L’Université Bishop’s s’attend à ressentir les impacts financiers d’un possible recul de ses étudiants internationaux.
L’Université Bishop’s s’attend à ressentir les impacts financiers d’un possible recul de ses étudiants internationaux.

Tous les scénarios sont sur la table à Bishop’s et au Cégep de Sherbrooke

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Tous les scénarios sont encore sur la table pour la rentrée automnale à l’Université Bishop’s et au Cégep de Sherbrooke. L’Université Bishop’s s’attend pour sa part à ressentir les impacts financiers d’un possible recul de ses étudiants internationaux. Les demandes d’admission de cette catégorie d’étudiants ont diminué de 15 % par rapport à la même période l’an passé.

Environ 22 % des étudiants internationaux de moins qu’à pareille date l’an passé ont confirmé leur inscription. Comme ils ont jusqu’en juin pour répondre, ces derniers attendent probablement de voir comment la situation va évoluer, estime l’institution anglophone.

« Les universités à Montréal ont leur réalité. De notre côté, on étudie encore tous les scénarios : virtuel, présentiel, hybride. Le scénario est encore en développement (...) Ce qui nous guide depuis le début, c’est la santé et la sécurité », commente le porte-parole de Bishop’s, Olivier Bouffard.

Toute la communauté universitaire est sondée; un sondage a été envoyé aux étudiants, mais les résultats ne sont pas encore compilés.

Une approche en présentiel amène nécessairement un lot de questions pour la gestion de la cafétéria et des résidences... entre autres. Celles-ci accueillent environ 600 ou 700 personnes, qui sont reparties, à quelques exceptions, lorsque la crise sanitaire a éclaté. À Bishop’s, environ 50 % des étudiants proviennent du Québec, 25 % du reste du Canada et 25 % de l’international.

Sans pouvoir chiffrer les possibles manques à gagner, Olivier Bouffard souligne que les impacts financiers de l’absence d’étudiants internationaux se fera sentir sur les revenus, ces étudiants payant des frais de scolarité plus élevés que les étudiants québécois.

Au Cégep de Sherbrooke, il est encore difficile de dire à ce moment-ci quand les étudiants sauront de quoi aura l’air leur session d’automne. Si tout se passe bien, le Cégep pourrait travailler avec une occupation de son campus de 25 à 30 %, selon les indications reçues par Québec.

« Ce sera entre le confinement total et le déconfinement. C’est sûr que ça ne sera pas une session comme d’habitude », commente la directrice générale Marie-France Bélanger.

Des comités de travail ont été créés afin de voir de quellle façon s’orchestrera la rentrée scolaire. Au total, 14 comités ont été formés pour se pencher sur différents enjeux, dont l’offre de cours, les stages et le soutien aux étudiants.

« Cette démarche est importante pour nous permettre de planifier la reprise de nos activités de la meilleure façon possible pour l’ensemble des membres de notre communauté collégiale dans ce contexte exceptionnel. Ça va nous permettre de mieux comprendre l’ensemble de la situation et de prendre les meilleures décisions », indique Marie-France Bélanger.

Une attention particulière sera portée à ceux et celles qui commencent leurs études collégiales. « La transition secondaire-collégiale va être assez cruciale. Ces élèves auront vécu une fin d’études assez particulière. Comment ils vont nous arriver, on ne le sait pas encore. La marche pour arriver au Cégep est difficile parfois pour les étudiants », dit-elle en soulignant que la planification stratégique de l’établissement se penchait déjà sur cette importante transition.

Rappelons que plusieurs universités ont fait connaître leurs intentions en vue de la prochaine rentrée scolaire. L’Université de Sherbrooke dévoilait dans notre édition de mercredi qu’elle privilégierait une approche hybride, en tentant le plus possible d’offrir de la formation en présentiel, tout en suivant les consignes sanitaires. Les universités de Montréal et de McGill, notamment, offriront principalement une formation à distance.

À Bishop’s, la collation des grades, prévue en juin, a déjà été repoussée en août. Différents scénarios sont encore sur la table, dont une convocation virtuelle.