Transition au mont Bellevue : « il y a péril en la demeure »

La transition amorcée à la tête du mont Bellevue entre Gestion Claude Adam et le Regroupement du parc du Mont-Bellevue (RPMB) ne se passerait pas comme prévu, au point de soulever certaines inquiétudes quant aux opérations de la prochaine saison, a appris La Tribune.
Jean-François Rouleau
« Il y a péril en la demeure », est allé jusqu'à mentionner Jean-François Rouleau, dimanche, après avoir passé une bonne partie de son week-end sur la montagne.
Rappelons que le contrat liant Ski mode Claude Adam à la montagne sera échu le 30 avril prochain et que l'animation de la montagne, la boutique, la billetterie, l'école de glisse et la restauration doivent passer aux mains du RPMB. Or, le RPMB n'aurait jamais contacté le gestionnaire au cours des derniers mois et aucune entente n'aurait été conclue entre la Ville et Claude Adam pour acquérir les quelque 200 000 $ d'équipements qui lui appartiennent en vue de la saison 2017-2018.
« J'ai même appris hier (samedi) que des gens ont démissionné au RPMB, continue le conseiller du district de l'Université. Plusieurs détails ne sont toujours pas attachés et aucune discussion ne semble avoir lieu. On doit soulever ça rapidement et ça doit se régler. Il y a des gens qui devront répondre de leurs décisions. C'est vraiment inquiétant. On vient de perdre une saison où le transfert des connaissances était primordial. »
S'il démontre une certaine réserve à s'immiscer dans le dossier, Claude Adam, qui compte plus de 40 ans d'expérience aux opérations du mont Bellevue et qui souhaite prendre sa retraite après le 30 avril, ne cache pas son inquiétude devant l'ampleur des tâches qui s'apprêtent à peser essentiellement sur les épaules de bénévoles.
« Il faut voir comment ça fonctionne. Ça fait beaucoup de choses à gérer. Quand je faisais ce travail, on me disait que j'étais bien parce que je ne travaillais pas l'été, mais je m'entraînais l'été pour faire l'hiver. En environ 100 et quelques jours d'opération, on ne peut pas prendre congé deux semaines à Noël, une semaine à la relâche en plus des fins de semaine. C'est du 7 jours sur 7 et près de 100 heures par semaine. Samedi soir, on n'avait pas personne pour travailler dans le restaurant, donc il a fallu m'en occuper. Ça prend un expert qui est prêt à aller au batte », mentionne-t-il.
« Il faut continuer à être dynamique et avoir une bonne logique et une bonne expertise. Ça prend plus que quatre heures de mentorat pour comprendre une expertise développée sur 40 ans. »
Boutin rassurant
Contrairement à Jean-François Rouleau, le conseiller municipal Vincent Boutin, également président du comité du sport et du plein air, ne se dit aucunement inquiet de la situation actuelle.
« On travaille étroitement avec le RPMB pour préparer tout ça l'année prochaine. Est-ce que certaines choses seront déléguées à des tiers, ça reste à déterminer. Au niveau des équipements, c'est ce qu'on est en train de regarder. Pour gérer la boutique, il y a de l'intérêt de personnes de l'extérieur, donc ça ne me préoccupe pas trop. On est déjà en train d'adresser toutes ces questions-là. Il y a eu des pourparlers entre le RPMB et une personne qui travaillait avec Claude Adam. Et c'est en discussion à l'heure actuelle. Claude Adam ne travaillait pas au mont Bellevue l'été. Ça va nous donner le temps de repartir », résume-t-il.
Claude Adam
La gestion des services du mont Bellevue en trois temps
Entre 1996 et 2016 : la coordination des opérations de la station, l'administration des concessions et de la boutique de ski de la Station du Mont-Bellevue était assurée par Gestion Claude Adam;
Depuis 2016 : la gestion de la montagne, des remonte-pentes, de l'entretien des pistes et de la patrouille de ski, notamment, a été confiée à la Divison des parcs et des espaces verts de la Ville de Sherbrooke;
En 2017 : à compter du 1er mai, le Regroupement du parc du Mont-Bellevue (RPMB) doit assumer l'animation de la montagne, la boutique, la billetterie, l'école de glisse et la restauration.