Jean Charest : « quand j’étais premier ministre, j’avais mandaté l’ex-ambassadeur Raymond Chrétien pour travailler avec l’administration d’Obama sur le développement de trains rapides entre le Québec et l’État de New York. C’est le genre de projet qui change une communauté. »

Train de passagers Montréal-Sherbrooke : « un projet intéressant », selon Charest

Jean Charest se dit favorable au projet de liaison ferroviaire pour passagers Montréal-Sherbrooke de l’homme d’affaires François Rebello.

« Le train est un mode de transport qu’on n’a pas suffisamment utilisé au Québec comme au Canada. C’est un projet intéressant pour l’avenir, la décongestion sur les routes et l’environnement. J’aime beaucoup le projet du trajet entre Montréal et Sherbrooke. J’aime aussi l’idée de prolonger le trajet vers Boston », souligne l’ancien premier ministre interrogé lors de son passage à Sherbrooke, mardi, dans le cadre du Sommet économique Québec-New Hampshire. 

« Quand j’étais premier ministre, j’avais mandaté l’ex-ambassadeur Raymond Chrétien pour travailler avec l’administration d’Obama sur le développement de trains rapides entre le Québec et l’État de New York. C’est le genre de projet qui change une communauté », note M. Charest. 

« En résumé, un projet de train ou des projets de train me paraissent tout à fait dans l’ordre des choses. Maintenant, il faudrait que le gouvernement fédéral s’y mette, car c’est une compétence fédérale, et que le gouvernement des États-Unis aussi s’y mette. La difficulté est qu’il y a tellement de compétences impliquées. À l’époque, MM. Obama et Biden étaient engagés dans le projet de développement de trains rapides aux États-Unis, mais je crois qu’il y avait trop de résistance et le projet a été freiné », explique celui qui est maintenant associé au sein du cabinet McCarthy Tétrault.

Présent au Sommet économique organisé par la Chambre de commerce de Sherbrooke, mardi, le sénateur Lou D’Allesandro appuie également le projet de train mis de l’avant par l’ex-député devenu entrepreneur.

« C’est un projet auquel M. Rebello travaille depuis longtemps et qui a du sens. La voie ferroviaire a été détruite et on doit la reconstruire. Prendre le train pour New York ou Boston, c’est une bien meilleure façon de s’y rendre que par voiture. On reconnait le besoin. On veut réaliser ce projet. Maintenant, on devra obtenir les votes pour le faire. On espère pour le meilleur », mentionne le sénateur du New Hampshire. 

Rallonger le REM?

« Pourquoi ne pas poser la question de rallonger le REM et analyser l’option? Ce serait intéressant », répond M. Charest quand on lui demande si le prolongement du Réseau express métropolitain (REM) entre les voies de l’autoroute 10 serait envisageable.

Rappelons que le Réseau express métropolitain (REM) est un important projet de transport collectif en construction qui se rend jusqu’à Brossard sur la Rive-Sud de Montréal. Les trains de passagers sont 100 pour cent électriques et automatisés.

« Ce serait intéressant de savoir le coût estimé si on prévoyait une station à Bromont, Magog et Sherbrooke. En Europe, beaucoup de gens habitent loin, car le système de transport est à ce point efficace et rapide qu’ils y trouvent leur compte. Posons la question, on verra si c’est hors prix et si le volume de passagers pourrait le justifier », ajoute M. Charest.

M. Rebello amène des arguments qui démontrent que le projet serait trop dispendieux selon lui. « Notre coût par tonne de GES réduite est de 83 $ alors que le REM est de 2380 $. Le REM est une technologie intéressante en zone urbaine, mais sur des longues distances ce n’est pas économique. En plus, si éventuellement on veut continuer à Mégantic, le Maine, le New Hampshire ou Boston, ça serait préférable d’avoir un chemin de fer traditionnel qui pourra accueillir des trains pour différentes destinations », note l’entrepreneur ajoutant que le REM a une vitesse maximale de 100 km/h alors que son train aura une vitesse maximale de 130 km/h.

Aussi, si le rallongement du REM vers Sherbrooke nécessitait l’achat de trains, cela représenterait un investissement important, selon M. Rebello. 

« Les wagons du REM coûtent pas mal plus cher que nos wagons qui sont faits de matériel rénové au départ et non neuf. À titre d’exemple, un wagon rénové coûte 700 000 $ dont 75 % des dépenses dans des travaux faits ici en Gaspésie ou à Montréal alors qu’un wagon neuf coûte plus de 3 M$ », explique-t-il. 

« On peut très bien rénover et électrifier la voie actuelle pour un prix beaucoup plus raisonnable », insiste M. Rebello.

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Incapable d’imaginer la région sans son quotidien

L’ancien premier ministre se dit touché par tout ce qui se passe à La Tribune. « Je ne peux pas m’imaginer la vie à Sherbrooke sans le journal La Tribune. J’ai grandi avec le journal La Tribune tous les jours à la maison, tous tous les jours. Ça faisait partie de notre vie. On connaissait les journalistes, les photographes. La Tribune, c’est le miroir de nos vies. Et aujourd’hui, honnêtement, c’est un choc juste de penser que La Tribune ne serait plus le journal qui continuerait d’écrire notre histoire. Ça me paraît impensable », relate M. Charest qui achète encore sa Tribune papier le samedi lorsqu’il est dans sa résidence estrienne et qui la lit sur sa tablette parfois en semaine. 

« Ma relation avec les journalistes a toujours été bonne. La Tribune faisait son travail, les journalistes n’écrivaient pas des papiers pour me faire plaisir. Mais je pense à quelqu’un comme Denis Messier, qui écrit encore aujourd’hui, c’est une encyclopédie, et Luc Larochelle, que j’ai appris à connaître et à aimer », mentionne l’ex-chef libéral.