Michael Howard, directeur adjoint au Service de la planification urbaine et au développement durable de la Ville de Sherbrooke.

Territoires protégés : Sherbrooke relève la barre à 17 %

La Ville de Sherbrooke a presque atteint son objectif de protéger 12 % de ses milieux naturels, si bien qu’elle adoptera en 2019 une nouvelle cible. Celle-ci, calquée sur le Plan stratégique pour la diversité biologique du gouvernement du Québec, visera à protéger 17 % des terres et des eaux intérieures d’ici 2027.

En changeant sa façon de calculer la superficie de son territoire qui est protégée, la Ville de Sherbrooke s’est aperçue qu’elle avait pratiquement atteint son objectif de 12 %. « Avant, nous ne comptions que les forêts. Nous sommes arrivés à un nouveau chiffre en ajoutant les érablières, qui représentent souvent plusieurs hectares protégés par la CPTAQ, les bandes riveraines et les parcelles de terrain privées protégées par des particuliers », explique Michael Howard, directeur adjoint au Service de la planification urbaine et au développement durable de la Ville de Sherbrooke.

« Nature Cantons-de-l’Est a conclu une entente avec les propriétaires privés qui ont des terres de haut calibre. Nous sommes allés chercher 1 % de protection sur une base volontaire », ajoute-t-il. Avec le temps, certains de ces citoyens pourraient céder une partie de leur terrain en fiducie, ce qui leur permettrait de réduire leur compte de taxes tout en assurant la protection des milieux naturels.

« Notre réflexe, quand nous avons vu que nous avions presque atteint 12 % et que le gouvernement avait fixé sa cible à 17 %, a été de recommander de monter à 17 % nous ici. »

Selon M. Howard, les élus municipaux adhèrent au principe, mais ont demandé que les différents organismes œuvrant dans la protection de l’environnement, de même que les associations de protection de milieux naturels, soient rencontrés pour connaître leurs recommandations de stratégie pour ajouter les 5 % manquants.

« Quand nous adopterons le nouvel objectif, nous présenterons en même temps les stratégies adoptées par les regroupements. Une fois le texte adopté, il faudra apporter une modification à notre schéma d’aménagement, puisque la cible de protection y est inscrite. C’est la raison pour laquelle nous visons à atteindre cet objectif pour 2027 : parce que c’est l’année de fin du schéma d’aménagement. Si nous arrivons à nos objectifs avant, les élus pourront considérer d’augmenter la cible à nouveau. »

Par ailleurs, la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques forcera toutes les MRC à adopter un plan de conservation dans les prochaines années. « On viendra protéger des milieux humides par règlement. Il y aura un impact pour certains citoyens, mais nous ajouterons ainsi deux ou trois pour cent de milieux protégés. »

Michael Howard ne manque pas de souligner certains projets de développement dans lesquels les terrains à protéger offerts par les promoteurs sont de beaucoup plus grands que les 10 % que la loi permet d’exiger. Au boisé Fabi, c’est 22 % de la superficie qui sera protégée, alors que dans le Carré Belvédère, plus de 30 % des milieux naturels seront conservés.

La Ville espère déposer sa demande de modification au schéma d’aménagement au courant de l’hiver.

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, trouve le nouvel objectif réaliste et se dit optimiste quant aux chances de l’atteindre. « Si on dépasse 17 %, tant mieux. Le but, c’est d’avoir un objectif qu’on peut atteindre. Nous avons de beaux projets avec la réserve naturelle du Mont-Bellevue. Ça nous poussera à nous demander quelle autre réserve nous pourrons créer par la suite. »

Mme Godbout admet qu’il y aura peut-être un travail à faire auprès des promoteurs pour assurer la protection de milieux à valeur écologique élevée. « Quels seront nos leviers quand les terrains appartiennent aux promoteurs? Est-ce que nous devons acheter les terrains? Devons-nous faire des pressions auprès du gouvernement du Québec pour changer les lois? Nous avons des défis concernant l’aménagement de notre territoire. Peut-être pourrons-nous offrir des congés de taxes ou inciter les propriétaires à nous faire des dons. »