Le promoteur du train de passagers Montréal-Sherbroooke François Rebello poursuit sa campagne de séduction auprès des villes des Cantons-de-l'Est.

Train de passagers: une consultation à bord de l'Orford Express

François Rebello poursuit sa campagne de séduction auprès des villes des Cantons-de-l'Est pour faire la promotion du projet de train Montréal-Sherbrooke. Il invite les intervenants politiques et les citoyens curieux à une balade dans l'Orford Express, le 25 septembre, pour prendre connaissance des éléments du dossier et pour débattre du projet de train.
Ce voyage de consultation partira de Sherbrooke à 11 h 30, se rendra à Magog et reviendra à Sherbrooke en milieu d'après-midi, entre 14 h et 14 h 30. Le billet, qui peut être réservé sur la page Facebook du Train Montréal Sherbrooke Maine Boston, coûte 75 $ et inclut le repas.
« Les gens pourront avoir toute l'information qu'ils désirent. Des représentants de plusieurs villes, dont Bruno Vachon pour Sherbrooke, l'Association des gens d'affaires du centre-ville, la Chambre de commerce de Sherbrooke et le député Pierre-Luc Dusseault ont confirmé leur présence. Il y aura aussi une délégation du Maine. Il faut que les choses se discutent pendant la campagne électorale », indique M. Rebello.
Le choix du parcours Sherbrooke-Magog, motivé par la disponibilité des intervenants, n'est peut-être pas anodin considérant que Sherbrooke et Magog ont encore à se prononcer sur la possibilité d'engager des sommes dans le projet. La contribution attendue de Sherbrooke serait de 3 M$ en dix ans, contre 1,5 M$ pour Magog. À Sherbrooke, il est déjà établi qu'aucune décision ne sera prise avant les élections du 5 novembre.
« C'est en discutant avec les gens qu'on découvre toutes sortes de possibilités. Par exemple, l'Université Bishop's a une bonne clientèle américaine. Avoir un train de nuit vers le Maine est un avantage pour eux. On ne peut pas le savoir si on ne parle pas aux gens. Nous aurons de l'information à divulguer, mais aussi des enseignements à tirer. »
L'analyse de la rentabilité financière réalisée par KPMG, firme choisie par le comité aviseur composé des représentants des villes, pourra aussi être expliquée en détail. Cette étude résume notamment la nature des dépenses nécessaires pour la mise en fonction d'un train entre Montréal et Sherbrooke. Notons que le montage financier fait état de dépenses de 90 M$, dont 53 M$ pour la mise à niveau des chemins de fer.
« Nous avons besoin d'un chemin de fer qui permet d'aller jusqu'à une vitesse de 80 milles à l'heure. Évidemment qu'il y aura des arrêts en chemin et que la vitesse ne peut pas être maintenue partout, entre autres dans les courbes. Mais nous avons besoin de ces pointes pour franchir la distance en 1 h 46. » La vitesse moyenne serait de 55 mi/h.
L'amélioration du chemin de fer du CN, entre Montréal et Saint-Jean-sur-Richelieu, est évaluée à 9,7 M$. Mais M. Rebello pourrait disposer d'un argument pour convaincre les gouvernements d'investir dans cette portion du chemin de fer. « Amtrak utilise la même voie et ça les dérange eux aussi que ça n'aille pas vite. Ils font eux aussi du transport de passagers. Donc si nous obtenions une aide, on aiderait deux projets à la fois. »
Si le budget de 90 M$ inclut l'amélioration des chemins de fer, l'acquisition de wagons et de locomotives, un fonds pour le transport collectif et un mécanisme de sécurité « Positive Train Control », il ne tient pas compte des dépenses qui seront nécessaires pour construire ou aménager des gares. À ce sujet, François Rebello se fait un peu plus évasif.
« Les investissements nécessaires pour aménager des gares peuvent très bien être faits par les promoteurs immobiliers qui s'installeront sur les terrains autour des gares. Peut-être qu'on n'a pas besoin de beaucoup d'investissements non plus pour faire une salle d'attente... »
La situation peut paraître plus compliquée à Sherbrooke, où le potentiel immobilier autour de la gare actuelle est limité en raison de la présence d'industries et de terrains contaminés. Le maire Bernard Sévigny l'avait d'ailleurs fait valoir en janvier dernier.
M. Rebello ne s'avance pas davantage si ce n'est que de croire que des investisseurs se pointeront si on amène un train à Sherbrooke.
Enfin, l'étude de KPMG fait état d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 10 000 tonnes par année pour un train Montréal-Sherbrooke alors que le projet de REM à Montréal prévoit une réduction de 16 800 tonnes pour la même période.
Rappelons que le scénario présenté prévoit des investissements de 8 M$ des municipalités, 38 M$ du privé, et 44 M$ des gouvernements, dont 18 M$ de Québec. Le projet prévoit cinq allers-retours quotidiens au départ de Montréal et autant au départ de Sherbrooke.