L’expérience vécue à Saint-Denis-de-Brompton depuis 2015 a convaincu la MRC du Val-Saint-François d’étendre le dépôt volontaire du verre à tout son territoire. À la grande satisfaction de la citoyenne Colette Lemieux, présidente du comité du verre de Saint-Denis-de-Brompton, qui pose avec Christian Massé, maire de Racine, et Luc Cayer, préfet de la MRC.

Tout le Val-St-François passe au dépôt volontaire du verre

Ayant fait la démonstration depuis quatre ans à Saint-Denis-de-Brompton que les citoyens étaient prêts à se déplacer pour mieux recycler le verre, la MRC du Val-Saint-François étend le modèle à tout son territoire.

À compter de la mi-juin, des points de dépôt volontaire seront aménagés dans 6 de ses 18 municipalités afin de détourner de la collecte porte-à-porte les bouteilles de vin et tous les autres contenants de verre de type alimentaire.

« On a assez discuté, on est rendu à un point où il faut agir », lance le préfet de la MRC et maire de Stoke Luc Cayer.

« On est rendu plus loin parce que nos citoyens nous poussent dans le dos. Certains sont rendus à vouloir mettre leurs bouteilles de vin dans les vidanges parce que ça contamine le reste des matières recyclables. Il fallait qu’on agisse », renchérit le maire de Racine Christian Massé.

« C’est un début. Pendant la prochaine année, on va s’améliorer. Et si ça prend plus de six conteneurs parce que la demande est là dans d’autres municipalités, on va en acheter d’autres », ajoute-t-il.

À Saint-Denis-de-Brompton, c’est 200 tonnes de verre qui a été récolté depuis 2015 via un conteneur installé dans la cour de l’hôtel de ville. On évalue qu’avec six conteneurs dans la MRC, on récoltera de 450 à 500 tonnes par année.

Ce verre mélangé est acheminé chez 2 M Ressources, à Saint-Jean-sur-Richelieu, où il est traité puis vendu à Owens-Illinois, à Montréal, qui en fait à nouveau des contenants.

Le verre récolté dans la collecte porte-à-porte de Récup Estrie (17,3 % de la collecte pour 481 tonnes en 2017) est quant à lui utilisé comme matériel de recouvrement aux sites d’enfouissement de Bury et de Coaticook. Ce serait le meilleur usage qu’on peut en tirer pour le moment et on lui reproche par ailleurs de contaminer les autres matières recyclables envoyées dans le bac vert.

Pour faire mieux, Éco Entreprises Québec a conclu le mois dernier d’un projet pilote mené durant deux ans qu’il faudrait investir 50 millions $ dans les centres de tri de la province pour moderniser les équipements et développer les marchés.

« Notre philosophie, dit le préfet Cayer, c’est que le verre soit trié à la source pour optimiser sa valorisation et optimiser les autres matières. La philosophie d’Éco Entreprises Québec, c’est que les centres de tri vont tout régler. Je ne veux pas critiquer l’une ou l’autre. L’avenir nous dira où le gouvernement va aller et les résultats de ce qui va se faire. »

À la lumière de l’expérience vécue à Saint-Denis-de-Brompton, les 18 maires du Val-Saint-François préfèrent quant à eux ne pas attendre que le ministère de l’Environnement fasse son lit avec une éventuelle politique nationale. Ils ont autorisé la semaine dernière l’achat de six conteneurs pour un peu plus de 60 000 $.

« C’est flexible comme solution. C’est facilement modifiable des conteneurs. Quand on met deux ou trois millions de dollars dans une machine, ce n’est pas la même chose », commente M. Cayer.

Présidente du comité du verre de Saint-Denis-de-Brompton, Colette Lemieux se réjouit de voir sa MRC marquer le pas dans la province et se dit convaincue qu’elle sera imitée et que le gouvernement devra en tenir compte dans sa politique nationale.

« Si des citoyens le font, si une MRC met en place un système, si d’autres municipalités emboîtent le pas (…), veux veux pas ça va faire bouger les choses », croit-elle.

Rappelant que l’AFEAS est à l’origine du mouvement à Saint-Denis-de-Brompton, Mme Lemieux relate du même souffle que beaucoup d’organismes et de municipalités se sont informés du mode de fonctionnement du dépôt volontaire pour en mettre en place chez eux.

Elle constate également que même des Sherbrookois font le détour à Saint-Denis pour déposer leurs bouteilles de vin. « Il faut y croire pour ramasser ses bouteilles et partir de Sherbrooke pour venir les porter à Saint-Denis! Mais il y a beaucoup de gens qui sont convaincus et qui attendent qu’il se passe quelque chose. »

Outre de rester à l’affût pour savoir si six conteneurs seront suffisants, la MRC entend par ailleurs poursuivre les analyses pour optimiser — financièrement et écologiquement — le transport du verre vers Saint-Jean-sur-Richelieu. Actuellement, avec le système de redevances, cela se fait à coût nul, assure Mme Lemieux, mais c’est tout de même des camions qui s’ajoutent aux camions de la collecte sélective.

Les six conteneurs seront déployés à Windsor, Saint-Denis-de-Brompton, Richmond, Stoke, Valcourt et Racine.