Des syndiqués se sont rassemblés devant les bureaux du député libéral Luc Fortin, mardi avant-midi.

Transport scolaire : une rentrée jaune et chaude

Les conducteurs d’autobus scolaire de la région syndiqués à la CSN sont toujours en colère, mais ils n’ont pas prévu débrayer d’ici la fin des classes. La rentrée scolaire, qui aura lieu au début de la période électorale, pourrait toutefois être jaune et chaude.

Des conducteurs du Secteur transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP–CSN) se sont rassemblés devant les bureaux du député libéral Luc Fortin, mardi avant-midi.

Cette manifestation coïncidait avec le début d’un mouvement de grèves tournantes dans les Laurentides et Lanaudière, appuyé par plusieurs autres actions de mobilisation dans une dizaine de régions au Québec.

« Les grèves et autres mobilisations d’aujourd’hui s’inscrivent dans notre plan d’action qui vise à obtenir enfin le respect de notre métier et des conditions de travail décentes. Nous devons vivre avec des salaires pathétiques pour les responsabilités importantes de notre métier qui nous confinent à vivre sous le seuil de la pauvreté avec un revenu annuel moyen de 19 288 $», lance Stephen P. Gauley, président du Secteur du transport scolaire de la FEESP. 

«Plus que jamais, nous sommes déterminés à défendre notre revendication portant sur l’attribution par le gouvernement du Québec d’une enveloppe budgétaire supplémentaire de 26,75 millions, fermée et dédiée à l’amélioration de nos conditions de travail, dans les plus brefs délais. Et notre mobilisation se poursuivra à l’automne si nous n’obtenons pas satisfaction à nos demandes.»

Selon lui, des votes de grèves pourront se prendre cet été. Des débrayages pourraient avoir lieu en septembre, alors que la campagne électorale sera amorcée. «Il n’y aura pas de grève d’ici la fin de l’année scolaire, mais il y aura d’autres manifestations», dit-il.

À la suite d’une rencontre avec Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, le 17 avril dernier, la Confédération des syndicats nationaux demeure sans réponse dans le dossier du financement du transport scolaire au Québec, déplore M. Gauley.

Depuis cette rencontre, le gouvernement a mis un terme à la possibilité qu’avaient les commissions scolaires d’utiliser à d’autres fins 50 pour cent des surplus générés par les enveloppes du transport scolaire. Même si cette demande figure dans ses revendications, cette mesure demeure nettement insuffisante puisqu’elle ne règle pas la question du sous-financement chronique. Pour leur part, certaines commissions scolaires n’ont pas du tout apprécié l’abolition de cette mesure. 

En 2015, les salariés œuvrant dans le transport scolaire étaient déjà sous-payés d’environ 8,5 pour cent  en moyenne que ceux d’autres emplois comparables dans le secteur privé du transport et, depuis ce temps, l’écart n’a cessé de s’amplifier, souligne M. Gauley.

« Les importants problèmes d’attraction et de rétention des conductrices et conducteurs de véhicules scolaires sont directement liés aux conditions de travail dérisoires qui sévissent depuis plus de 25 ans dans ce secteur», précise Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

«Encore une fois, nous réitérons notre souhait de voir le gouvernement poser des gestes concrets qui régleront ce problème une fois pour toutes. Seul un financement adéquat garantira la pérennité de cet important service public sur lequel comptent des centaines de milliers de parents tous les jours d’école.»

Les syndiqués des Autobus de l’Estrie, des Autobus La Sapinière, des Autobus B. Dion, des Autobus des Cantons  ainsi que ceux d’Autobus Coaticook – CSN sont affiliés à la Confédération des syndicats nationaux, au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie et à la Fédération des employées et employés des services publics – CSN (FEESP).

Le secteur transport scolaire de la FEESP–CSN regroupe cinquante-sept syndicats et représente environ 3 000 travailleuses et travailleurs.