besoin. Au nom de Pat, nous sommes honorés de remettre le prix Tillman à Kim pour son implication et son leadership dans le cadre de son travail dans les soins de santé tout au long de cette crise.»

Clavel, âgée de 29 ans, qui a fait ses débuts dans la boxe professionnelle en décembre 2017, a pris un congé d’un an du Centre hospitalier régional de Lanaudière dans sa ville natale de Joliette en août dernier pour se concentrer sur sa carrière après six ans en poste.

Clavel (11-0-0 avec deux K.-O.) a remporté une décision unanime contre la Mexicaine Esmeralda Gaona Sagahon en décembre à Montréal pour mettre la main sur le titre vacant NABF des 108 livres.

Clavel devait affronter l’ancienne championne de la WBC et de l’IFC, Esmeralda Moreno, lors d’un combat sans titre lors de l’événement principal d’un programme à Montréal le 21 mars. C’était censé être le premier combat de Clavel avec son nouveau promoteur, Yvon Michel.

«C’était vraiment un combat important, a confié Clavel, qui a fait venir des partenaires d’entraînement du Mexique pour se préparer. J’ai eu un très, très bon camp d’entraînement. J’y ai dépensé beaucoup d’argent.»

Faire la différence

Mais le combat a été annulé une semaine avant et Clavel a troqué ses gants de boxe pour son uniforme d’infirmière.

«Un combat différent», a reconnu Clavel, qui a commencé à travailler le jour même où elle était censée monter sur le ring.

La boxeuse a précisé que l’annulation du combat l’avait d’abord attristée. Mais elle a vu les choses différemment quelques jours plus tard.

«Je me suis dit: "OK, je suis en bonne santé, j’ai deux bras, deux jambes et je peux faire la différence. Je veux le faire"», a-t-elle confié.

Elle a donc contacté le gouvernement provincial et envoyé son curriculum «partout».

«Ils m’ont rappelé très rapidement, a-t-elle dit. Je suis allée travailler le 21.»

Depuis, Clavel a travaillé comme infirmière dans plusieurs centres d’hébergement et de soins de longue durée à Montréal - faisant souvent des quarts de nuit.

Ça n’a pas toujours été facile.

«Ils ne comprennent pas la situation», a-t-elle dit à propos de certains de ses patients.

D’autres ont enrichi la vie de Clavel.

«Je sais que je peux les aider, mais ils m’aident aussi, a-t-elle noté. Parfois, je leur parle et ils savent tellement de choses et ils aiment partager leurs connaissances avec les autres. C’est incroyable.»

Clavel, classée no 3 par la WBC et IBF et no 7 par la WBA, prévoit reprendre les combats dès que les conditions le permettront. Entre-temps, elle s’entraîne de son mieux, faisant de la course à pied, du «shadow-boxing», du saut à la corde et du yoga.

«Je fais beaucoup de choses, mais ce n’est pas la même chose que d’être au gymnase. Mais c’est OK.

«Je reste en forme. Et quand tout reviendra à la normale, je ne partirai pas de zéro. Je suis en bonne santé en ce moment, je n’ai pas trop pris de poids. Je ne suis pas loin de mon poids de combat.»

À la suite des attentats du 11 septembre, Tillman a quitté les Cardinals de l’Arizona pour s’enrôler dans l’armée. Sa famille et ses amis ont créé la Fondation Pat Tillman après sa mort en avril 2004 alors qu’il était au service du 75e régiment des Rangers en Afghanistan.

De nouvelles façons de travailler dans les salons de coiffure

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De nouvelles façons de travailler dans les salons de coiffure

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Après des mois d’inactivité en raison de la pandémie de COVID-19, les salons de coiffure ont officiellement pu rouvrir leurs portes lundi partout au Québec. Des salons de l’Outaouais ont donc pu reprendre leurs activités, tant et aussi longtemps qu’ils respectent les consignes gouvernementales en matière de distanciation physique.

Le salon Coiffure NU, situé sur le boulevard Gréber à Gatineau, fêtait son 15e anniversaire lundi. Cette réouverture, bien qu’elle comporte son lot d’ajustements, est un beau cadeau pour le propriétaire de l’entreprise, Elie Zeinoun.

Les volontaires aux essais «Challenge» veulent aider la société

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Les volontaires aux essais «Challenge» veulent aider la société

Jean-Benoit Legault
La Presse canadienne
MONTRÉAL — Il n’y a rien d’évident à se porter volontaire pour recevoir un virus potentiellement dangereux, dans le but de tester l’efficacité d’un vaccin éventuel.

C’est pourtant le risque que sont apparemment prêtes à courir quelque 27 000 personnes provenant d’une centaine de pays, dans le but d’accélérer de quelques mois la mise au point d’un vaccin contre le coronavirus.

«Tout ce que je peux faire pour aider, a ainsi résumé Alexandre Rodgers, un jeune homme de 27 ans de la région de Sherbrooke qui s’est inscrit sur le site 1daysooner.org. Chaque journée épargnée pour disposer d’un vaccin correspond à des vies sauvées.»

Une centaine de vaccins sont actuellement en développement à travers le monde pour combattre le coronavirus, mais seulement une dizaine ont jusqu’à présent été administrés à une poignée d’humains.

Des essais de type «challenge» sont normalement organisés vers la fin du développement d’un vaccin, afin d’en tester l’efficacité. Ils pourraient survenir beaucoup plus tôt dans le cas du coronavirus, même si aucun n’est pour le moment prévu.

«C’est ça que je trouve intéressant, a dit Bernard Cooper, un Montréalais de 52 ans. On accélère par des mois et des mois (le développement d’un vaccin) et on a une situation beaucoup plus contrôlée.»

Entre altruisme et égoïsme

Tous les volontaires avec qui La Presse canadienne a pu s’entretenir tiennent essentiellement le même discours: ils sont touchés, voire bouleversés, par la situation actuelle et cherchent des stratégies pour aider.

«Personnellement, individuellement, le virus ne m’inquiète pas beaucoup, a expliqué Dane Stewart, un jeune homme de 27 ans du quartier Notre-Dame-de-Grâce. Statistiquement, les chances sont en ma faveur. Mais dès que je regarde quel impact le virus pourrait avoir à l’extérieur de ma bulle immédiate, ou sur les gens de ma communauté, ça m’inquiète beaucoup plus.»

D’autant plus que le confinement rendu nécessaire par la pandémie engendre lui-même son lot de répercussions parfois graves, rappelle Alexandre Rodgers, qui cite en exemple une hausse des situations de violence domestique ou encore les enfants qui, privés de leurs petits camarades, voient leur socialisation brimée.

«La COVID-19 domine les médias, mais ce n’est pas le seul problème actuellement et je pense que prendre le contrôle de la COVID-19 aussi rapidement que possible est important pour le bien-être général de tout le monde», a-t-il dit.

M. Cooper hésite à dire si ses motivations sont altruistes ou égoïstes, car selon lui la démarcation entre les deux peut parfois être très mince.

«Entre altruisme et égoïsme, pour bien des choses, je pense que la ligne n’est jamais très claire, dans le sens que si ça me dérange particulièrement de voir les autres malheureux, angoissés, confinés, leur vie perturbée, ça m’affecte, je suis connecté aux autres et à la société, a-t-il dit.

«On le fait parce qu’on veut avancer les choses pour les autres, et ça soulagera aussi certaines inquiétudes que nous on peut avoir pour les autres, pour nos proches. Les gens veulent participer, ils veulent faire partie de la solution, donc à quel point c’est entièrement altruiste, je l’ignore. Pour moi la question ne se pose pas vraiment. Altruiste, égoïste, c’est un peu des deux.»

Risques pour la santé

Reste que le SRAS-CoV-2 n’a rien d’une blague et qu’on ne doit surtout pas le prendre à la légère, surtout si le fait d’y être exposé dans le cadre d’un essai de type ‘challenge’ devait servir à tester l’efficacité d’un vaccin dont les preuves resteraient encore à faire.

Oui, un pourcentage encore incertain de gens ne présentent aucun symptôme, mais d’autres, y compris des jeunes dans la force de l’âge et sans problèmes de santé particuliers, passent à un cheveu d’y laisser leur peau, quand l’issue n’est pas encore plus dramatique.

Et c’est sans compter que les médecins ne cessent de découvrir de nouveaux dommages que le virus est susceptible de causer à l’organisme.

«Je pense (que le coronavirus) pose un risque différent pour différents segments de la population, et j’appartiens à un segment dont le risque est plus faible», a dit M. Stewart.

M. Rodgers tient des propos similaires, tout en admettant que des jeunes comme M. Stewart et lui ont éprouvé de graves problèmes de santé après avoir été infectés.

Mais même M. Cooper, qui a pourtant deux fois leur âge, n’est pas particulièrement inquiet.

«Si on évalue ça sobrement, les risques ne sont pas énormes, a-t-il dit. Je ne ferais pas ça si j’avais 65 ans. C’est sûr que 52 (ans) c’est peut-être un peu plus à risque que d’avoir 30 ans, mais je pense que c’est un risque très tolérable d’après les informations que j’ai sur les risques associés.»

Les trois volontaires sont aussi réconfortés par le fait que, dans le cas où ils seraient invités à participer à un essai de type «challenge», ils auraient accès aux meilleurs soins possible.

«Paradoxalement, dans ce genre d’essai (clinique), les gens sont tellement suivis de près et dès le début, s’il y a des symptômes, tu as accès à des soins de santé avant même que ça devienne dangereux, a rappelé M. Cooper.

«Je ne serais pas inquiet si la pire des choses c’est d’avoir les symptômes d’une grippe dégueulasse, je me dirais, ‘ok, je l’ai cherché, j’espère que ça aidera’. C’est tout.»
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Sur internet:
https://1daysooner.org/

Des coupes de cheveux gratuites pour les travailleurs de la santé chez KRWN

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Des coupes de cheveux gratuites pour les travailleurs de la santé chez KRWN

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Les barbiers de KRWN sont impatients d’accueillir leurs clients, la réouverture des salons de coiffure se faisait attendre. Mais avant toute chose, ils doivent respecter leur promesse... Celle de servir les travailleurs de la santé d’abord, gratuitement. 

Toute la journée de lundi sera consacrée aux travailleurs du domaine de la santé, toutes les succursales de la chaîne KRWN Studio hors de Montréal sont dans le coup.

«L’idée, on l’a depuis un moment. On s’est dit que c’est ce qu’on voulait faire pour donner notre part dans la crise. On a beaucoup de respect pour eux et c’était clair que c’était les premiers qu’on allait gâter», explique le fondateur et copropriétaire de KRWN, Maxime Bellemare. 

L’idée a assurément plu à tous les messieurs infirmiers, préposés ou médecins de la région. Les plages horaires se sont rapidement remplies dans les succursales de Saint-Roch, Sainte-Foy, Saint-Romuald et Saint-Gorges, même dans celle de Trois-Rivières. Il reste encore quelques places pour ceux qui appelleront lundi, à la dernière minute. 

Aucune arnaque n’était permise... L’équipe a vérifié le travail de tous les clients (les habitués comme les nouveaux) pour que cette journée soit entièrement réservée aux travailleurs de première ligne. Les autres clients de KRNW pouvaient donc commencer à réserver leur place à partir du 2 juin. 

«Une quinzaine de personnes se sont essayées... Mais notre clientèle comprend notre geste, ils savent qu’on a toujours été très impliqués dans notre communauté. On a aussi la réputation de dire notre façon de penser, on défend nos valeurs», ajoute Maxime Bellemare. 

Plusieurs travailleurs du domaine de la santé ont remercié les salons de barbier pour leur geste, certains se sont montrés très émotifs lors de la prise de rendez-vous, reconnaissants pour la belle attention.  

«C’est clair que c’est difficile pour nous, la situation est critique, c’était le temps qu’on ouvre en dehors de Montréal du moins. Mais c’était aussi important de tenir notre promesse. Ces gens-là n’ont pas arrêté du tout, malgré les risques. Ils ont soigné nos familles. On trouve important d’assumer les coûts pour cette journée-là, c’est sur le dos des barbiers et de la compagnie.»

Maxime Bellemare parle de ses collègues comme une grande famille, tout le monde voulait «embarquer» dans l’idée et donner de leur temps. Dès le 2 juin, ils seront de retour pour accueillir tout le monde et prêts à remonter la pente. Les réservations en ligne sont lancées depuis moins d’une semaine, et les plages horaires sont comblées jusqu’à la fin du mois de juillet. L'achalandage ressemble à la période de Noël.

Une équipe «SWAT» pour les zones chaudes

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Une équipe «SWAT» pour les zones chaudes

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil
EXCLUSIF / Une équipe «SWAT» dédiée aux zones chaudes dans les CHSLD et les résidences privées pour aînés verra bientôt le jour dans la région de la Capitale-Nationale.

Le Soleil a appris que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale recrute en ce moment du personnel de la santé pour cette brigade mobile et interdisciplinaire qui prêtera main-forte aux équipes déjà en place dans les milieux d’hébergement touchés par la COVID-19. 

En sept jours, environ 70 travailleurs de la santé ont levé la main pour faire partie de la brigade. Le CIUSSS espère mettre sur pied cette équipe spécialisée d’ici deux semaines.

La création de la brigade pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la COVID-19 dans la Capitale-Nationale, où la vaste majorité des décès de la COVID-19 (95 sur 101) ont été enregistrés dans les ressources d’hébergement pour aînés. 

Les soldats ont vécu des choses «exceptionellement difficiles» dans les CHSLD

Actualités

Les soldats ont vécu des choses «exceptionellement difficiles» dans les CHSLD

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
La mission de l’armée canadienne dans les CHSLD du Québec n’a pas été une partie de plaisir.

La pénurie criante de personnel dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), en pleine pandémie de COVID-19, a compliqué la tâche de soldats venus prêter main-forte au personnel soignant.

Le rapport de 60 pages rédigé par les Forces armées canadiennes et rendu public mercredi rend compte des difficultés énormes rencontrées sur le terrain par les soldats, transformés pour un temps en préposés aux bénéficiaires dans 25 CHSLD contaminés au virus et hors de contrôle sur le plan de la gestion.

Depuis le 20 avril, de nombreux soldats «ont été témoins et (ont) vécu des situations exceptionnellement difficiles dans les CHSLD», note le colonel T. M. Arsenault, en introduction du rapport, remis au gouvernement Legault mardi.

Un tel niveau de stress et de difficulté ne peut que laisser des traces. Le colonel ajoute que l'armée devra, après coup, faire en sorte de «favoriser le maintien de la bonne santé mentale de la force».

À LIRE AUSSI : Des soldats dans un CHSLD au Québec témoignent du beau, et du moins beau

Le rapport dresse un constat très factuel des situations observées par les militaires et des tâches accomplies dans chacun des établissements où ils ont oeuvré, dans la région de Montréal. Il ne donne cependant pas de détails de situations particulièrement problématiques qui ont été vécues durant cette mission.

Il en ressort un ensemble de manquements, comme la pénurie criante de personnel, particulièrement en ce qui a trait aux préposés aux bénéficiaires et aux infirmières la nuit, un taux d'absentéisme élevé, un manque de personnel ayant une formation médicale, un manque d'équipement médical, une absence de médecins de garde pour constater les décès, sans compter un laxisme dans l'application des protocoles de protection.

On conclut que le manque d'équipement médical et le manque criant de personnel ont certainement eu un impact sur la qualité des soins offerts aux patients, incluant les soins d'hygiène de base.

Dans certains établissements, on a par ailleurs observé des conflits entre employés. «Ces conflits portaient principalement sur le nombre d'heures de travail, la gestion de l'établissement, l'assiduité des employés et le manque important d'infirmières. Un coordonnateur a menacé d'arrêter de travailler si des infirmières supplémentaires n'étaient pas embauchées.»

À certains endroits, le manque d'assiduité du personnel semble avoir été une source continuelle de friction: «plusieurs arrivaient en retard pour leur quart et s'absentaient pendant de longues périodes» pouvant aller jusqu'à deux heures.

L'opération militaire au Québec, qui est toujours en cours, a nécessité à ce jour la contribution de 1350 membres des Forces armées, dont 1050 soldats dépêchés dans 25 CHSLD.

Le gouvernement Legault souhaite prolonger la mission jusqu'à la mi-septembre, mais le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a dit en entrevue à la CBC que ce n'était pas possible d'assurer que les militaires travaillent encore pendant près de quatre mois, sept jours sur sept, 12 heures par jour.

Les auteurs du rapport notent que la présence des militaires a permis «de libérer des ressources médicales pour qu'elles effectuent des soins directs auprès des patients». L'armée a ainsi contribué à stabiliser la situation.

Les soldats devaient exercer diverses tâches, selon les besoins, comme le fait de prodiguer les soins d'hygiène, nourrir les patients, effectuer l'entretien ménager, assurer la désinfection des lieux.

Un des CHSLD les plus durement frappés par la pandémie est le Vigi Mont-Royal, où tous les patients ont attrapé le virus.

C'est aussi un des établissements où les soldats ont eu du fil à retordre.

«Nous sommes témoins quotidiennement d'employés ne respectant pas les protocoles mis en place par l'établissement», en matière d'équipement de protection, peut-on lire dans le rapport.

«Nous avons remarqué que les consignes ne sont pas respectées par certains employés civils, malgré les rappels constants faits par nos militaires», indique le compte-rendu.

Il s'agit d'un des CHSLD où l'approvisionnement semble avoir été un problème. Notamment, «une livraison de narcotiques semble avoir disparu et l'approvisionnement au sein des unités de soins est difficile. Un manque d'équipement médical est souvent noté lors des changements de quart et les militaires ont dû intervenir à plusieurs reprises pour offrir des solutions afin de permettre au personnel soignant d'effectuer leur travail de manière sécuritaire».

Au total, la direction des Forces armées estime que la présence des soldats a certainement «amélioré la qualité de vie d'un grand nombre de personnes et aidé à restaurer la dignité des personnes en fin de vie».

Des fonctionnaires dans les CHSLD cet été? [VIDÉO]

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Des fonctionnaires dans les CHSLD cet été? [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le gouvernement Legault veut former 10 000 nouveaux préposés aux bénéficiaires cet été pour remettre les CHSLD à flot. Mais d’ici la fin de ce cours accéléré, prévue le 15 septembre, des fonctionnaires pourraient aller combler le manque de personnel toujours criant.

C’est ce qu’a révélé le premier ministre, mercredi, à la toute fin de son point de presse de 13h.

«On essaie de trouver d’autres solutions temporaires. On pourrait demander aux employés de la fonction publique d’aller travailler dans les CHSLD pour quelques mois. Mais vraiment, ce que j’aimerais, c’est de régler ça une fois pour toutes et d’avoir ces 10 000 personnes formées à temps plein», a expliqué François Legault, à propos de ce qu’il qualifie lui-même d’«énorme défi».

Un arrêté ministériel émis au début de la pandémie permet au gouvernement de redéployer un employé «dans une autre fonction ou dans un autre lieu, selon les besoins, même si le niveau d’emploi applicable à celle-ci n’est pas respecté». Dans la foulée, un appel au volontariat avait été lancé aux fonctionnaires le 20 avril.

Apprendre un métier pour 760 $ par semaine

M. Legault annonçait mercredi le programme de formation éclair payée de trois mois que son gouvernement offrira à la population.

Québec solidaire avait fait une telle proposition le 14 avril, avançant qu’une dizaine de jours de cours pourraient suffire.

«On va lancer une grosse campagne pour convaincre 10 000 personnes de s’inscrire à une formation pour devenir préposé aux bénéficiaires», a détaillé le premier ministre Legault.

«Ça va se donner dans plusieurs dizaines de centres de formation professionnelle, en partie aussi sur le terrain. On vise à recruter 10 000 personnes qui accepteraient de venir suivre une formation qui va durer de la mi-juin à la mi-septembre.

«Les personnes qui vont s’engager vont être payées pendant la formation comme des aides de services. Ça, c’est un salaire de 21 $ de l’heure, 760 $ par semaine. Et, s’ils réussissent leurs cours, après trois mois, ils vont gagner le nouveau salaire qu’on donne, qui commence à 26 $ de l’heure, donc 940 $ par semaine, 49 000 $ par année. Donc, je pense, c’est une offre qui est intéressante», a souligné M. Legault.

Infirmières et autres travailleurs de la santé manifestent pour des vacances

Santé

Infirmières et autres travailleurs de la santé manifestent pour des vacances

Lia Lévesque
La Presse Canadienne
MONTRÉAL - Le manque de répit et de vacances ne passe plus chez les travailleurs de la santé, qui l’ont exprimé par le biais de plusieurs manifestations, mercredi, devant des établissements de santé du Québec.

Des infirmières de la FIQ avec leur slogan «mortes de fatigue», des techniciennes de l’APTS et d’autres travailleurs de la santé du SCFP-FTQ et de la CSN l’ont dit sur tous les tons, pancarte en main.

«Des vacances estivales, point final», «libérez vos anges pour les vacances», «situation lamentable, vacances inestimables», pouvait-on lire sur des pancartes, lors d’une de ces manifestations sur le terrain du CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci, au Nord de l’île de Montréal.

Des représentants de ces syndicats se sont même couchés sur le trottoir, sur le boulevard Gouin, pour illustrer leur fatigue et leur exaspération.

Ils en veulent tous à l’arrêté ministériel, adopté dans le contexte de la pandémie, qui permet aux CISSS et aux CIUSSS (Centres intégrés uiversitaires de santé et de services sociaux) de refuser des congés, de reporter des vacances ou de s’en tenir au minimum.

Sur place, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, s’est adressée à ces travailleurs et aux médias: «j’ai des dizaines de professionnelles en soins, ici notamment, mais aussi partout au Québec, qui se sont données, qui ont donné tout ce qu’elles avaient, depuis trois mois maintenant. Elles ont besoin d’avoir leurs vacances; c’est le minimum qu’on peut respecter».

Mme Bédard rapporte l’état d’esprit de ses membres, les infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins: «elles sont totalement démobilisées. Pour elles, c’est une question de jours, où elles se demandent si elles vont continuer, si elles ne vont pas tomber au combat».

Elles appréhendent particulièrement une possible deuxième vague, l’automne prochain, si elles n’ont pas eu l’occasion de se reposer suffisamment d’ici là.

David Routhier, du syndicat local de l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux), a affirmé en entrevue que localement, la situation de la pandémie s’est améliorée, au point où cela ne justifie plus, selon lui, de refuser des congés ou de reporter des vacances.

«Il y a de moins en moins de résidants qui sont malades et il y a de moins en moins d’employés qui sont absents. Donc, à part Notre-Dame-de-la-Merci, où on s’est fait dire hier qu’il y avait une recrudescence, un genre de deuxième vague à l’interne, dans les autres CHSLD (de ce territoire), le taux de contamination est vraiment en baisse. Donc, on s’explique mal de dire «il faudrait couper les vacances, il faudrait réduire, au cas où». Parce que là, on se retrouve avec un surplus de personnel en CHSLD présentement», a soutenu M. Routhier.

Des techniciens et professionnels du SCFP, affilié à la FTQ, ont aussi manifesté à la même heure, cette fois devant l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal.

Mercredi était la première de trois journées de manifestations.

Des soldats dans un CHSLD au Québec témoignent du beau, et du moins beau

Actualités

Des soldats dans un CHSLD au Québec témoignent du beau, et du moins beau

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL - Le beau et le moins beau. Des soldats de l’armée canadienne qui travaillent dans un CHSLD de Montréal depuis trois semaines ont vu bien des choses: la saleté, la douleur et les sacs mortuaires, mais aussi la joie et l’apaisement sur les visages des aînés qu’ils sont venus aider.

La Presse canadienne les a rencontrés lundi après-midi, deux jours avant que l’armée ne dépose son rapport sur les CHSLD québécois. Si ce rapport résume les difficultés rencontrées sur le terrain, les soldats, eux, ont offert un témoignage de ce qu’ils ont vu - de leurs propres yeux.

À LIRE AUSSI : Les soldats ont vécu des choses exceptionnellement difficiles dans les CHSLD

Les militaires ont franchi les portes du CHSLD Vigi Mont Royal, l’un de ceux considérés comme les plus contaminés au Québec, le 1er mai dernier: ce jour-là, le bilan indiquait 196 résidants atteints de la COVID-19.

Certains d’entre eux affichaient au début mai une certaine appréhension sur ce qu’ils allaient trouver à l’intérieur. D’autres étaient tout à fait confiants: on est bien formés et on sait quoi faire, disaient-ils alors lorsque La Presse canadienne les a rencontrés une première fois.

Finalement, ce qu’ils ont vu au début du mois de mai n’était pas le chaos.

«On s’attendait à une situation plus difficile que ce qu’on a vu. On s’attendait à ce qu’ils (les résidants) soient plus mal en point que ce qu’on nous avait dit», a confié le caporal Nicholas Gagnon, rencontré lundi devant les tentes vertes de l’armée montées dans le stationnement du CHSLD.

Visiblement, il manquait de personnel sur les étages, a-t-il dit. Beaucoup de patients étaient alités. «On a vu tout de suite que des gens avaient des besoins.»

«Ça a été dur de voir ça. On ne se cachera pas les choses», a dit le grand gaillard, en tenue de combat, qui est technicien médical au sein de la 5e ambulance de campagne dans l’armée.

De voir des gens qui ont des besoins de base qui ne sont pas comblés, «c’est quelque chose qui frappe l’imaginaire».

«On s’est tout de suite mis à la tâche», a-t-il dit. Ce qui signifie donner des verres d’eau, brosser des dents, changer des couches, a-t-il expliqué.

Il est particulièrement fier d’avoir pu, avec les soldats, les soldates et le personnel du CHSLD, rassembler certains résidants dans une salle commune pour qu’ils puissent manger ensemble.

Dès son quatrième jour dans le CHSLD, «rapidement, on a vu le résultat sur leur moral».

Cela a été rendu possible parce qu’il y avait soudainement plus de bras pour déplacer les résidants, les aider à marcher ou pousser leurs fauteuils roulants.

Et aussi désinfecter la salle.

C’était l’une des responsabilités des équipes de l’armée de jour.

Si le personnel médical formé de l’armée (techniciens médicaux et infirmières) pouvait donner des soins aux résidants, les soldats et soldates ont beaucoup fait de travail de nettoyage.

De cette façon, les préposées et les infirmières pouvaient se concentrer à donner des soins aux aînés, «leur priorité», a expliqué le caporal-chef Jean-Philippe Ménard. «Car ils étaient débordés.»

«C’était très malpropre. Les vidanges, les sacs de vêtements, tout était plein, ça s’accumulait.»

Inimaginable, a-t-il dit. «Moi je ne serais pas capable de vivre là-dedans.»

«On a «clairé» les poubelles», a dit le militaire, qui opère normalement les canons des tanks, et lavé des planchers, désinfecté des chambres et des salles, instauré des zones vertes pour le personnel.

Mais fin mai, cela allait vraiment mieux au CHSLD, ont-ils dit: les employés qui étaient absents, car malades, sont tous en train de revenir au boulot.

C’est le 12e régiment blindé du Canada, basé à Valcartier, près de Québec, qui est responsable de la logistique au CHSLD Vigi de Mont-Royal. Des réservistes font aussi partie des soldats qui se sont portés volontaires pour aider, comme des membres des Voltigeurs de Québec, un régiment d’infanterie.

Le caporal Gagnon souligne que leur travail a été grandement facilité par le personnel du CHSLD et par celui de l’Institut de cardiologie de Montréal, aussi venu en renfort.

Mercredi, l’armée rapportait que 39 militaires venus aider dans des résidences pour aînés ont été infectés par la COVID-19, dont 24 au Québec.

Mais aucun d’entre eux ne l’ont été au CHSLD Vigi Mont Royal, disent les soldats.

Et même en sachant que des collègues ont été infectés, ils ne craignent pas pour eux-mêmes: l’armée leur a fourni l’équipement nécessaire et leur a montré comment bien se protéger.

Et la mort?

Les soldats interrogés n’ont pas été témoins de décès.

«Les gens mourraient surtout la nuit», a dit le caporal-chef Jean-Philippe Ménard qui a vu des sacs mortuaires «partir».

Le caporal Gagnon dit avoir vécu «les décès indirectement»: «quand on rentrait sur notre quart de travail, on voyait que des gens n’étaient plus là».

«C’était triste. On pensait aux familles, a-t-il confié. Mais on vivait aussi ça avec le sentiment du devoir accompli.» Il gardera avec lui la fierté d’avoir levé la main pour aider dès le début, et tout un bagage d’expérience médicale.

Et puis, sa formation médicale lui a permis de rester concentré sur les tâches à accomplir. «On pouvait se recueillir un peu à l’intérieur de nous-mêmes, mais le devoir continue et on devait aller donner des soins aux autres.»

Les résidants étaient surpris de voir de nouveaux visages. Certains étaient surpris, mais pas inquiets. Ils montraient de la joie et de l’apaisement, rapporte le caporal.

«On a vu beaucoup de sourires», a résumé le soldat Louis Émond des Voltigeurs de Québec.

Si la situation sortait tout de même de l’ordinaire pour le fantassin, il n’a pas hésité: «on va aider dans les autres pays, alors pourquoi pas ici?»

Pour lui, le déploiement de l’armée a démontré à quel point les soldats se sont entraidés et ont bien travaillé ensemble. Quelque chose qui augure bien pour leur prochaine mission, estime-t-il.

Le caporal Ménard a rapporté avoir entendu des gens crier de douleur: «J’ai trouvé ça dur».

Mais il dit qu’il va se souvenir de cette expérience toute sa vie. «Pour les liens créés avec les résidants, les gens rencontrés», a-t-il précisé.

Il parle de Joyce, au troisième étage.

Une dame qui aime faire tout par elle-même, mais qui ne peut plus toujours.

«J’ai lavé sa chambre. Elle en pleurait. Ça, c’est venu me chercher.»

Et puis Nassim au deuxième étage. «Toujours de bonne humeur et qui aimait faire la jasette.»

«Peut-être qu’un jour je vais pouvoir revenir les voir. Leur dire un petit bonjour», a-t-il dit les yeux souriants.

COVID-19: Ottawa se penche sur le sort des demandeurs d’asile dans les CHSLD [VIDÉO]

COVID-19

COVID-19: Ottawa se penche sur le sort des demandeurs d’asile dans les CHSLD [VIDÉO]

La Presse Canadienne
Ottawa et Québec travaillent en collaboration pour améliorer le sort des demandeurs d’asile devenus des «héros» grâce à leur travail dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Lors d’un point de presse devant sa résidence, mardi matin, le premier ministre Justin Trudeau a dit que son gouvernement était déjà à l’oeuvre pour «reconnaître ce travail et peut-être accélérer le processus» pour ces travailleurs qui sont parfois arrivés au pays de façon irrégulière.

«Je pense que les gens reconnaissent que les héros qui font un travail exceptionnel dans une situation extrêmement difficile devraient recevoir une certaine reconnaissance, mais nous avons un système d’immigration qui est robuste et rigoureux et complexe, et donc, le ministre de l’Immigration est en train de regarder attentivement quels seraient les détails d’une telle approche», a-t-il dit.

«C’est important de suivre ces processus, mais dans une situation exceptionnelle, on peut évidemment considérer des exceptions», a ajouté M. Trudeau.

La veille, le premier ministre du Québec, François Legault, a lui aussi demandé à son ministre de l’Immigration de se pencher là-dessus. Simon Jolin-Barrette doit «regarder les cas un par un» et voir s’il est possible de les qualifier comme immigrants et non pas comme réfugiés. M. Legault disait que c’est une façon de dire «merci» à ces «anges gardiens» qui veillent sur les aînés en ces temps de pandémie.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a déclaré mardi qu’Ottawa et Québec travaillaient «en étroite collaboration» pour trouver des pistes de solutions.

Cette étroite collaboration ne s’est cependant pas transposée jusqu’à la Chambre des communes.

Pour la deuxième fois en autant de jours, les conservateurs ont refusé d’accorder leur soutien à une motion du Bloc québécois qui demandait de «prioriser et d’accélérer le traitement» du dossier des demandeurs d’asile et de leur famille «dans un souci de reconnaissance du travail accompli durant la crise sanitaire actuelle».

Subvention salariale

Questionné à ce sujet pour une deuxième journée consécutive, M. Trudeau a tenté de mettre un visage sur les employés politiques qui risquent de perdre leur emploi sans la subvention salariale.

«Dans les partis politiques, il y a des gens qui travaillent comme traducteurs, comme comptables, comme réceptionnistes. (...) Nous avons créé la subvention salariale pour aider ces gens-là à pouvoir garder le travail qu’ils ont au lieu d’être congédiés, possiblement par une baisse de revenus dans l’organisation», a-t-il dit.

Mais cette logique ne tient pas la route selon le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui est revenu à la charge, mardi, pour demander au Parti libéral du Canada en particulier de renoncer à la subvention salariale pour payer ses employés.

«Je suis sûr béton que les libéraux fédéraux n’en ont pas besoin et les conservateurs n’en ont pas besoin, comme je pense que le Bloc n’en a pas besoin et n’en aura pas besoin», a lancé le chef bloquiste.

Que les néo-démocrates ou les verts aient besoin de cette subvention, «c’est plus crédible», estime M. Blanchet. Il n’a cependant pas voulu commenter le possible recours de son ancien parti, le Parti québécois, à la subvention salariale pour payer ses employés.

Retour du Parlement

La motion proposant de réunir le comité COVID-19 à raison de quatre jours par semaine sous une formule hybride a été adoptée en début de soirée mardi. Cette formule serait en vigueur pour quatre mois. Comme prévu, le NPD a appuyé le gouvernement libéral permettant de gagner le vote 28-23 grâce aussi au soutien du Parti vert.

Le gouvernement s’était assuré de l’appui du NPD en promettant de négocier avec les provinces deux semaines de congés de maladie.

Le Parti conservateur et le Bloc québécois qui plaidaient en faveur d’un retour normal des activités à la Chambre des communes, avec un nombre réduit de députés, ont voté contre la motion.

«Ce qui se dessine présentement, c’est un «deal» entre le NPD et les libéraux pour fermer le Parlement», s’est indigné M. Blanchet, qui a qualifié la manoeuvre de «coup de cochon» de leur part.

Pénurie de personnel dans les écoles: un hockeyeur en renfort

Sports

Pénurie de personnel dans les écoles: un hockeyeur en renfort

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
SHERBROOKE — Les élèves de l’école primaire de la Maisonnée ont eu droit à une belle surprise à leur retour en classe après une pause forcée. Appelé en renfort pour répondre à la pénurie de personnel en raison de la COVID-19, le hockeyeur Alex-Olivier Voyer offre quelques heures de son temps, chaque jour, en surveillant les jeunes de 5e année. 

Il est probablement devenu en un instant le surveillant le plus « cool » de la cour de récréation. Un peu grâce au rôle qu’il a joué lors de cette saison extraordinaire connue par le Phœnix de Sherbrooke. 

« J’aime ça être dans l’action et ici, ça bouge. J’anime les pauses du midi et je surveille les jeunes. On se trouve des activités à faire en respectant une certaine distanciation et on pratique quelques sports! » lance l’attaquant étoile du Phœnix. 

Cet emploi s’insérait parfaitement dans l’horaire d’Alex-Olivier Voyer. Après un entraînement en matinée, celui qui fera bientôt le saut chez les professionnels passe deux heures à l’école de Rock Forest en compagnie d’une amie, qui investit également un peu de son temps chaque jour à la Maisonnée. 

« Ma tante travaille à cette école et elle cherchait de l’aide. Je ne le fais pas vraiment pour la paie. On a du fun même si ça demeure un travail et je suis content de dépanner pendant sept ou huit semaines. »

Les personnes qui connaissent bien le jeune homme de 21 ans ne seront pas surprises de le voir contribuer à la cause. 

Rappelons que le Sherbrookois a été choisi pour représenter son équipe dans la catégorie Joueur humanitaire de la LHJMQ, allant même jusqu’à se retrouver parmi les trois finalistes lors du Gala des Rondelles d’or, présenté lors des derniers jours. 

Alex-Olivier Voyer a été coprésident d’honneur de la collecte de sang du Phœnix et a effectué des visites dans plusieurs écoles et arénas cette saison pour y rencontrer les jeunes et différentes équipes de hockey mineur. Il a également lancé un concours permettant aux jeunes de vivre l’expérience d’une journée dans la vie d’un joueur de hockey de la LHJMQ, en plus d’organiser une collecte d’équipement sportif destiné aux familles moins nanties.

Transition perturbée vers les pros

Après avoir compté 44 buts et obtenu 44 mentions d’aide à sa dernière saison dans le junior majeur, aidant ainsi le Phœnix à terminer au sommet du Top 10 de la Ligue canadienne de hockey, Alex-Olivier Voyer se prépare à vivre ses premiers moments chez les pros. 

C’est avec un contrat en poche que le joueur sherbrookois se présentera au camp d’entraînement de l’organisation des Bruins de Boston en espérant obtenir un rôle important au sein du club-école à Providence et percer un jour la LNH. 

« C’est plate ce qui se passe présentement. La COVID-19 complique un peu les choses. Il y a beaucoup de paperasse à remplir aussi. On ne sait pas quand ça va recommencer et j’ai hâte de pouvoir rejouer au hockey. Normalement, j’adapte mes entraînements en terminant mon programme en explosion pour arriver au sommet de ma forme au camp, mais on n’a pas vraiment d’indices pour le moment concernant la reprise des activités dans le hockey professionnel. »

Voyer profitera d’une nouvelle source de motivation dans les prochains jours en retrouvant son éternel partenaire d’entraînement, Thomas Grégoire, de retour à Sherbrooke après avoir vécu son confinement en famille à Baie-Comeau. 

Les deux amis pourraient d’ailleurs s’affronter à l’avenir puisque Thomas Grégoire évoluait pour les Barracudas de San Jose pendant que son frère aîné Jérémy jouait pour les Roadrunners de Tucson, également dans la Ligue américaine de hockey.

Ce qui pourrait donner naissance à une rivalité toute sherbrookoise entre ces trois partenaires d’entraînement.

Objectif : faire la différence

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Objectif : faire la différence

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Trois Sherbrookoises qui n’avaient jamais envisagé de travailler dans des CHSLD y œuvrent aujourd’hui dans un même objectif : faire la différence dans la vie de ces personnes vulnérables. Trois CHSLD différents, trois expériences fort différentes, mais une même expression pour décrire ce boulot inattendu dans leur vie : une belle expérience humaine.

Audrey Richard a perdu son emploi quand la « mise sur pause » du Québec a entraîné la fermeture temporaire du cinéma où elle travaillait. Cette étudiante, qui avait pris un congé sabbatique en prévision d’un voyage dans l’Ouest canadien, a alors pu toucher la Prestation canadienne d’urgence (PCU). « Mais j’avais envie d’aider », soutient la jeune femme de 18 ans tout juste.

Et c’est ainsi qu’elle a donné son nom pour devenir aide de service dans un CHSLD de Sherbrooke.

De son côté, Marie-Pierre Boucher prévoyait depuis longtemps un périple de trois mois en Asie avec son conjoint et leurs enfants. Le couple avait longtemps travaillé pour s’offrir une demi-année sabbatique et ce voyage bien planifié. Quand tout a été annulé, cette femme d’action avait besoin d’un défi.

Et c’est ainsi que la Sherbrookoise d’origine est devenue aide de service dans un CHSLD de Montréal où elle habite maintenant, en pleine zone rouge, auprès de patients atteints de la COVID-19.

Finalement, Daphnée Hallé était agente de bord chez Air Canada. Une fois les avions figés sur le tarmac, la Sherbrookoise d’origine s’est retrouvée confinée dans son logis pour 14 jours. « Il y avait eu des patients COVID sur mes vols. La quarantaine à la maison a été longue. Je me suis dit qu’après, quand ce serait terminé, j’allais en profiter pour faire plein de choses! » s’exclame celle qui habite à Montréal depuis quatre ans.

Un médecin canadien appelle à être plus rapide pour gérer les pandémies

COVID-19

Un médecin canadien appelle à être plus rapide pour gérer les pandémies

La Presse Canadienne
TORONTO — Un chercheur canadien, qui a conçu il y a quelques années un système mondial d'alerte rapide pour les maladies infectieuses graves, espère que dorénavant, la communauté internationale parviendra à mieux détecter l'apparition des virus et réagir rapidement aux pandémies.

Le Dr Kamran Khan, de la Faculté de médecine de l'Université de Toronto, a créé il y a quelques années Bluedot, un système qui a utilisé jusqu'ici des systèmes d'information géographique, le traitement du langage naturel et l'intelligence artificielle pour prédire la transmission de la grippe à l'échelle mondiale et suivre la propagation des virus Ebola et Zika.

En plus des outils technologiques de Bluedot, le Dr Khan a utilisé une foule de données statistiques.

Il y a quelques mois, le Dr Khan et son équipe ont été parmi les premiers au monde à alerter de l'imminence d'une pandémie du nouveau coronavirus.

La technologie de Bluedot a permis au Dr Khan de déceler le 31 décembre dernier une information annonçant qu'à Wuhan, en Chine, une éclosion de ce qui semblait être une pneumonie affectait une vingtaine de personnes.

En très peu de temps, Bluedot a pu déterminer que la maladie ressemblait au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003 et qu'elle avait la capacité de se répandre.

Le 6 janvier, le Dr Khan et son équipe ont soumis leurs constatations à un magazine scientifique. Une semaine plus tard, le virus se manifestait à Bangkok, en Thaïlande.

Le médecin canadien affirme qu'il est devenu préoccupé dès le moment où la maladie qui semblait concentrée à Wuhan est apparue dans un autre pays.

À son avis, les maladies infectieuses émergent avec une plus grande fréquence et ont de plus grands impacts dans la société. Or, il constate que les informations prennent souvent trop de temps à être disponibles à la communauté médicale et au public.

À l'Université de Toronto, certains des travaux de recherche de Kamran Khan portent principalement sur la migration humaine, le transport aérien international et la mondialisation des maladies infectieuses qui émergent et qui peuvent éclore plus d'une fois.

Une escouade de 1000 agents en prévention

Affaires

Une escouade de 1000 agents en prévention

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, en collaboration avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), annonce la mise en place d’une escouade de près de 1000 agents en prévention provenant de plusieurs ministères et organismes, dont font partie les 300 inspecteurs de la CNESST.

«Parallèlement au déconfinement partiel et à la reprise des activités économiques, j’ai souvent dit qu’il fallait faire ça en sécurité et que je n’allais pas faire de compromis en matière de santé sécurité», a indiqué au Nouvelliste le ministre Boulet.

[AU FRONT] Combattre l’invisible un coup de chiffon à la fois

Au front

[AU FRONT] Combattre l’invisible un coup de chiffon à la fois

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleurs de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

François Girard nettoie, frotte et désinfecte depuis plus de 30 ans dans les écoles primaires et secondaires de la région de Granby. La pandémie l’oblige à redoubler d’ardeur et à avoir des yeux tout le tour de la tête. Sa routine est plus que jamais collée à celle des différentes classes — et de leurs déplacements — du pavillon Saint-Luc de l’école de l’Étincelle, à Granby, où 57% de la clientèle scolaire, soit 210 élèves, est de retour depuis deux semaines.

Les dentistes s’activent pour leur réouverture

Actualités

Les dentistes s’activent pour leur réouverture

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Votre prochain rendez-vous chez le dentiste sera bien différent des précédents. Plusieurs mesures seront mises de l’avant pour assurer la sécurité des équipes dentaires et des patients dès la réouverture prévue le 1er juin.

Les milliers de dentistes du Québec ont reçu il y a quelques jours leur protocole de retour au travail. Un document de près de 60 pages qui contient plusieurs obligations et recommandations pour éviter la propagation du virus, signé entre autres par l’Ordre des dentistes, l’Institut national de santé publique du Québec, l’Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ), la CNESST et le ministère de la Santé.

Tout d’abord, plusieurs cliniques devront se passer de leur salle d’attente pour un bon moment si elles ne peuvent appliquer la règle du deux mètres faute d’espace. Les patients seront plutôt invités à attendre à l’extérieur ou dans leur voiture un appel de la secrétaire avant de pouvoir rentrer dans la clinique et d’aller directement dans la salle de traitement.

Les déplacements devront se faire masqués pour les patients comme pour le personnel et lorsque c’est possible, le protocole recommande de créer un « parcours » dans le centre dentaire pour contrôler les déplacements et éviter les rencontres dans les corridors.

Finalement, excepté pour les enfants, les accompagnateurs ne seront pas acceptés dans les cliniques et les personnes présentant des symptômes du coronavirus devront se présenter dans des centres dentaires désignés COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Des milliers de rendez-vous à reprendre

Depuis maintenant 10 semaines les rendez-vous annulés et les urgences s’accumulent dans l’horaire des dentistes.

Par exemple à la clinique du Dr Carl Tremblay, président de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec, on traite entre 80 et 100 patients par jour.

Plusieurs mois seront donc nécessaires pour arriver à reprendre le retard causé par le confinement.

Les problèmes d’approvisionnement dans le matériel de protection pourraient toutefois nuire à la reprise des activités.

« Il y a un réel problème d’approvisionnement pour l’équipement de protection que l’on doit avoir en quantité suffisante pour accueillir nos patients, que ce soit au niveau des masques que de nouvelles choses que l’on doit se procurer. Je vous donne l’exemple des blouses lavables à manches longues que les équipes vont devoir porter pour plusieurs traitements. Le système hospitalier en a acheté énormément lorsqu’il n’était plus possible de trouver des blouses jetables et maintenant rajouter quelque 3000 cliniques qui veulent s’en procurer », illustre le Dr Tremblay.

Le nombre de patients traités par jour risque également de diminuer pendant les premières semaines.

« Il y a une certaine lourdeur à appliquer toutes les mesures qu’on a mises en place et ça risque de nous demander plus de temps entre chaque patient », confirme le président de l’ACDQ.

Importants investissements

Installer des plexiglas au secrétariat, optimiser la ventilation des cliniques, équiper tout le personnel en équipement de protection supplémentaire… La réouverture des centres dentaires nécessite d’importants investissements pour les dentistes propriétaires.

Dr Tremblay évalue déjà à près de 20 000 $ les sommes investies dans sa clinique en vue de la réouverture.

Dans les plus vieilles cliniques, la mise à niveau de la ventilation peut amener des investissements de l’ordre de plusieurs milliers de dollars. Les patients doivent-ils s’attendre à une augmentation du prix des traitements?

« Ce n’est pas ce que nous souhaitons. Nous sommes en négociation avec le gouvernement afin d’avoir un soutien de leur part pour maintenir la hausse de prix à un niveau raisonnable », révèle le Dr Tremblay.         

Cérémonie religieuse en mode distanciation sociale

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Cérémonie religieuse en mode distanciation sociale

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
En ce mercredi après-midi, sous le soleil éclatant, les retraités de la résidence Chartwell Seigneuries du Carrefour ont eu la chance de participer à une liturgie de la parole afin de vivre un moment de recueillement et d’espoir.

Anny Gendron, responsable des programmes d'animation et de loisirs, est l’initiatrice de l’activité.

« Dans mon rôle, je dois m’occuper des différentes facettes de chaque personne et je veux leur offrir une variété d’activités. Je trouvais que le côté spirituel était un peu mis de côté puisque nous ne pouvions pas avoir de célébrations religieuses chaque semaine, comme à l’habitude, en raison du confinement », avance la responsable.

« Pourquoi ne pas faire venir un prêtre qui pourrait communiquer un message d’espoir et donner un peu de courage aux résidents pour continuer de passer à travers ça? », s’est dit Mme Gendron.

Elle est donc entrée en contact avec Francis Gadoury, jeune prêtre de la Famille Marie-Jeunesse depuis 12 ans. Il a animé l’événement en compagnie de Justin Ruiss et Andrée-Ann Brasseur, couple de musiciens qui animent d’ailleurs la messe du mardi sur la chaîne MAtv.

Au chant et à la guitare, ils ont contribué à l’ambiance amicale et chaleureuse, en invitant notamment les résidents à chanter et taper des mains avec eux.

La cérémonie s’est déroulée devant toutes les façades de la bâtisse, donc à cinq reprises, pour que chaque résident puisse y prendre part. 

 Une cérémonie pas comme les autres

Après avoir énoncé un court mot de bienvenue et quelques passages religieux, l’abbé Gadoury a béni l’eau et le balcon des aînés.

Les retraités de l’établissement situé sur la rue des Érables ont été invités à tracer une croix sur eux-mêmes avec leur eau bénite, puis à déposer quelques gouttes sur chaque coin de leur balcon pour compléter la bénédiction.

La « bénédiction des balcons » est un hommage à la traditionnelle « bénédiction des motos » qui a normalement lieu à cette période de l’année, mais qui a dû être annulée en raison de la pandémie.

 « Le balcon va devenir un espace sécuritaire pour nos résidents cet été, et il sera probablement très utilisé. C’est pourquoi j’ai pensé faire venir un curé pour bénir cet espace de prédilection », explique Anny Gendron.

« Ça fait du bien au moral. Je trouve que c’est très gentil de leur part d’avoir organisé ça pour nous », soutient une des résidentes, Raymonde Gadoua, qui avait l’habitude d’assister à plusieurs cérémonies religieuses.

Les résidents ont participé activement à l’activité, récitant quelques prières avec le curé et chantant certains passages des chansons, le sourire aux lèvres.

Lucie Brosseau, directrice générale, voyant les participants si ravis, se dit également très satisfaite de la cérémonie.

Divertir malgré les contraintes 

« Notre seule méthode pour divertir les résidents est de passer par l’extérieur : eux sur leur balcon, nous dans la cour », explique Mme Gendron.

Dans les dernières semaines, l’établissement a accueilli à deux reprises des musiciens mandatés pour faire chanter et danser les aînés.

Également, la visite de Cardio Plein Air et de Book humanitaire Sherbrooke a permis aux résidents de participer à une séance d’entraînement privée à partir de leur balcon. 

« On réussit quand même à trouver des idées originales malgré les contraintes », termine Anny Gendron.

[AU FRONT] La saison de l’impôt décalée par le confinement

Au front

[AU FRONT] La saison de l’impôt décalée par le confinement

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleurs de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

Pierre-Yves Lemieux a fondé la Société de comptables professionnels agréés gatinoise QuatreCPA en juillet 2017 avec trois amis de l’université après avoir travaillé dans d’autres firmes. Le comptable de 31 ans spécialisé en fiscalité a acquis d’excellentes aptitudes en négociation au fil des ans en ayant représenté des contribuables devant les autorités fiscales. M. Lemieux est aussi chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais où il enseigne la fiscalité des entreprises et des investisseurs au baccalauréat en comptabilité.

Les proches aidants peuvent désormais être admis dans les hôpitaux, dit Blais

Santé

Les proches aidants peuvent désormais être admis dans les hôpitaux, dit Blais

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Les proches aidants peuvent désormais se rendre au chevet de leurs êtres chers hospitalisés, sous certaines conditions, selon une directive envoyée au réseau mercredi soir.

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, en avait glissé un mot en matinée lors d’une commission parlementaire virtuelle, sans toutefois préciser les balises.

La directive, diffusée tard mercredi, établit que seul un proche aidant «significatif», qui était déjà présent sur une base régulière avant la pandémie, pourra apporter de l’aide et du soutien à une personne hospitalisée.

Les patients à l’hôpital doivent avoir bénéficié du soutien d’un proche aidant avant la mise en place des restrictions de visite imposées en raison de la COVID-19.

Par ailleurs, dans sa directive, le ministère de la Santé précise que la venue des proches aidants n’est permise que lorsque le séjour se prolonge au-delà de 14 jours d’hospitalisation.

«Un assouplissement pourrait être fait pour la clientèle vulnérable, telle la clientèle gériatrique (...) ou en situation de handicap», nuance-t-on toutefois.

Aucun visiteur ne sera autorisé à entrer dans les unités de chirurgie. L’accès aux centres de cancérologie sera également limité le plus possible aux patients sous traitement et au personnel, indique-t-on.

Concernant les soins de fin de vie, l’hôpital n’autorisera qu’une personne à la fois, pour un maximum de trois personnes par période de 24 heures, en favorisant les personnes significatives identifiées par le patient.

Mme Blais a suggéré lors d’un échange avec le député péquiste Harold LeBel que son gouvernement venait corriger une disparité en permettant aux proches aidants de retourner dans les hôpitaux.

«C’est une demande que nous avons reçue, a-t-elle déclaré. Les proches aidants ne comprenaient pas pourquoi ils ne pouvaient pas aller visiter un proche dans un centre hospitalier.»

Le gouvernement Legault avait déjà jeté du lest concernant les visites des proches aidants dans certains milieux de vie pour aînés.

Ainsi, le 11 mai dernier, les proches aidants «significatifs» ont pu réintégrer les CHSLD et les résidences, et ce, sans subir de test de dépistage pour la COVID-19.

Mesure populaire

Mercredi, Mme Blais a laissé entendre que la mesure était populaire : depuis une semaine et demie, 4870 proches aidants ont été admis dans les CHSLD de la province, tandis que 386 ont essuyé un refus, a-t-elle dit.

La ministre n’a pas divulgué les raisons de ces refus en commission.

Une ex-mannequin préposée aux bénéficiaires: «Ça m’a fait reconnecter avec le meilleur de moi-même»

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Une ex-mannequin préposée aux bénéficiaires: «Ça m’a fait reconnecter avec le meilleur de moi-même»

Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Marie-Ève Lavoie aurait bien pu rester chez elle pendant la pandémie qui lui a fait perdre son emploi. Elle aimait bien son travail pour le grossiste en voyages Tours Amérique mais elle se doutait que l’industrie du tourisme en aurait pour un petit bout à se relever du coup dur qu’elle venait d’encaisser. Elle a bénéficié de la Prestation canadienne d’urgence, passé du bon temps avec son petit garçon de 3 ans et demi mais, après six semaines, le travail lui manquait. Travailler, elle aime ça. Simple comme ça.

«Ce qui m’a frappée, c’est quand ils ont fait appel à l’armée. Je me suis dit que ça n’avait pas de bon sens! Je ne pouvais pas croire qu’on était rendu là!», confie celle dont le frère est membre des Forces armées canadiennes.

[AU FRONT] Changements multiples dans la construction

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[AU FRONT] Changements multiples dans la construction

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleuses de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

TROIS-RIVIÈRES — Gilles Matteau travaille dans le secteur de la construction depuis 32 ans. Le président de l’entreprise familiale Construction Julien Matteau et Fils 2007 de Trois-Rivières confie que les mesures sanitaires résultant de la COVID-19 forcent le milieu à changer ses habitudes non seulement ce qui a trait au travail sur les chantiers, mais aussi lorsque vient le temps de rencontrer des clients.

Six employés d'un Walmart de Gatineau ont contracté la COVID-19

COVID-19

Six employés d'un Walmart de Gatineau ont contracté la COVID-19

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Six employés du Walmart du boulevard de La Gappe à Gatineau ont récemment contracté la COVID-19, une situation qui force la fermeture du magasin, mardi, pour y réaliser «un nettoyage en profondeur».

Le directeur principal des affaires publiques chez Walmart Canada, Steeve Azoulay, a indiqué par écrit qu'au cours des «dernières deux semaines», six «associés» du magasin du boulevard de La Gappe «ont testé positif à la COVID-19». «Nous gardons ces associés dans nos pensées et leur souhaitons un prompt rétablissement», a-t-il ajouté en précisant que les employés infectés «continueront d'être payés».

Les employés ayant été «identifiés comme étant en contact étroit et prolongé [avec leurs collègues infectés] ont été dirigés vers l'auto-isolement».

Sur place, des clôtures ont été érigées devant les portes du magasin. Un agent de sécurité informe les gens qui se présentent que le magasin est «fermé pour la journée».

Retour à l’école: l’intérêt des enfants d’abord

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Retour à l’école: l’intérêt des enfants d’abord

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le retour en classe des élèves du primaire, la semaine dernière, ne se déroule pas de la même façon selon les familles. Alors que la décision revient aux parents de retourner leur enfant à l’école ou non pour le reste de l’année scolaire, les couples séparés qui ne s’entendent pas doivent se tourner vers les tribunaux. Voici quelques décisions rendues dans le district judiciaire de Bedford au cours des derniers jours.

Tout juste avant la rentrée du 11 mai, le juge Claude Villeneuve avait ordonné le retour en classe de deux enfants âgés de 11 et 9 ans, et ce, même si leur père s’y opposait.

[AU FRONT] Hélène Lauzier, courtière immobilière: apprendre à ralentir

Au front

[AU FRONT] Hélène Lauzier, courtière immobilière: apprendre à ralentir

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleuses de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

En 38 ans de carrière comme courtière immobilière, Hélène Lauzier n’a jamais connu de situation semblable à la pandémie actuelle. Par chance, le secteur de l’immobilier est mieux adapté au télétravail que d’autres. Le grand défi fut d’apprendre à ralentir pour cette pianiste qui est entrée dans le domaine de l’immobilier afin de donner encore plus de rythme à sa vie.

Q: Comment la crise a-t-elle affecté votre quotidien?

R: Être courtier immobilier, c’est un travail où il faut être disponible 7 jours et 7 soirs par semaine. Normalement, je cours tout le temps. Je n’arrête jamais. Je suis habituée de sortir, d’avoir une vie sociale, de voir du monde à longueur de journée, d’aller au bureau, de gérer mon agence immobilière, etc. Alors, je me suis reposée un peu. 

Le premier mois, ce n’était pas si pire. J’ai fait un grand ménage. Éventuellement, je commençais à avoir des fourmis dans les jambes, alors j’ai pris des marches avec mon chien. 

Personnellement, j’ai appris à ralentir. Je pense que cette expérience aura un effet positif sur beaucoup de monde. Il faut le voir comme ça, parce que si on ne voit que le négatif on déprime. Ça va peut-être apprendre aux gens qu’on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut tout le temps et qu’on ne peut pas tout contrôler.

Q: Comment la crise a-t-elle affecté vos activités professionnelles ?

R: C’est arrivé très soudainement. Nous avons eu des contraintes énormes quand ils ont décidé que nous n’avions plus le droit d’exercer notre profession. Évidemment, comme tout le monde qui était confiné à la maison, nous avons beaucoup travaillé par téléphone. On peut faire beaucoup de choses par téléphone, mais on ne pouvait pas faire des visites de maisons ni aller chercher de nouvelles inscriptions. 

Éventuellement, le gouvernement a changé son fusil d’épaule en disant qu’on pouvait faire des visites. Il ne voulait pas qu’il y ait une crise du logement, car il y avait des maisons vendues et des gens devaient se reloger absolument. D’abord, ils ont assoupli les règles du notaire, de sorte que les notaires peuvent faire les contrats notariés sans que les personnes soient physiquement présentes. Ensuite, ils ont permis qu’en cas d’exception le courtier puisse faire une visite pour les gens qui ont besoin de se loger avant le 31 juillet. 

Pour ma part, ça m’a permis de faire cinq transactions au mois d’avril, en plein confinement. C’étaient des urgences, des gens qui devaient se loger pour le mois de mai. J’ai eu quelqu’un qui est arrivé hier des États-Unis et qui n’a même pas vu physiquement le condo qu’il a acheté. Il a envoyé son fils, on a fait une visite virtuelle et hier il est arrivé dans le condo où il s’est mis en confinement. Il est content de la vue et du condo, mais c’est quand même un peu spécial de travailler de cette façon.

Habituellement, j’aurais pu faire une dizaine de ventes, mais c’est quand même miraculeux que j’en aie fait cinq durant le confinement. En fait, j’ai fait cinq visites et cinq ventes. Quand quelqu’un nous demandait une visite, c’est qu’il était très sérieux pour se donner la peine de sortir. 

Q: Quels sont les impacts ressentis ?

R: Nos clients qui veulent vendre trouvent le temps long. On doit les garder patients et optimistes. Au lieu de couper, j’ai doublé ma publicité. Les gens sont chez eux, ils sont confinés, alors ils ont juste ça à faire, magasiner une maison, si c’est leur projet. J’ai avisé mes clients de mon plan d’action. C’est ce que je pouvais faire de mieux : rester présente pour quand on reprendrait nos activités. 

Je crois qu’il se vend toujours environ le même nombre de maisons en une année. J’ai confiance, surtout dans une ville comme Québec. Chaque fois qu’il y a eu une crise immobilière, elle était la moins touchée. Québec était la moins touchée à cause de la stabilité des emplois. Je ne crois pas que le marché de l’immobilier de Québec va chuter comme certains se plaisent à le dire. Comme partout il y aura une fluctuation, mais moins élevée que dans des grandes villes industrielles.

Q: Avec le déconfinement qui s’entame, comment cette expérience transforme vos manières de travailler ?

R: Il y a des contraintes à respecter pour les visites. Un visiteur à la fois. Il faut respecter les deux mètres de distance et apporter des désinfectants pour nettoyer tout ce qu’on touche. On demande au propriétaire d’être absent, ce que j’ai toujours prôné. Je demande au propriétaire d’allumer toutes les lumières et de faire la mise en scène avant de quitter la maison pour qu’on touche aux choses le moins possible. 

Honnêtement, on était déjà beaucoup en télétravail. Le domaine de l’immobilier était déjà bien adapté. Évidemment, il faut prendre les contrats de courtage en personne. Il faut qu’on ait évalué la maison, mais à part ça, toutes les autres transactions se faisaient à distance. Dès qu’une personne avait visité la maison, on faisait la promesse d’achat par signature électronique. On faisait déjà énormément de visites virtuelles de maisons. Vendre une propriété à quelqu’un qui habite en Europe, qui l’a visité en ligne, et à qui il ne reste qu’une visite physique à faire avant de conclure : ça se faisait déjà depuis plusieurs années.

Si j’ai réussi à faire cinq ventes en cinq visites durant le confinement, ça veut dire qu’avec les moyens en place, comme les visites virtuelles, fonctionnent bien. Il y a 38 ans quand j’ai commencé, c’était une autre histoire. On mettait une pancarte devant une maison et on avait peut-être cinquante appels. Il fallait décrire la maison au téléphone ou encore la faire visiter cinquante fois, donc faire cinquante fois le ménage et la visite et le suivi!