Le député Pierre-Luc Dusseault est en faveur du projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke.

Train : le fédéral devrait investir, selon Dusseault

La mobilisation du milieu est suffisante, selon le député Pierre-Luc Dusseault, pour que le gouvernement fédéral songe à investir dans le projet de train de passagers entre Montréal et Sherbrooke. Le député, comme plusieurs dizaines d'autres intervenants des milieux économique et politique, a participé à une balade en train entre Sherbrooke et Magog, lundi, où était dévoilée l'étude de marché du projet.
« J'ai déjà commencé à en parler dans les corridors du parlement pour obtenir un apport du gouvernement. Il va de soi qu'on supporte un tel projet, qui vise entre autres à réduire les émissions de gaz à effet de serre », lance-t-il.
Le projet de 90 M$ prévoit cinq allers-retours entre Montréal et Sherbrooke à une vitesse comparable à celle de la voiture, soit une moyenne de 88 km à l'heure. Selon l'étude de marché rendue publique par l'homme d'affaires François Rebello, les projections font état de 2050 passagers quotidiennement. La contribution attendue des municipalités s'élève à 8 M$, alors que celle du gouvernement fédéral s'élèverait à 26 M$.
« Ce qui m'a convaincu, c'est l'engouement de tous les élus des régions touchées par le projet de train et surtout le support et l'appui monétaire de certaines municipalités. C'est ce qui me permet de retourner à Ottawa avec un dossier qui est plus solide. C'est non seulement le projet d'une entreprise, mais celui de toute une communauté. C'est ce qui est demandé par le gouvernement fédéral. »
Le premier ministre Justin Trudeau, lors de son passage à Sherbrooke, avait mentionné qu'il faudrait d'abord une mobilisation de la communauté avant que son gouvernement pense à investir. La députée Marie-Claude Bibeau tenait le même discours.
« Les demandes sont raisonnables. Il reste à déterminer de quelle façon le financement prendra forme. Est-ce qu'on finance l'opération quotidienne du train ou la réfection des infrastructures? Ça reste à voir. Pour moi, il va de soi que le fédéral soit impliqué », ajoute M. Dusseault.
La Ville en « recherche d'information »
Le représentant de la Ville de Sherbrooke, Bruno Vachon, ne confirme toujours pas la participation de sa ville au projet. « Nous sommes en recherche d'information pour voir l'intérêt de la population et du milieu des affaires avant de nous positionner. Nous continuons d'être présents dans le processus pour nous assurer de nous impliquer de la bonne façon. Pour investir 3 M$ dans le projet, plus ce qu'il faudra dans la gare, il faut être capable de vendre le projet à la population et tirer des bénéfices équivalents à ce qu'on va investir. Si on est capable d'en faire un projet où on peut toucher à quatre ou cinq domaines avec le même dollar, pas juste le tourisme, on tiendra quelque chose. »
Candidate à la mairie, Hélène Pigot paraissait emballée... avec des réserves. « Il faut le regarder avec minutie, parce que ça désenclave Sherbrooke. On a besoin de sortir des liens Sherbrooke-Montréal uniquement avec les voitures et les autobus. Ce projet permet aussi une synergie entre les municipalités de l'Estrie. C'est une belle alternative pour avoir des moyens de transport différents, mais il faut s'assurer qu'il y a un retour sur l'investissement et voir combien il faudra investir dans la gare. »
Son adversaire Steve Lussier apprécie lui aussi le projet. « Je crois réellement qu'un train Sherbrooke-Montréal, ce serait bien. Je le prendrais moi aussi. Le projet est plus réaliste que l'aéroport de Sherbrooke pour l'instant. »
Farnham et Bromont embarquent
Rappelons que les villes de Farnham et Bromont se sont déjà engagées à contribuer au projet de train, qui comprendrait aussi un voyage de nuit vers Boston tous les jours.
Les candidats à la mairie de Lac-Mégantic ont semblé prêts à considérer sérieusement la venue d'un train qui filerait jusque dans le Maine.
« J'étais là comme observatrice. La Ville de Lac-Mégantic est venue avec des gens de la Société de développement économique. Ce qui est intéressant, c'est l'amélioration de la qualité des rails pour mettre un train touristique. Vous comprendrez que nous sommes pour ça », dit Julie Morin.
L'autre aspirant, Ronald Martel, pense qu'il faut des activités touristiques, des attractions dans la région. « À Lac-Mégantic, il faut que ça se développe. C'est un projet qui doit venir à Mégantic. C'est une manière de voyager qui est intéressante, pratiquement un incontournable pour amener les gens chez nous. »
Le maire de Cowansville, Arthur Fauteux, y voit un enjeu pour la mobilité de la main-d'oeuvre pour la MRC de Brome-Missisquoi.
Des élus du Maine, mais aussi de Coaticook, Waterville, Farnham, Brigham et Sutton, entre autres, ont fait partie du voyage.