La Ville de Sherbrooke souhaite avoir plus de pouvoir dans le choix de l’implantation de tours de télécommunication sur son territoire.

Tours de télécommunication: la Ville veut des consultations

La Ville de Sherbrooke veut de vraies consultations publiques sur l’implantation de tours de télécommunication sur son territoire. À la lumière du projet en consultation dans le secteur de la rue Felton, mais aussi d’autres projets à l’étude dans les secteurs du parc Saint-Alphonse-de-Liguori et du boulevard de l’Université, près de la rue de l’Illinois, la Ville compte interpeller les élus fédéraux de même que les différents regroupements municipaux.

Dans les dernières semaines, des citoyens du district de l’Université, près de la rue Felton et du chemin de North Hatley, ont manifesté leur inquiétude devant l’intention de Rogers d’installer une tour de radiocommunication près de chez eux. La Ville aurait demandé que la compagnie Rogers organise une rencontre d’information, ce qu’elle aurait refusé. Un comité a toutefois été formé dans les dernières semaines pour communiquer les doléances des citoyens à la compagnie.

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La Ville propose donc que les politiques d’implantation de tours de télécommunication, qui relève d’Innovation, Sciences et Développement Canada, soient modifiées pour respecter les pouvoirs des municipalités. Elle réclame aussi de véritables consultations publiques.

À la demande du conseiller Paul Gingues, une copie de la résolution sera envoyée aux députées Marie-Claude Bibeau et Élisabeth Brière, au lieutenant libéral pour le Québec Pablo Rodriguez, mais aussi à tous les députés fédéraux du Québec. L’Union des municipalités du Québec (UMQ), la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et la Fédération québécoise des municipalités en recevront aussi une copie.

Déjà deux tours sont approuvées à Sherbrooke, soit une dans le parc industriel régional et une seconde à Saint-Élie-d’Orford, près de l’école des Aventuriers. Des projets sont à l’étude près de la rue Brûlotte et de la 12e Avenue et près du parc Saint-Alphonse-de-Liguori.

« En juillet, on parlait d’implantation de tours pour le 5G dans le district du Golf. C’est là que j’ai appris qu’il y aurait une centaine de tours de 125 pieds de haut dans la ville de Sherbrooke. J’avais demandé qu’une intervention soit faite à l’UMQ et à la FCM. Il serait intéressant d’avoir des suivis parce que le temps qu’on a perdu, c’est du temps précieux. Il y a eu une campagne fédérale, il aurait été intéressant de l’amener dans les engagements électoraux », commente le conseiller Marc Denault.

« Dans le secteur du parc Saint-Alphonse, je n’ai entendu personne me dire qu’il y avait des problèmes de téléphone cellulaire. Et avant l’implantation dans un parc, j’espère que le conseil municipal va au moins pouvoir se prononcer et entendre les citoyens. Un parc n’est pas un endroit pour ce genre d’installation », ajoute-t-il.

Steve Lussier

Le maire Steve Lussier se cherchera donc des appuis à l’UMQ jeudi et vendredi. « Ce n’est pas normal que des compagnies de télécommunication refusent des rencontres citoyennes pour bien expliquer ce qui va se passer. Je me pose de sérieuses questions que nous ne soyons pas consultés. Nous n’avons rien contre les nouvelles technologies... »

La première rencontre entre la compagnie Rogers et les citoyens de la rue Felton s’est néanmoins bien passée la semaine dernière. « J’ai facilité la formation d’un comité regroupant des citoyens de la rue Felton, un urbaniste à la Ville et deux représentants de Rogers. J’ai senti beaucoup d’ouverture de la part de Rogers. Nous avons parlé des frustrations, du paysage. Les citoyens ont proposé des sites alternatifs dans le rayon où la tour doit être. Est-ce qu’on pourrait accrocher les antennes sur des poteaux existants, sur des clochers d’église? » demande Paul Gingues.

« La Ville a très peu d’emprise sur la décision étant donné que c’est de compétence fédérale. De là notre recommandation d’en parler à tous les ministres. On aimerait que ça se fasse d’une autre façon, parce qu’à l’heure actuelle, la consultation publique se fait par l’envoi de lettres dans un rayon de trois fois la hauteur de la tour. Les gens n’avaient pas beaucoup de temps pour répondre. Nous souhaitons que les compagnies s’entendent pour faire des consultations publiques adéquates, un peu comme la Ville le fait. »

Un des citoyens impliqués, Daniel Gingras, confirme se sentir écouté par Rogers. « La rencontre a été très positive, mais il n’y a rien de décidé. Nous avons exprimé nos craintes, nos visions. Nous avons proposé d’autres sites, mais nous ne connaissons pas la portée des tours. La compagnie doit nous transmettre des éléments techniques. »

Caroline Phémius, chef des affaires publiques pour le Québec pour Rogers, rapporte que la compagnie étudie actuellement les sites proposés par les citoyens pour voir s’ils répondent à ses objectifs de couverture.

« Nous suivons toujours les processus de consultations en vigueur », ajoute-t-elle.

Le règlement de zonage de la Ville autorise une antenne de radiocommunication dans toutes les zones à l’exception des zones de « conservation du milieu naturel ».