Le président de l’entreprise Train-Hôtel, François Rebello, a rencontré les nouveaux maires de Sherbrooke et de Bromont au cours des derniers jours pour leur présenter son projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke. Il compte maintenant inclure des enjeux de transport de marchandise dans son projet.

Train de passagers : Rebello rebâtit les ponts avec les nouveaux élus

Le président de l’entreprise Train-Hôtel, François Rebello, a rencontré les nouveaux maires de Sherbrooke et de Bromont au cours des derniers jours pour leur présenter son projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke. Il tente maintenant d’y ajouter un volet de transport de marchandises.

Il avait par ailleurs en poche des appuis du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke et de la Chambre de commerce de Sherbrooke (voir autre texte).

François Rebello travaille à refaire les ponts avec les nouveaux élus. À Sherbrooke par exemple, le dossier du train était piloté par l’ex-conseiller Bruno Vachon. Le maire Steve Lussier doit se familiariser avec le dossier. « Il est important d’écouter ce qu’ils ont à dire et de refaire la concertation. La bonne nouvelle, c’est qu’aucun maire n’a été élu en disant qu’il ne voulait pas du train.

« La nouveauté, c’est d’inclure des enjeux de transport de marchandise, entre autres d’essayer de déplacer la gare de triage, dans le coin de Deauville, vers le parc industriel de Magog. Nous pourrions ainsi bénéficier d’un programme favorisant les corridors ferroviaires internationaux. Cette dimension augmenterait les coûts, mais nous permettrait de nous qualifier dans un deuxième programme fédéral. Pour Magog, renforcer le transport de marchandises dans le parc industriel rend le projet encore plus intéressant. Et pour les citoyens de Deauville, qui se plaignent du bruit la nuit, ça devient aussi très intéressant. »

Selon M. Rebello, la rencontre avec les nouveaux élus s’est bien passée. « Le maire de Sherbrooke a besoin de temps pour se positionner et pour en discuter avec son conseil. Le projet ne nécessite pas une injection de fonds à court terme, donc ce n’était pas un enjeu pour le budget 2018. Je comprends donc que ses priorités étaient ailleurs. Il sera toutefois important que les Villes se positionnent cet hiver. »

Steve Lussier confirme le bon déroulement de la rencontre et ajoute que d’autres réunions sont prévues, notamment avec la mairesse de Montréal Valérie Plante. « On veut être sûrs de nos affaires avant de nous engager. Je me prépare à présenter le dossier à mon exécutif en janvier. »

M. Rebello a très bien entendu le message du premier ministre Justin Trudeau qui, lors de son passage à Sherbrooke, avait mentionné que le gouvernement fédéral ne se pencherait pas sur le dossier du train Montréal-Sherbrooke tant que les municipalités ne parleraient pas d’une seule voix pour s’engager financièrement dans le projet. L’homme d’affaires veut profiter de l’élection provinciale prévue en 2018 pour obtenir des engagements des politiciens. « Nous ne pourrons pas réaliser un projet d’envergure sans le leadership politique. Les élections sont de bons moments pour exprimer ce leadership », avait déclaré François Rebello en février dernier.

Les commentaires de Philippe Couillard, qui s’est montré favorable au projet, le réconfortent. « Si on veut que Québec prenne position, il faut que ce soit étudié rapidement par les Villes. »

Sherbrooke, Magog et Saint-Jean-sur-Richelieu ne se sont toujours pas prononcées.

Steve Lussier mentionne ne pas s’être fixé d’échéancier. « Les analyses des chiffres par la Ville n’ont pas été faites encore. On veut savoir qui va participer, parce que c’est à nous qu’on demande la plus grande part. Je comprends que M. Rebello aimerait que ça se fasse le plus rapidement possible, mais nous prendrons le temps de bien faire les choses. »

Le budget global du projet initial présenté par M. Rebello est estimé à environ 90 M$. Dans son montage financier, 38 M$ proviendraient de fonds privés, dont 25 M$ du propriétaire du chemin de fer.

La part des Villes serait de 8 M$, tandis que les 44 M$ manquants sont attendus des deux paliers de gouvernements, soit 18 M$ de Québec et 26 M$ d’Ottawa.

Selon les échéanciers de François Rebello, le train pourrait accueillir ses premiers passagers à l’automne 2019. Ce sont 2050 déplacements quotidiens qui sont envisagés à maturité du programme.

Trois lettres d’appui pour le train Montréal-Sherbrooke

Trois organisations sherbrookoises ont signé une lettre d’appui au projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke. Il s’agit du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke et la Chambre de commerce de Sherbrooke.

Dans une résolution adoptée en septembre, le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie présente son appui « dans la mesure où le projet rencontre une acceptabilité sociale et économique et respecte des critères environnementaux stricts ».

La résolution rappelle que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est un dossier prioritaire au CREE et que le projet, tel que présenté par le promoteur, vise une réduction de 10 000 tonnes de GES par année sur la base de 2050 automobilistes convertis.

La directrice Jacinthe Caron dit que le C.A. s’est prononcé à la demande de François Rebello. « Il souhaitait un appui d’un maximum de joueurs. Nous aimerions toujours que les projets soient parfaits, et nous savons que la locomotive du train ne sera pas électrique, mais il y aura quand même une bonne réduction des émissions des gaz à effet de serre selon les chiffres qu’il nous a donnés. Si on attendait un projet idéal, on attendrait longtemps. Nous ne voulons pas être partenaires du projet ou faire du lobby pour sa réalisation, mais nous aimons l’idée qu’il offre une solution de rechange à l’auto solo. »

À la Chambre de commerce de Sherbrooke, le président Claude Denis dit que ses membres n’ont rien trouvé de négatif au projet au moment d’adopter une résolution le 25 octobre. « La seule chose, c’est que nous ne voulons pas que le train fasse ombrage à l’aéroport. Ce sont deux types de passagers différents. Le train vise davantage le tourisme alors que l’avion desservira une clientèle d’affaires. »

Le vote des membres du C.A. a été unanime. « Le fait que ce soit un train de passagers permettra d’améliorer les normes sur le chemin de fer. Ce sera aussi un attrait touristique. Nous aimons le fait que l’argent soit disponible dans les programmes du gouvernement fédéral. »

La lettre d’appui de l’Association des gens d’affaires a été acheminée en début de semaine. Le président du regroupement, Alexandre Hurtubise, mentionne que les gens d’affaires seraient heureux de l’aménagement d’une gare au centre-ville. « Ça s’inscrit en droite ligne pour dynamiser le secteur. En ce qui concerne les aspects concrets, comme le montage financier, ce n’est pas à nous de vérifier ça. Nous laisserons les autorités compétentes déterminer la validité des chiffres. »