François Rebello se dit confiant pour le déroulement des prochaines étapes de son projet.

Train Sherbrooke-Montréal : Rebello a fait ses devoirs

Le président de la Fondation Train de nuit François Rebello avait bel et bien fait parvenir le dossier de train passager entre Sherbrooke et Montréal au cabinet du ministre des Transports Marc Garneau, en octobre dernier. Si ce dernier affirmait le contraire dans l’édition de La Tribune de vendredi, il confirme maintenant que le dossier s’est rendu à son ministère, sans avoir été déposé sur son bureau.

« Ce qui arrive quand des documents ou des propositions viennent en mon nom à Transports Canada, ce n’est pas mis directement sur ma table parce que je reçois énormément de correspondance. C’est examiné par mon équipe et mon département, et quand eux ont eu la chance d’examiner la proposition, ils viennent me briefer. Je n’étais pas conscient que ce document était arrivé, mais en effet [M. Rebello] l’avait envoyé à mon ministère, ça ne s’était pas rendu à mon bureau », explique le ministre.

La Tribune a eu copie du dit courriel envoyé à l’attaché politique de M. Garneau, qui montrait que M. Rebello avait transmis tous les documents concernant le projet. 

« Je n’ai pas fait le suivi par courriel, je l’ai appelé pour lui demander s’il avait bien reçu les documents et il m’a dit oui, que c’était à l'étude », a précisé M. Rebello, qui était étonné de voir les propos de M. Garneau dans La Tribune de vendredi.

Prochaines étapes

M. Rebello se dit confiant pour le déroulement des prochaines étapes de son projet, assurant qu’il sent une ouverture de la part de Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international.

« C’est clair que Marie-Claude Bibeau va accepter de rencontrer les maires et les gens impliqués dans le dossier avec moi quand le volet marchandise sera ajouté à l’étude, quand tout sera fini. J’ai seulement envoyé [au ministère des Transports] le volet passager, il y a un volet marchandise qui s’en vient. Je pense qu’elle est intéressée à connaitre le dossier. Elle veut que ce soit appuyé par la communauté et je la comprends. C’est une étape qui doit se faire. Tant mieux si la ministre peut porter le projet ensuite, après la rencontre », estime le président de la Fondation Train de nuit.

Questionnée de nouveau à ce sujet vendredi, Mme Bibeau a répété vouloir prendre connaissance du dossier avec tous les acteurs impliqués.

« J’ai eu plusieurs occasions d’échanger avec M. Rebello, et pas plus tard que cette semaine. Je serai heureuse de rencontrer les représentants municipaux, des institutions d’enseignement et du secteur privé de la région et de travailler avec eux s’ils font du train de passagers entre Sherbrooke et Montréal une priorité », a-t-elle commenté. 

Nouvelle tentative

En 2017, M. Rebello avait déjà présenté le projet du train passager au Fonds national des corridors commerciaux, un programme fédéral conçu pour aider les propriétaires et les utilisateurs d’infrastructures à investir dans les biens essentiels qui appuient l’activité économique et le transport des marchandises et des personnes au Canada. Le ministre des Transports est bien au fait de cette information.

« C’est un programme où sa proposition n’a pas été retenue. On avait reçu 357 projets à travers le pays. Une des choses importantes sur ce programme là, c’est qu’il doit y avoir du cofinancement, ce n’est pas un programme où le fédéral paie 100 %. S’il n’y a pas de proposition de financement par une tierce partie, à ce moment, ce n’est pas admissible », a expliqué à La Tribune le ministre Garneau.

Or, à la connaissance de M. Garneau, le projet de train passager Sherbrooke-Montréal ne présentait pas assez de cofinancement au moment de sa soumission. M. Rebello pourra représenter son projet en 2019, mais devra répondre à toutes les exigences pour être retenu. Avec Simon Roberge