Sept mois après l’incendie du bar Le Magog, son emplacement de la rue Dufferin au centre-ville de Sherbrooke reste encore sans projet annoncé.

Terrain du bar Le Magog : Le promoteur devra s’arrimer avec la Ville

La Ville de Sherbrooke continue de s’intéresser au terrain de l’ancien bar Le Magog, rue Dufferin, mais n’a manifesté aucune intention de le mettre en réserve pour l’acheter. Alors que la vocation du futur quartier des Grandes-Fourches doit encore être établie, rien n’empêcherait un promoteur d’y développer un projet qui ne cadrerait pas dans la vision de la Ville.

Les citoyens sont-ils prémunis contre une situation semblable à celle vécue au coin des rues Thibault et Dunant, où un projet commercial de station-service avec restauration a été déposé avant une modification au zonage qui ne permet que de l’habitation? La Ville se devait d’accorder un permis au promoteur qui respectait le zonage au moment de déposer son projet.

Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, croit qu’il s’agirait du pire des scénarios.

« Nous sommes à réfléchir à ce que nous voulons pour ce secteur et comment nous définirons le quartier des Grandes-Fourches. Pour le terrain du Magog, il nous reste à voir si nous voulons du commercial ou de l’habitation. Quand un projet sera déposé, nous discuterons avec le promoteur pour nous assurer qu’il se fasse en harmonie avec la volonté de la Ville. Il faut que la division d’urbanisme s’arrime avec le promoteur. »

Le zonage permet actuellement le commerce de détail, les services professionnels, un hôtel, auberge ou site touristique, un commerce de divertissement ou relié au débit d’alcool, des maisons de chambres, un bâtiment de 4 à 18 logements, une industrie technologique ou de service communautaire, la récréation extérieure ou un stationnement extérieur. C’est donc dire que tout projet respectant ce zonage pourrait se réaliser sans que la Ville puisse s’y opposer. L'usage de station-service n'y est pas permis.

« Ça c’est le pire scénario. Je suis plus positif que ça. Je ne suis pas inquiet de ce scénario. »

Vincent Boutin rapporte que le contexte n’est pas le même au centre-ville qu’il l’était sur la rue Dunant. Il ajoute que le terrain se trouve en zone de PIIA de classe 3, un plan d’intégration et d’implantation architectural qui impose des normes de construction sévères. « L’architecture devrait être approuvée au conseil d’arrondissement et au comité consultatif d’urbanisme. Ce n’est pas un dossier où un promoteur pourrait y aller sans approbation préalable de la Ville. »

Vincent Boutin affirme ne pas avoir eu d’écho que la Ville voudrait acheter le terrain. 

La conseillère du district du Lac-des-Nations, Chantal L’Espérance, mentionne pour sa part que la Ville doit étudier tous les scénarios possibles. Aucun projet n’a été porté à ses oreilles jusqu’à maintenant. 

Rappelons que l’édifice qui abritait le bar Le Magog, sur la rue Dufferin, a été la proie des flammes en décembre dernier.

Il n’a pas été possible de parler avec les propriétaires du terrain en question. Aucune demande de permis de construction n’a été déposée à la Ville de Sherbrooke.