Le maire ne parvient pas à maintenir la hausse de taxes sous l’indice des prix à la consommation.

Taxes : 60,53 $ de plus pour une maison moyenne

C’est la variation de la valeur des maisons et du reste du parc immobilier qui dicteront le montant du compte de taxes des Sherbrookois en 2019. Avec une hausse des revenus de la taxe foncière de 2,96 %, Sherbrooke se colle à quelques centaines de milliers de dollars à la hausse de la valeur foncière. Ce budget, qualifié de « responsable » par le maire Steve Lussier, entraînera une augmentation des dépenses municipales de 14,7 M$ pour atteindre 314 942 700 $.

Le maire ne parvient donc pas à maintenir la hausse de taxes sous l’indice des prix à la consommation. « Nous avons travaillé en fonction d’un taux d’inflation de 2,21 % en août dernier... Cependant, afin de répondre à nos divers défis, nous aurons besoin d’une augmentation des revenus de la taxe foncière de 2,96 %. »

S’ajoutent des augmentations des tarifs pour l’approvisionnement en eau potable (6 $), pour l’assainissement des eaux (8,70 $) et pour la vidange des fosses septiques (3,75 $).

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Pour une résidence unifamiliale de valeur moyenne, soit 233 757 $, le compte de taxes de 2019 sera plus élevé de 60,53 $ (2,34 %). Le propriétaire d’un immeuble de six logements moyen payera pour sa part 64,39 $ de plus par logement, alors que le propriétaire d’un immeuble de 24 logements versa 17,46 $ de plus par porte. Le compte de taxes pour un terrain vacant desservi par les services municipaux grimpera quant à lui de 16,56 %.

Parmi les faits saillants de ce budget, notons une augmentation des tarifs horaires de stationnement de 25 cents à compter de la mi-janvier, un tarif qui était fixé à 1 $ depuis 2009. Les constats d’infraction relatifs au stationnement augmenteront quant à eux de 5 $. 

« Nous sommes fiers de vous présenter des prévisions budgétaires qui tiennent compte de la capacité de payer des citoyens, mais également de la qualité et de la quantité des services auxquels la population est en droit de s’attendre. [...] Malgré ces hausses de tarifs, Sherbrooke demeure très compétitive parmi les grandes villes québécoises en ce qui concerne la tarification des divers services municipaux. [...] Sherbrooke demeure, parmi les grandes villes du Québec l’une de celles dont les augmentations de taxes sont les plus basses pour les deux dernières années », dit le maire Steve Lussier. 

« Nous avons consulté d’autres villes et à Trois-Rivières, le stationnement coûte 2 $ de l’heure. Il ne faut pas oublier que nous investirons plus de 50 M$ au centre-ville au cours des trois prochaines années. Nous devrions aller chercher plus de monde. »

Le premier magistrat a cité plusieurs défis expliquant la difficulté à boucler ce budget, dont la légalisation du cannabis, l’ouverture d’une nouvelle caserne à Lennoxville, l’indexation du salaire du personnel et les infrastructures vieillissantes. « Nous devons entretenir 5,7 km de rues de plus et 8,9 km additionnels de trottoirs et de pistes multifonctionnelles. »

Parmi les priorités de ce budget de fonctionnement se trouvent les paiements de factures en double. Cinq ressources permanentes seront embauchées à cet effet. « Lors de l’implantation du dernier système informatique, nous avons fait le choix de ne pas saisir les factures en trois étapes. Nous ne critiquons pas la décision prise à ce moment-là, mais il était nécessaire de faire des ajustements », explique Nathalie Lapierre, directrice du Service des finances à la Ville de Sherbrooke.

« Il n’y a pas longtemps, nous étions rendus à 171 000 $ en paiements en double. Ça vaut la peine d’aller un peu plus loin », mentionne Steve Lussier.

Un million de plus au SPS

Les dépenses grimpent d’un million de dollars au Service de police de Sherbrooke. « La Ville et le CIUSSS ont rendu permanent le projet pilote de l’Équipe mobile d’interventions psychosociales. Des ressources policières seront ajoutées à cette escouade », résume le maire Lussier.

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, indique que cinq policiers seront attitrés à cette équipe. « Nous pourrons offrir des services sept soirs par semaine. »

Quant aux revenus anticipés avec la vente de cannabis, la Ville espère qu’ils se chiffreront à au moins 410 000 $.

Si les efforts d’optimisation devraient permettre d’économiser 2,6 M$, la Ville créera tout de même 37 nouveaux postes. À ceux déjà mentionnés, ajoutons des employés dans la nouvelle caserne de Lennoxville et dans les bibliothèques, qui verront leurs heures d’ouverture prolongées et leurs collections bonifiées. Le projet d’une bibliothèque à Fleurimont, bien qu’à l’étude, ne figure pas au budget 2019. Sept postes sont par ailleurs créés en gestion de la relève. La masse salariale, elle, grimpe de 6 M$. « La Ville est en croissance. On ne peut pas se permettre de couper maintenant. »

Environnement

L’environnement est aussi considéré dans ce budget. « Nous comptons investir 1,7 M$ en environnement. Je vous annonce la reconstitution d’une unité municipale consacrée à l’environnement [...] qui relèvera du directeur général. [...] Nous bonifions également le programme de subventions des bornes de recharge électriques. »

L’endettement, qui constituera aussi une priorité, entraînera pour sa part des dépenses de 5,2 M$ pour assumer les frais de financement.

La contribution d’Hydro-Sherbrooke au budget atteint 20 M$, en hausse de 800 000 $, alors que 9,5 M$ seront puisés à même les surplus accumulés, dont 1 M$ proviennent de Récup-Estrie. « C’est pour ça qu’on se bat pour aller chercher de nouveaux revenus. À l’UMQ, nous en parlons régulièrement. »

Enfin, des contributions financières sont prévues pour l’Orchestre symphonique de Sherbrooke, la Fête du lac des Nations, le Festival des traditions du monde, le Carnaval de Sherbrooke, le défilé du père Noël et le Musée des beaux-arts.