René Goyette a organisé un rassemblement au parc des Braves à Magog, un lieu symbolique pour lui.

Timides célébrations pour fêter le pot à Magog

MAGOG - La marijuana est légale au Canada depuis mercredi dernier, mais les fumeurs de cannabis aimeraient pouvoir consommer sans avoir à se « cacher ». Pour René Goyette, qui fume du pot depuis l’âge de 15 ans, il y a encore un tabou autour de cette substance, qui était encore illicite il y a une semaine.

L’homme âgé dans la soixantaine a organisé un rassemblement au parc des Braves à Magog, un lieu symbolique pour lui. « Le parc des Braves, c’est la place où tous les gens de ma génération ont fumé. On nous laissait fumer ! Le monde fumait partout. C’est difficile à imaginer. C’était dans les années 1960 », raconte celui qui fume « plus ou moins tous les jours ».

De plus, selon lui, la marijuana est moins dangereuse que l’alcool ou la cigarette. « Le pot, c’est un peu comme le vin ou comme les gens qui boivent décemment. Je ne peux pas fumer six joints de suite et je ne serai pas vraiment plus stone si je le fais, à part que je vais avoir mal au cœur. Tu peux boire six bières, douze bières ou quinze bières et là tu dépasses une limite. Mais ça, c’est légal », décrit-il.

Pour lui, il est incompréhensible que la Ville de Magog ne permette pas de rassemblement afin de célébrer la nouvelle permission, alors que la Fête des Vendanges peut servir de l’alcool. « À la Fête des Vendanges, c’est une grosse affaire. La Société des alcools commandite en gros. Ils disent “let’s go la boisson” ! Est-ce que la SQDC, comme la Société des alcools, aurait pu commanditer mon événement? C’est là qu’on voit la discrimination envers le pot. Les gens disent encore que les poteux sont des criminels », analyse M. Goyette.

En effet, dans un communiqué de presse diffusé par la Ville, il est demandé aux gens « de respecter la décision du conseil municipal de ne pas se présenter au parc des Braves pour cet événement de samedi ».

Quelques amis de M. Goyette ont décidé de se présenter au parc, sans fumer de marijuana pour autant. Quelques voitures de police ont été aperçues autour du parc des Braves afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de contrevenant. Aucun joint ne s’est fumé durant la présence de La Tribune à la petite fête.

Affichage de la feuille de pot

La propriétaire de Hippie Chic à Magog, Patricia Camargo, devra cesser de vendre des produits avec l’effigie d’une feuille de pot. « Tous mes produits de chanvre portent un logo avec une feuille de pot qui indique que c’est un produit de chanvre. Il est écrit “THC FREE”, donc, qu’il n’y a pas de THC dedans. Nous sommes devenus illégaux un ou deux jours après la légalisation ».

L'étiquette en question est désormais interdite.

« Je vois tous ces moyens de répression comme un money thought, dans le sens que la douane canadienne et la police vont pouvoir nous faire des amendes, poursuit-elle. C’est une opportunité d’affaires pour la loi, pour qu’ils fassent de l’argent avec les citoyens. »

Mme Camargo pourrait recevoir une amende allant jusqu’à 500 000 $ si elle affiche une feuille de pot dans son commerce.