À droite sur la photo, la Dre Christiane Laberge a participé vendredi à un colloque organisé par l’organisme TDAH Estrie, dont la directrice est Céline Landreville.

TDAH : les habitudes de vie en cause

Le nombre de personnes atteintes du trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) paraît être en hausse constante depuis quelques années. Toutefois, dans les faits, le TDAH ne serait pas plus présent aujourd’hui qu’il y a 100 ans. Mais les habitudes de vie des Québécois, au 21e siècle, amèneraient davantage d’individus à en développer les symptômes et à en souffrir.

Possédant une connaissance approfondie du TDAH et de ses causes, la médecin Christiane Laberge est catégorique : l’environnement dans lequel vivent les Québécois explique en grande partie l’augmentation des cas diagnostiqués de ce trouble.

« À une autre époque, ça avait habituellement moins d’impact quand une personne était aux prises avec ce problème, note Mme Laberge. Les gens qui plantaient des patates ou qui travaillaient dans les champs, par exemple, n’étaient pas affectés de la même manière, s’ils avaient ce trouble. Le monde dans lequel vivaient les gens était différent. »

Lorsqu’on l’invite à identifier le principal coupable de la situation aujourd’hui, elle pointe rapidement le phénomène du « multitâche », apparu avec l’arrivée des ordinateurs, des tablettes et des téléphones intelligents.

« On valorise le multitâche et la capacité à effectuer plusieurs choses en même temps grâce aux technologies numériques ou autres. Mais la vérité, c’est que l’humain n’est pas fait pour ça », déclare Christiane Laberge.

Et, comme si cela n’était pas suffisant, les Québécois sont constamment forcés à faire appel à leur capacité de concentration, que ce soit au travail ou ailleurs. Sans compter qu’ils sollicitent régulièrement leur mémoire pour diverses raisons et évoluent souvent dans un environnement bruyant. Dans un tel contexte, les gens souffrant de TDAH seraient davantage confrontés à leurs limites.

Les enfants

Pour contrer efficacement le phénomène observé, la Dre Laberge croit que de nombreux individus devront se responsabiliser et modifier leurs habitudes de vie. « Ça prend une bonne hygiène de vie en général, si on veut limiter les effets du TDAH. Les enfants, entre autres, il faut qu’ils dorment bien, qu’ils se nourrissent correctement et qu’on leur offre un encadrement bien délimité. »

Concernant les téléphones intelligents précisément, Christiane Laberge soutient qu’il est préférable de les utiliser avec modération, qu’on soit un adulte ou un enfant. « C’est mieux de les placer dans un tiroir quand c’est l’heure du souper, et ce, sans répondre aussitôt qu’on entend une sonnerie », affirme-t-elle.

La réputée médecin de famille participait vendredi à un colloque, organisé par TDAH Estrie, qui avait eu lieu à l’Hôtel Chéribourg, à Orford. Plus de 150 intervenants du monde de la santé, de l’éducation et du secteur communautaire s’étaient inscrits à l’événement, lors duquel plusieurs spécialistes ont offert une conférence.

« On tient un colloque semblable tous les deux ans. Je crois qu’on se démarque avec notre approche parce qu’on fait ça vraiment multisectoriel. Vous savez, si on veut réussir à aider une adulte ou un enfant ayant le TDAH, il faut que les intervenants autour développent une vision et posent des actions communes. Rien n’avance si on travaille en vases clos », explique Céline Landreville, directrice de TDAH Estrie.